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ladie. Porté chez lui , il fut visité par quatre médecins de la ville, et mourut, (i). Ces faits, j’en conviens avec l’auteur, prouvent irrésistiblement que la fièvre jaune des Antilles peut régner sur les vaisseaux jusqu’à leur arrivée en France, par une latitude de 48° 25’ i4”; mais je ne conviens pas avec lui que la population des places maritimes ait quelque chose à craindre de la présence de cette maladie, qui s’éteint d’elle-mème, par l’éloignement des foyers et par rabaissement de la température ; car les malades une fois débarqués ne l’ont communiquée à personne , et, pour que M. Michelot la prît, il a fallu qu’il séjournât sur le bâtiment au milieu d’un foyer.
5°. Si des bâtimens infectés de fièvre arrivent des Antilles dans des latitudes boréales, et y séjournent quelque temps, la maladie cesse; mais, s’ils cinglent de nouveau vers le sud, elle peut s’y renouveler.
L’auteur en cite un exemple , et en infère que la cause de cette fièvre a été engourdie par le froid, et qu’elle se réveille par l’élévation de la température (2). Il en infère encore qu’il importerait, pour fixer avec précision la durée des quarantaines , de connaître combien de temps cette cause ainsi engourdie peut conserver la faculté de se reproduire. Il suffirait d’une expérience bien simple, et que commande la prudence, pour démontrer le peu de fondement de pa-
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( ïi )
feilles ind actions; ce serait d’assainir parfaitement de pareils bâtimens, avant de les remettre en mer, de les munir abondamment de provisions fraîches, d’y éviter l’encombrement et de soigner exactement le physique et le moral de l’équipage.
6°. Pour prouver la contagion de la fièvre jaune, l’auteur reproduit des faits nullement concluans et maintes fois réfutés; je ne m’y arrêterai pas (i). Il en rapporte de nouveaux , qui ne me paraissent pas avoir beaucoup plus de valeur, faute de développement (2).
Un directeur de l’hôpital du Fort-Royal, des médecins, des chirurgiens, des sœurs hospitalières, ont, à diverses époques, contracté la maladie dans l’hôpital, et en sont morts. Ces faits racontés par M. Gaubert manquent d’exactitude. Il aurait fallu rechercher si ces individus, qui, parla nature de leurs fonctions, fréquentaient, suivant toute probabilité, les lieux ou régnait la maladie , 11’avaient pas dû puiser le mal à Son foyer plutôt que dans l’hôpital. Un autre fait, recueilli sur la gabarre la Durance , partie des Antilles le 4 novembre 18 16, pour revenir en France, est aussi peu concluant que ceux qui précèdent (3).
Une passagère légèrement indisposée, est prise de la fièvre jaune et meurt dans la chambre du chirurgien-major qui lui donnait des soins. Ce dernier, rentré
. (1) Pages 22 , 23 et 24.
(2) Page 2 5.
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dans sa chambre le surlendemain , est atteint à so* tour de la fièvre jaune et meurt le meme jour. Ici plusieurs questions se présentent à la pensée. A quelle source la dame passagère a-t-elle puisé sa maladie? Qui pourrait assurer que le chirurgien-major n’a pas puisé la sienne au meme foyer, puisqu’il s’était trouvé dans les mêmes circonstances avant de s’embarquer? Ne sait-on pas que la fièvre jaune est plus ou moins prompte à se déclarer , après qu’on a été exposé à l’influence des causes qui la donnent? Et méconnaîtraiton assez la marche des maladies épidémiques pour pouvoir affirmer que ce chirurgien a nécessairement pris la maladie dans sa chambre, le jour même qu’il est mort? En fait d'observation médicale, ayant trait surtout à un problème d une telle importance et dont la solution est si difficile, l’exactitude rigoureuse des détails est absolument nécessaire, autrement, au lieu d’éclairer la question, on l’embrouille, et l’art recule.
70. Ces réflexions s’appliquant naturellement au fait suivant : L’auteur (i), après avoir dit que l’ouverture des cadavres est quelquefois moins dangereuse que l'approche de certains malades, rapporte, comme exception, sur la foi de M. Rougemont, qu’en 1793 à Sainte-Lucie, M. Thomas, chirurgien-major du 71.® régiment, faisant l'ouverture du corps d’un capitaine mort de la fièvre jaune, se piqua le doigt avec le scapel dont il se servait. Il fut attaqué, quelques jours après,
(i) Page 27.
jl , ( i3 )
rie la meme maladie , et il en mourut. C’est le cas d’observer que le raisonnement du post hoc , crgo propter hoc ne doit pas trouver son application ici , car il doit être hors de doute que M. Thomas ne refusait pas ses soins aux malades placés dans le foyer de l’infection; par conséquent cet exemple ne prouve nullement contre l’innocuité des ouvertures des corps en pareille circonstance, puisqu’il n’est pas démontré que ce soit la blessure qui ait produit la maladie.
