A L'HISTQIRE DE LA SOCI^T^ DES J^SUITES
APPEffDIGE,
BE HENM
Jinx Remontmnces presentees par le premtefi-P resident:* DE HARLAY, en i6o3, au stijet du. ' r4l<ibli$$6m&it $e$> , Jgsuites. ' :....:.-:;: '','' , . :--'. >.h'- ; - ;: .1
J 'Ai-t<?ites i^os epnG?pti^s et ; service? eala i^iepnej, mais YQU^ n'ave? pas ,^ : mjie^q en^la, mfre< ^pv|5 m'ayez propose 4^s; 4iffieulte^ quv Afpus ; se : mbl|nt grandes ejt considerables.; et n'a.v : e?i (cefttfs cprvsidera^ tion quo tout ce .q^ave?; dit a ete pe?4 par i#pi ; .i}..;g a huit 6u neiif ans ; vous, faiije^jes entendu3,^n: miar tiere d-Etat ^ et :VQs n*y eijt,efl4ez non plus gue njoi a rapporter un proces. . ; , : ' , r ; ;n
J$: veux done que, ivoijsi sacliiez tpudiap.t; PQisy y que si : tpus eussiez aussi. bien fa.it ;qu'u : n pu deus; Jesuites qui s'y tronveijent ^ prppqs,, l,es choseis 31 fusseht mieux allees ppur les Gatholiques, On recon-r nut destlors non leur ambition, inais bien leuy suffif sance; et m'etonne sur quoi voua fondez ropinipn d'ambition en des per&onnes qui refusent les dignites et prelatiires qnand elles leur sont ofTertes, et
font vceu a Dieu de n'y aspirer jamais, et qui ne pre'tendent autre cliose\ 6rt^e moti|e; que de servir sans recompense tous ceux qui veulent tirer service d'eux ; que si ce moi.de. Je'suites ,vous deplait , pourquoi ne reprenez-vous ceux qui se disent religieux dela Trinite?et si vous^sfimez d'etre aussi bien de la Gompagnie de Je'sus qu'eux, pourquoi ne ditesvous que vos filles sontaussi bien tfeligieuses<que les Filles-Dieu a Paris, et que vous etes autant de
1'ordre du Saint- Esprit quenies chevaliers, et que moi?J'aim^r;ois autant, et mieux etre appele Jesuite,
que Jacobin et Augustin. . ' > . , -, ; ; ,
La Sorbonne , dont vous parlez , les a condajnnes, mais c'a e'te, corame vous, devant que les connoitre; et si' rancien'ne Sorbonne ti' point voulu p^af ^aToui sie les reconnoitre, la nouvelie en fait dies iestinies ,et-s^eii Ibue j ( s ? ils h'ont e'te ten France jMsqtt'a'-pre-. senty'Dieii me reserve 'cette gloire r ^Lque ^e itibns a grace de leSiy etablir, et s'ils n'yi etoienti que pah provision , ils y serbieh't de'sormais par -edit) ef f par. arret. lia volonte de mes predecesseurs le's retbnoit^y ma volonte' est de les etablir.- - j ; 'i ,;;(] KV? i; L'Universite les a contrepointes ;mais' c/a ete' r ,Tou pdtir ce qu'ils faisoient mieitx que les autres^iteai^ia 1'affluence des ecoliers qu'ils avoient eri.4cursic01t leges -,-et pour ce qu'ils n'etoient incorpore'senjl'llni* versite; dont ils ne feront maintenant refus' ,; qwaml je leur cbmmanderai , et quand , pour les teme.tt.re, vous serez cbntraints de me les amender. ; , i : ; . : i , Vous dites qu'en votre parlement les plus doetes
sux LJL SOCIT DES: j^suiTEs. a6t' n'ont rleh' appris chez eux. ! Si les plus vieuix sont les pliis doctes, il est vrai, car ils avoient etudie devant queries Jesuitesfussent connus en France; maisfai- 6ui dire que les autges parlemens ne parlent pas ainsi, rii meme tout le votre, et Ton y apprend mieux qu'ailleurs, d'ou yient que par leur absence votre Universite est rendue toute deserte , et- qu'on les va chercher, nonobstant tous vos arr&s, a Douai et hors de mon royaume. - .
De les appeler conipagnie de factieux, pour ce qu'ils ont ete de la Ligue ., c'a ete I'lnjure du temps. Us croydient y bien faire , comme plusieurs autres qui s'etoient mele's dans les affaires de ce temps -la ; mais ils ont e'te' -trompe's et de'cus avec eux r et ont reconnu tout le contraire de ce qu'ils avoient cru de mon intention : mais je veux croire que c'a e'te' avec moins de malice que les autres, etrtiens que les memes consciences yjointes aux graces que je leur fais, me les affectionnera autant et plus qu'a la Ligue.
