UN CORTÈGE
Un cortège à pas lents, s'avançait dans la rue ; C'était un jour de deuil pour notre garnison ; Auprès de l'aumônier faisant son oraison, Venait un vieux soldat, pâle, en pleurs, tête nue ;
Il avait trois enfants, à la voix ingénue. Gais comme des oiseaux gazouillant leur chanson : Sur trois, deux étaient morts ; et, dans la foule émue. On disait : « Par erreur ils ont pris du poison ».
La musique jouait pour chanter leui's louanges. Peut-être Dieu voulait à ces deux petits anges De l'océan du monde éviter les écueils.
Le père 1 De son cœur on voyait les alarmes
La mère I En y songeant, chacun versait des larmes.. Et la troupe suivait les deux petits cercueils.
Mons, 13 novembre 1878.