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ii8 NOUVELLES CONFIDENCES.
argent à son neveu. Ce neveu, père de mon ami. s'était ainsi complètement dénationalisé : il était devenu Romain. Au moment de la rentrée des Bourbons en France, il s'était mis en route poqr venir y revendiquer sa patrie, son titre et la récompense de son exil. Il avait laissé à Rome sa femme et sa fille; il avait amené à Paris son fils et l'avait placé dans le même corps où j'avais été placé moi-même par mou père. De là, il était allé en Bretagne, il avait récupéré des bois non vendus et racheté à bas prix, d'un acquéreur qui ne se considérait que comme dépositaire, le vieux manoir de ses pères. La mort l'attendait au lieu de son berceau. En chassant avec d'anciens amis dans ses bois paternels si heureusement recouvrés, son cheval s'était abattu et l'avait précipité contre un des chênes de son avenue. Saluce était allé rendre les derniers devoirs à son père, prendre possession de la moitié de son héritage ; puis il était revenu me dire adieu à Beauvais, et il était parti de là pour rejoindre sa mère et sa sœur à Rome. Son départ m'avait laissé profondément triste, et ce fut une des causes qui me firent bientôt après quitter ce métier de soldat ennuyeux en temps de paix. Mais comme j'avais été sa première amitiéavecunjeunehommede sa patrie, cette amitié avait jeté une profonde racine dans son cœur. Mon souvenir faisait désormais partie de sa vie. Nous entretenions une correspondance intarissable; nous vivions véritablement en deux endroits à la fois, lui où