LE CHEVALIER
Je pars ; mais mon cœur reste, ô ma seule pensée ! Plus ne compte les jours après ce triste instant ; En ce suprême adîeu mon âme t'est laissée, Tout ce qui m'animait me quitte en te quittant. Garde de nos amours longue et triste mémoire, Et si jamais le soir trouvère ou pèlerin D'un cœur brisé d'amour te vient chanter la fin, ' Yseult, dis en toi-même : hélas ! c'est son histoire !
Or le page, frappant aux portes de la tour, Disait à demi-voix : Roger, voici le jour I
LA DAME
Ami, prends ces cheveux et que ma main les noue Au plus près de ton cœur ; tu rêveras de moi : Souvent, quand on te nommé, ils ont voilé ma joue, Et souvent essuyé des pleurs versés pour toi ; Ordonne qu'on les laisse à ton heure suprême Reposer avec toi sous le même linceul.
Pour qu^au moins sous la terre où tu dormiras seul Quelque chose de moi s'unisse à ce que j'aime !
Or le page, frappant aux portes de la tour, Disait à demi-voix : Roger, voici le jour !