ÉL1SA ET VV1DHER
quelque infortune , fuient la foule et le bruit , assises dans l'ombre des parvis, écoutent le service ou psalmodient au Seigneur. Souvent j'entre dans quelqu'un de ces temples pour goûter la fraîcheur sous ces voûtes , pour écouter l'écho mystérieux de la voix qui parle , pour me laisser émouvoir par l'orgue qui prélude , el une fois ému me joindre au. saint concert. C'est moi que l'on voit la-haut, seul, sur cette galerie déserte ; je suis connu du sacristain , il me tient pour un homme singulier , les idées pas absolument saines.
Plus souvent, a cette heure, je ne sais quelle tristesse, me chassant hors de chez moi , me porte vers les champs. Je quitte l'ombre des rues, j'arrive sous la voûte du ciel ; mais la foule me déplaît , ces habits de fête me choquent ; le bruit , la poussière m'attristent ; je tourne vers les lieux délaissés , vers les avenues solitaires; bientôt mes pas suivent celle où ne passent guère que les morts a leur dernière promenade ; j'arrive au seuil, je le franchis et j'erre parmi les tombes.
Ici ce n'est plus la tristesse, c'est la mélancolie qui pénètre mon cœur, quelquefois un peu amère, plus souvent douce et attendrissante. Je foule aux pieds ces herbes, je passe sous l'ombrage de ces saules, je regarde l'éclat éblouissant des murs blanchis qui ceignent celte solitude, et sans plus de distractions que celles-là , je trouve que les heures coulent rapides et remplies. C'est que, pendant que mes sens sont ainsi occupés v mille rêveries captivent mon cœur 3 mille figures s\ peignent»,