Nouvelles
J&e souvenir des douleurs passées a quelquefois autant de (%uceur que eelui d'un ancien ami.
Ma vie fut agitée par les orages du malheur, mais elle s'y est accoutumée ; elle trouve aujourd'hui sa force dans ses chagrins, aujourd'hui, j1aime a m'entretenir de Jiies revers comme un vieux soldat aime a montrer du doigt, sur la carte, la position où il fut Messe.
Cependant, je n'ai point formé le dessein orgueilleux d'écrire pour la réputation. A vingt ans, j'ai beaucoup vécu, beaucoup souffert, beaucoup aimé, et j'ai fait un livre avec mon cœur.
V me lisez point, génération d'heureux, qui allez
parcourir une carrière embellie par les prestiges de la fortune ; entourez votre existence de tableaux riants et gracieux. J'ai vogué sur une mer infidèle, et je n'ai vu que des écueils.
Ne me lisez point, femmes jolies, qui souriez a l'essaim brillant de vos jeunes adorateurs, et qui n'occupez le présent qu'a compter les jouissances du passé, qu'a épier le bonheur de l'avenir.
Roses du matin, balancez-vous au souffle des zéphyrs sur vos tiges parfumées. Stella étoit une rose comme vous, mais elle s'épanouit sous un soleil brûlant, et elle mourut.
C'est pour vous que j'écris, âmes sensibles, qui avez été froissées de bonne heure par le choc des passions, et qui vous êtes longtemps nourries des leçons de l'infortune.
Vous n'avez trouvé autour de la jeunesse confiante
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