' Us attirent, dites-vous, les enfans qui ont de ^esprit , voient et clioisissent les meilleurs ; et c'est de quoi je les estime. Ne faisons-nous pas choix des meilleurs soldats pour aller a la guerre? et si les faveurs n'avoient place, comme envers vous^ en recevriez-vous qui ne fussent dignes de vdtre Compagnie, et de seoir au parlement? S'ils vous; fourriissoient des precepteurs ou des predicateursignorahs, vous les me'priseriez ; ils bnt-de beaux esprits Vdus les en reprenez. . Quant aux biens : que vous
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dites qii'ils avotent , 'd'est une caldmnie et impo$ n ture , St sais ires-bien qiie par la reunion faite a mon ddmaihe , on ii'a su etitretenir a Bourges et a Lypn sept ou huit regetis , au lieij qu'ils y etoieat au ti ombre dg tfent6 a quarante, et quand il y aUroit d6 rinconvdhient de ce cote, par mott ^dit j'y iai
Le vo3u d'bbe'issanCe qu'ils font au pape; ne lei obligera pas davantage a suivre son vouloir, que le Sentient de fidelit^ qu'ils me firent a h'entreptendre rich contre le prmcg natttrel; mais ce V03U n'est pas fiouf totites clioses , ains ne le font que d'obeir ati pape, c(liand il voiidra les envoyer a la conversion des Ihfideles , et de fait) c'est par eiut'que Dieu a ednVerti les Indes ; et c ? est ce que je dis souvent : Si VEspagftol s'ett est servi , pourquoi ne s'en servira la Prance ? Notte condition est'-elle pire que les autres ? L'Espagne est-elle plus aimable que la France? Si elle est aux siens 7 pourquoi ne le sera la Frances aux miens?
Ilsentrent coihme ils peuvent : aussi font bien les autres, et suis moi-meme ehtre comme j'ai pu dans mon royaumejmais il faut ajouter que leiir patience est grandie^et que naoi je 1'admire : car a vec patience et bonne vie ils viennent a bdut de ;touteS cnoses , et si rie les estime pas moins en ce que vous dites qu'ils soiil grands dbservateurs de leurs voeux >; c'est 'ce qui les: t maintiendra* Aussi nai^je voulu en rien change? four feglej dins les y maintenir : que si je leur ai limite quelques conditions qui ne.
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jplairbtit aiix etratogers', il vautihfeux tfu'e le$ eVahger$ prenn'ent 1& Ibi de nous, qtie 'h6tis la ^nions d'eux; qubi qu'il en stilt, je isuis VPaccbt'd atec tees sujets. PbiiV les eMesiasti^u'efc qui s FdrffiaTiseht d'elix j c'est d& tout tehips ^Ue righbriahce en a Voulu a la scifehcte ; ; et f ai recbnhii iju^ (jiiaiid jfe parlerbiS de les relablii'^ deiix softes de pi^i-'soiines S'y bpposeroieht , parlrculierekiafeht ceui di& la i-^li'gion, et leis edclMakiliues tiial vivahs ; c'eM S c6 qui ib.'e les fait estiiraer davahtage.
Ttitichaht rdpirli6h qu'ils oht dti |)a|)e,j8 Sais ^ii'il les ^stime fbrfe-, aussi fais-je nibl. Mill's Vous he dites pas qii'il a vdulu saisir a Rome les IhH'es de M. Bellai r rtiittj pafce qii'il n'a vbUlii dbhriet tank de juridictibh ^ii sainit Pere, cju ! 6 JPont c'bihmuhement les autres. VbUs he dites jpas atiski que ice's jours passes les Je'suitfeis ont sbiitenii fylVe le pa'p'e h6 ipouvoit errer, iiiais qiie Gle'nlbht pouvbil fdillir. En tout cas, je lii'assur^ qu'ils he/dlseiit Heh davaritage que les autres de I'autorite' du 1 pape , et crbis qiie quand on eri vbudroit fairg le jprbces aiix bpinibhs , il le faudrbit Faire a celle de 1'Egiise cathblique. Qiiant & la dbctrinS d'ehlahciper les eccldsiasliques de nion bbe'issatice , bu d'etiseigher a tu6r 16s rois , il faut voir d'une part ce quails diseht , et irifbrnier s'il est'vrdi qu'ils le hibntrent a la jeuridsse. tJne clibse me fait Choire qu'il n'eri est Hen, c'fet Que depuis trente ahs en ca qu'ils etiseigiieiit Id jeunesse en France, plus de ciiiquante mille e'colie'rS de tbute sorte (Je conditions sbnt sortis de leurs cbllegbs, et
J&6J. W,OT?VEtLES,
<|ut pnt converse et vecu avec eux , et que Tou u'en trouve un seul de ce grand nombre qui soutfenne de leur avoir oui tenir tel langage r ni autre approchant de ce qu'on leur reproche. De plus, i\ y a des ministres qui ont ete et etudie sous eux; qu'on s'informe d'eux, de leur vie : il.esta pre'sumer qu'ils en diront le pis quils pourront , ;nefut-:ce (jue pour s'excuser d'etre sortis d'avec eux. Je sais bien qu'on 1'a fait, et n'a-t-on rien tire* autre raisbn, sinon que pour leurs mceurs il n'y a rien a dire. . Quant a Barriere, tant s'en faut qu'un.Jesuite 1'ait confesse, comme vous dites, que je fus averti par un Jesuite de son entreprise , et un autre lui dit qu'il seroit damne s'il osoit Tentreprendre : quant a Chatel. v les tourmens ne purent lui arracher aucune accusation a 1'encontre de Varade ou autre Jesuite^ et si aucun e'toit, pourquoi 1'auriez-vous epargne? car celui qui fut arrete, fut arrete sur un autre sujet, que Ton dit s'etre trouve dans ses ecrits; et quand ainsi seroit qu'un Jesuite auroit fait ce coup, faut-^il que tous les apotres patissent pour Judas, ou que je reponde de tous les larcins et de toutes les fautes qu'ont faites et feront a 1'avenir ceux qui auront e'te de mes soldats? Dieu m'a voulu alors humilier etsauver, et je lui en rends grace, et m'enseigne de pardonner les offenses^ et 1'ai.fait pour son amour volontiers. Tous les jours je prie Dieu pour mes ennemis , tant s'en faut que je m'en veuille souvenir , comme vous me co nviez ^ faire peu chre* tiennement, dontje ne vous en sais point degre.
SUB. LA SOCljfiT&DES J^SUITKS.