LE LOT DE LA FEMME
A MES DEUX CHÈRES ENFANTS M'^ JULES FRANÇOIS (MARIE CLESSE), ET M^ LÉON BOQUET (JULIETTE CLESSE).
Air : La sentinelle (31).
Un bon vieillard à sa fille, aux doux yeux, Qui, jeune encore, est mère de famille. Parlait des droits conquis par nos aïeux, Et fièrement il disait à sa fille :
c( Le peuple, à l'Empire païen, (( Semblait une bête de somme ; (( Mais, quand l'évangile chrétien (( Illumina le plébéien, (( Il put s'écrier ; Je suis homme, (( Je suis homme ! »
(( Vous n'avez pas toute sa liberté, «c Vous, la compagne et la sœur de son âme ; « Vous payez cher la grâce et la beauté, ce Car la souflrance est le lot de la femme.
c( L'épouse, au paisible foyer, « Est Reine, il faut le reconnaître ; « Mais, chez lui, s'il veut guerroyer, « Grâce aux droits qu'il sut s'octroyer, « L'époux peut dire : Je suis maître, ce Je suis maître ! »
Mais d'un berceau, fait d'amour et d'honneur, Le bon vieillard admire la merveille ; En souriant, sa fille, avec bonheur, A, dans ses bras, pris l'enfant qui s'éveille ; Il est beau comme un séraphin :
Voyez rayonner le grand'père !
Sa fille lui répond enfin :
« Ah 1 nous avons le lot divin, c( Père, regarde I Je suis mère, ce Je suis mère 1 »