‹ Nouvelles confidencesChapitre 31 sur 160 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

dame du Villars, était d'un caractère plus viril qu'un homme, et plus énergique qu'un héros, mais aussi plus actif, plus dominateur et plus impétueux qu'une bourrasque; d'un fonds généreux, franc, buvant l'oubli après Içs orages çomime le sable boit l'eau, et prête tous les jours à réparer, par des prodigalités de bienfaits et par des dévoilements de famille sans mesure, les torts ou plutôt les vivacités d'humeur qu'elle n'avait pu contenir; aimée de loin, parce qu'on ne sentait ses boutades qu'à travers ses qualités solides ; redoutée dejOÊtSj parce que ses petits défauts en saillie se faisaienWbiop sentir au contact de tous. les jours. Il en était d'eux comme de ces peaux rudes qui recouvrent de belles formes ; les femmes qui en sont revêtues ne sont belles qu'à dislance.

Elle avait été moins agréable que sa sœur dans sa jeunesse, mais plus vive, plus spirituelle et pluç instruite. Elle avait dans la génération précédente une renommée de distinction et d'esprit qu'elle maintenait avec une coquetterie d'engouement qui plaisait encore. C'était elle surtout qui tenait le salon commun et qui se chargeait de faire aller la conversation et de la relever quand elle languissait, comme ces personnages de théâtre qui font la question nécessaire, ou qui donnent la réplique pour faire parler et agir la pièce.

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