INTITULÉ « LE MICROSCOPE
COUP d'ŒIL discret SUR UN MONDE NOUVEAU.
Air : Tout le long, le long, le long de la rivière (25).
Par les yeux d'un rare bon sens, Avec des verres grossissants, Dans les moindres choses possibles Tu vois des êtres invisibles :
Grain de poussière ou goutte d'eau Contient tout un monde nouveau.
Mon cher ami, tu connais les atomes :
Sont-ils, entre nous, moins bêtes que les hommes. Sont-ils moins bêtes que les hommes ?
Les poètes, ces grands enfants, Eurent toujours peur des savants :
Ton style, digne de la fable.
Sait rendre la science aimable ; Dans mon cerveau peu claii^oyant, Tu mets le jour en souriant : Mon cher ami, tu connais les atomes :
Sont-ils, entre nous, moins bêtes que les hommes, Sont-ils moins bêtes que les hommes ?
Ont-ils, dans leur humilité, Des trésors de fraternité ?...
Mon ami, prête-moi tes verres :
Que vois-je ? au lieu de vivre en frères, Ornés d'énormes appétits, Les gros avalent les petits !
Mon cher ami, tu connais les atomes :
Ils sont, entre nous, méchants comme les hommes, Ils sont méchants comme les hommes.
Dieu peupla d'êtres moins pervers Les espaces de l'univers ; Il fit comme une échelle immense Qui pour le plus petit commence Et qui, jusqu'aux cieux pénétrant.
Va jusqu'à l'infiniment grand...
Vus de là-haut nous sommes des atomes : Seigneur tout puissant, ayez pitié des hommes, Seigneur, ayez pitié des hommes.
Ah ! Dieu nous a pris en pitié ; Il fit l'amour et l'amitié ; Il nous donna, faveur insigne, Le jus parfumé de la vigne :
Quel microscope merveilleux Qu'un verre rempli de vin vieux :
Lorsqu'à travers j'aperçois les atomes.
Je crois voir le ciel se rapprocher des hommes... Le ciel se rapproche des hommes.
Novembre i87?.