LA CHANSON PENDANT LA GRÈVE
kir : Écho des bois errants dans les vallons (26).
Vous qui souillez ce mot saint : Liberté, De vos meneurs fuyez la perfidie ; Ces grands amis de la fraternité Vont au pillage, au vol, à l'incendiG.
J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier Peuple, écoutez la voix du chansonnier.
Quand le pays doit prendre son fusil Pour s'opposer à la haine barbare, Cherchez-les donc, à l'heure du péril, Tous ces brouillons dont la voix vous égare.
J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.
Du drapeau rouge à bas l'épouvantail 1 A vos travaux vous pouvez faire trêve, Mais sans briser l'instrument du travail Et sans forcer vos frères à la grève.
J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.
Bis.
Songez-y bien, la grève a ses dangers : Quand nos produits ne sortent plus de terre, Vous faites place aux produits étrangers Et vous ouvrez la porte à la misère.
J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.
Des insensés vous disent, à grand bruit, De dévaster les maisons, les usines...
Croyez-vous donc, quand tout sera détruit, Trouver du pain ^u milieu des ruines ?
J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.
Suivons ceux-là qui risquent leur trésor Dans l'industrie aux luttes pacifiques ; Le souverain qui, prodiguant son or, Nous ouvre au loin des marchés magnifiques.
J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.
Que ma chanson ait des échos puissants ! Grands par les arts et grands par l'industrie. Soyons encor le peuple du bon sens Sous le drapeau sacré de la patrie.
J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier : Peuple, écoutez la voix du chansonnier.
Mons, mars 1886.