‹ Nouvelles considérations philosophiques et critiques sur la Société des Jésuites [microform], sur les causes et les suites de sa destructionChapitre 1 sur 32 · SUB · texte numérisé non relu

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LA SOClfiTE DES JfiSUITES.

DE toutes les institutions humaihes qui doivent

leur existence au genie, a la vertu, ou aux circon*

stances^ la Societe des Jesuites est peut-etre celle

qui, a etc le plus louee et le plus decriee, Les apo-

logistes de cette Compagnie ce'lebre , la placeiit au

rang; ides plus belles conceptions de Tesprit ^de

Thomme ; ils 1'elevent au-dessus des etablissemens les

plus utiles aux lettres, aux mceurs , a la religion et

aux Etats. Ses ennemis, au contraire, soutiennent

.qu'elle a e'te' egalement funeste a la morale et a la

tranquillite des Empires. Us disent que si elle fit

hautement profession de se de'vouer avec zele a

1'education de la jeunesse , a la reforme des mceurs,

au progres des sciences et des beaux -arts, elle

n'e'toit cependant, dans la realite', qu'une reunion

d'ambitieux deguise's sous le masque de Fhypocrisie,

qui s'efforcoient d'arriver.a une domination univei--

selle, par les moyens les plus odieux et les plus

coupables.

2 JfOUVELLES C OKSIDER ATIOKS

Cette Societe a etc fameuse : tout le monde en convient. Elle a joue un grand role dans I'enseignement public, et sur le theatre des Etats de 1'Europe: c'est un fait incontestable, adniis par ses proneitrs et parses de'tracteurs. Ses triomphes, ses revers, les causes de sa chute appartiennent done au domaine de 1'histoire. Etonne de la gravite des accusations dirigees cdntre elle , je les ai soigneusemerit confrontees avec les faits consignes dans les annales des peuples. Apres avoir eclairci mes doutes et dissipe mes soupcons , j'ai pense* qu'il seroit utile que je fisse part a nies GonipatriptesV des recherches ou m'& engage le de'sir de m'instruire. Je leur parlerai done des ; ennemis de la Soci^ d6s Je'suites et de ses apologistes. Je citerai lea tenioignages des rois 7 de& ministres des rois et des savans de diffe'rentes nations j qui pettvent repandre de la lumiere sur son Instoire et siir son importance! * J'exaramerai^ ave6 line serupulerise exactitude, les principaux griefs quelui ont reproches ses adversaires; savoif , le re'gi*cide^ ratobition!, la cupidite* et la morale relacliee. Enfin ; je terminerdi cet ecrit par des considerations sur les suites de sa chute en France et dans les aiitres empires.

,, Je protests avec verite el sur tiioh honrieur, que jene suis ni Je'suiteytii ^leve des Je'siiites. 'N^'peii d'annees avant ce's trdubles fe'volutionn'aires (jui ont ebrattle% ddiis lears Mdeniehs, toils les principes del 1'ordre social et tous les .trones de rEurope ^ je n'ai puise* dans 1'e'ducation auqun pre'juge' qui ait -pit

suit LA. SOCIT DBS JSUITS. 3

r- mon jugemeht sur Tutilite ou sur les vices de leur savanie Coriipagnie. Aihsi 1'ori he pourra m'accUser avec justice, a la lecture de bette discussion purement historique, d'avoir etc aveugle par un esprit de corps, on trompepar les prejuges d'une education jesuitique. L'amour de la verite' dans le cosur, et le flambeau de la critique a la main , je montrerai les faits tels qu'ils sont , en les apptoyant sur des Mhloignages authentlques^ sur des monuiiiens certains.

Sans doute , il fle paroitra pas etraiige que j'exerce

ma plume sur cet objet. Dernierement un litte'ra^

teur distingue^ a occupe le public de 1'histoirei des

Templiers. Poufqiioi ne pourrois I- je pas lui paf-

ler librement de celle des Jesuites?:Get 6rdi3& de

chevalerie, connu sous le nom de Templiers /n'existe

plus depuis cinq siecles j abattu sods- >le:)poids de

1'autorite qui le voua a ranathe v me,il;ne s' f est jatnais

releve du milieu de ses eejidres, La Socie'te' des Je'-

suites, plus r'epandue et plus nombreuse^ a^ jet^ 1 uii

vif eclat dans le monde litt^raire , et savant. Gin-

quante-cinq ans seulement se sont ecoule's depuis

sa suppression en France ; et maintenant^ sortie

tout-a-coup du tonabeau ou elle fat precipite'e y eile

jouit de ses anciehs privile'gesi sous le pontifioat de

Pie VII, dans les royaumes d'Espagne , de Naples

et de Sardaigne. Elle a d'ailleurs parnii nous un

grand nombred'ennemis, dont plusieurs 1'otit atta-

quee dans des e'crits recemment publie's , et daiis^des

feUilles pe'riodiques. Une discussion sur son histoire,

sur son caractere, et surles suites de sa destruction,, est done de nature a reveiller un interet assez general , ; et a fixer i'attention des hommes delettres.

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