‹ Nouvelles chansons et poésiesChapitre 79 sur 131 · LA CHANSON PENDANT LA GRÈVE · texte numérisé non relu

LA CHANSON PENDANT LA GRÈVE

kir : Écho des bois errants dans les vallons (26).

Vous qui souillez ce mot saint : Liberté, De vos meneurs fuyez la perfidie ; Ces grands amis de la fraternité Vont au pillage, au vol, à l'incendiG.

J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier Peuple, écoutez la voix du chansonnier.

Quand le pays doit prendre son fusil Pour s'opposer à la haine barbare, Cherchez-les donc, à l'heure du péril, Tous ces brouillons dont la voix vous égare.

J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.

Du drapeau rouge à bas l'épouvantail 1 A vos travaux vous pouvez faire trêve, Mais sans briser l'instrument du travail Et sans forcer vos frères à la grève.

J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.

Bis.

Songez-y bien, la grève a ses dangers : Quand nos produits ne sortent plus de terre, Vous faites place aux produits étrangers Et vous ouvrez la porte à la misère.

J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.

Des insensés vous disent, à grand bruit, De dévaster les maisons, les usines...

Croyez-vous donc, quand tout sera détruit, Trouver du pain ^u milieu des ruines ?

J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.

Suivons ceux-là qui risquent leur trésor Dans l'industrie aux luttes pacifiques ; Le souverain qui, prodiguant son or, Nous ouvre au loin des marchés magnifiques.

J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.

Que ma chanson ait des échos puissants ! Grands par les arts et grands par l'industrie. Soyons encor le peuple du bon sens Sous le drapeau sacré de la patrie.

J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.

Mons, mars 1886.

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