SUR LE CHEMIN DU RŒULX
Kir : Dans cette maison à quinze ans.
J'ai vu, sur le chemin du Rœulx,
Une carriole branlante
Que traînait d'un air malheureux
Une espèce de rossinante ;
Une femme était à côté,
Un homme marchait auprès d'elle ,
Contents, malgré leur pauvreté,
L'homme avait presque la beauté,
Mais la femme n'était pas belle (hisj.
Au milieu d'un riche vallon Bête et gens s'arrêtent en route :
(( Mon déjeuner est au talon, Dit l'homme : cassons une croûte. »
Le couple est jeune et bien portant ; Un arbre lui sert de tonnelle ; Il mange : dans ce doux instant L'homme était aimable et pourtant Sa compagne n'était pas belle.
Mais un léger vagissement S'est échappé de la voiture ; La femme en sort tout fièrement
Une petite créature
Je compris le charme enchanteur De la tendresse maternelle ; Car, dans un sourire vainqueur, La mère avait mis tout son cœur Et la femme me parut belle !
Mai 1881.