LE VŒU D'UNE MÈRE
A JULIETTE CLESSE ET LÉON BOQUET, LE JOUR DE LEUR MARIAGE, 16 JUILLET 1872.
Air: Donnez-vous la peine d'attendre (30).
Devant les parents rassemblés,
Lorsque Léon vit Juliette,
Il était là les yeux troublés,
Le cœur ému, l'âme inquiète ;
Une femme disait tout bas :
ce Mon fils, cet ange tutélaire
Ferait ton bonheur ici-bas... »
La mère ne se trompait pas :
Le ciel s'ouvre au vœu d'une mère /bisj.
Le piano chanta le soir.
Léon, à cette heure bénie, Vit resplendir le mot Espoir Sous les ailes de l'harmonie.
Allure vive, canne en main, Le père, un ancien militaire.
Aurait voulu le lendemain Combler, par les lois de l'hymo'n, Les vœux du fils et de la mère.
Et maintenant, pour se charmer, Deux âmes que l'amour inonde Vont conjuguer le verbe aimer Sans lequel périrait le monde.
Les grands parents deviendront fous De l'ange qu'on verra, j'espère, Répondre à leur vœu le plus doux :
Dieu bénit les jeunes époux Quand ils sont bénis par leur mère,
LE DRAPEAU DU RÉGLMElNT.
Musique d'Edmond Waucampt ( I ).
Soldats que la Belgique honore^
Portons haut, nous ses défenseurs,
L'immortel drapeau tricolore
Qui triompha des oppresseurs.
Aux jours de joie, aux jours d'alarmes,
Noble signe de rallîment,
Dans les airs plane sur nos armes,
Drapeau sacré du régiment.
Des héros de mil-huit-cent-trente Il dit les exploits glorieux ; Il rappelle la lutte ardente De nos indomptables aïeux.
Enfants d'une race énergique, Nous saluons avec fierté Le vieux drapeau de la Belgique :
C'est celui de la liberté 1
Sous cette bannière chérie Dont l'honneur fut toujours la loi, Que Dieu protège la patrie Et que Dieu protège le Roi.
Fils des Wallons, fils de la Flandre, Ce drapeau dans nos rangs porté, Nous jurons tous de le défendre En soldats de la liberté.
UNE ÉGLAIRCIE.
Musique de *** (J).
De larges flaques d'eau récentes, Au grand ciel servant de miroir, Se détachaient, éblouissantes, Dans un chemin boueux et noir.
Après l'orage, une éclaircie Versait, aux sites enchantés, La lumière et la poésie :
Mon cœur était plein de clartés (hisj.
Les gouttes d'eau retentissantes Tombaient des feuillages en pleurs ; Et des senteurs plus pénétrantes S'échappaient des prés et des fleurs.
La terre semblait parfumée ; Avide, mon âme écoutait :
L'oiseau chantait sous la ramée, Dans les arbres le vent chantait.
Le soleil, aux rayons timides, — L'orage au loin grondait encor, — A travers les branches humides Faisait briller des perles d'or.
Et, rutilante de lumière, La Trouille montrait devant moi, Comme un géant sur la rivière, L'ombre immense du vieux beffroi.
Le bonheur animait ma joue ; Lentement je marchais joyeux ; Mes pieds barbotaient dans la boue, Ma pensée allait vers les cieux...
Puis le ciel se recouvrit d'ombre ; Gaîment je disais en chemin :
Qu'importe si le temps est sombre.
Le soleil reluira demain !
Mons, 15 mai 1872.