8°. « A la Martinique (1), pendant le premier semestre de 1819, la fièvre jaune a, dit-on, attacpié isolément et çà et là, des soldats casernés dans la ville, au fort Saint- Louis, à l’Arsenal, et des marins à bord de quelques bâtimens de commerce et de l’État, sans que ces soldats et ces marins aient eu de communication avec des hommes atteints de la maladie, et sans qu’ils l’aient eux-mêmes communiquée à leurs camarades. » L’auteur pense que cette fièvre jaune n’a point été contagieuse, parce qu’elle était sporadique et intercurrente. La vérité sur la non-contagion de la fièvre jaune est tellement établie ici, qu’on est forcé de recourir, pour expliquer ces faits, à une supposition, bien imaginaire sans doute, celle d’une fièvre jaune qui n’est pas contagieuse. Mais est-ce qu’une maladie véritablement contagieuse, telles que la variole, la siphilis , la gale , soit qu elle règne sporadiquement ou épidémiqueinent , s’est jamais dépouillée de cette pro-
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prîétéquîen forme l’essence? et à moinsde tirer, coiimk le fait l’auteur, ses comparaisons de la peste et du typhus, dont la propriété contagieuse est très-problématique, on ne retrouverait pas dans la nature un seul exemple d’une maladie contagieuse, qui, dans certaines circonstances, cesserait de l’ètre? Dans ce
système d’ailleurs , il se présenterait encore une difficulté impossible à résoudre : si la fièvre jaune sporadique n’est pas contagieuse, comment arrive-t-elle à ceux qui en sont atteints? Ce ne peut être apparemment que par des circonstances environnantes qu l’engendrent et la font naître d’elle-même. Voilà pré cisément ce qui arrive toujours. Voilà la doctrine que professent tous les médecins éclairés par une longue expérience puisée sur les ; théâtres où règne cette ma
. ladie.
9°. L’auteur admet, avec Pouppé-Desportes , une fièvre jaune bénigne dont il semble faire une espèce particulière , et que je ne regarde que comme un* modification de la maladie ; et il ajoute (i);« La fièvre jaune ne paraît pas plus contagieuse lorsqu’elle es^ bénigne; que lorsqu’elle est intercurrente. » Prenant acte de ces concessions, je dis : si la fièvre jaune ne paraît pas contagieuse- lorsqu’elle est bénigne ou in- -tercurrente , c’est qu’elle permet alors de bien l’observer, et de s’assurer qu’elle n’est point contagieuse. -Le contraire arrive , et tout se confond dans l’esprit
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tîes contagionistes , lorsqu’ils la voient régner épidéiniquement ? se propager et étendre ses ravages avec
rapidité.
i o°. Par des récits particuliers, l’auteur modifie des faits sur lesquels s’appuient certains observateurs pour assurer que la fièvre jaune peut se déclarer en mer sur des bâtimens partis d’Europe; et, après avoir combattu cette doctrine, il ajoute (ï) : « Supposons néanmoins que la fièvre jaune puisse se développer en aleine, mer, sans aucune communication préalable, iur un navire parti de France ou d’un port dans l’état le santé le plus rassurant : qu’en inférera- 1- on? que a fièvre jaune serait susceptible de se manifester parout. »
La fièvre jaune ne peut se manifester partout ; ît . cette conclusion ne dérive point de l’ouvrage de \l. Kéraudren. Jamais la fièvre jaune n’a existé amais elle n’existera dans le nord de l’Europe, fJL aut pour son développement des causes locales :t des circonstances atmosphériques. Elle s’allume lans les régions du sud , à certaines époques , et ééteint toujours dans les régions boréales. Des mesures sanitaires qui ne tendraient qu’à éloigner les causes de son développement seraient les seules efficaces, les seules dignes d’un gouvernement éclairé; es mesures qui ont pour objet d’empêcher sa transnission sont tout-à-fait oiseuses , ordinairement nuiiibles et souvent désastreuses.
(i) Page 32.
Dans ce que je viens de dire, le lecteur a du te* marquer que j’ai suivi l’auteur pas à pas , en admets tant tous les faits comme irrévocables ; et que , dans l’intérêt de la doctrine que je défends , je n’ai eu besoin que de rectifier les inductions qui en ont été tirées. Dans l’examen que je vais faire de la seconde partie relative à de nouveaux faits concernant la transmission de la fièvre jaune, je suivrai une marche plus abrégée ; mais je déclare à l’avance que pas un des nouveaux faits ne présente des conséquences favorables à la doctrine de la contagion.
Un de ces faits pris au hasard, concerne le brick VEuryale , commandé par M. Villaret de Joyeuse. La fièvre jaune qui s’était manifestée à bord de ce bâtiment pendant une croisière, le força de relâcher au Fort-Royal de la Martinique, dans les derniers jours du mois de mars 1821. Avant d’y arriver, VEuryale avait déjà perdu six hommes de son équipage, au nombre desquels se trouvait le chirurgien-major; et il avait à bord un grand nombre de malades. À leur arrivée , ils furent visités par M. Deverre , chirurgienmajor du Railleur , qui les fit transporter sur-le-champ à T hôpital. VEuryale étant entré en carénage pour y être momentanément désarmé, des hommes étrangers à son équipage et provenant de la frégate la Gloire, y furent envoyés en corvée et y contractèrent la fièvre jaune dont plusieurs moururent. Voilà comme M. Lefort a rapporté le fait en 1821 (1) , et comme il le rap-
(1) Journal universel des Sciences médicales, octobre 1821.
3orte aujourd’hui (i); et alors il disait, en rendant :ompte de ce fait au gouvernement, comme il dit encore aujourd’hui : « V oilci pour les contagionistes un zouvel argument en faveur de leur opinion ; et tous eurs argumens sont de cette nature. Tel est, par exemple, celui du brick le P alinure , si souvent rappelé. Mais ici comme partout ailleurs la fièvre jaune îe s’est pas étendue au-delà du foyer d’infection où die a pris naissance et où elle a atteint ceux qui sont fenus s’exposer à son action. Les malades de VEuryale ransportés à l’hôpital sur diverses embarcations, envoyés en suite en convalescence au Fort-Bourbon avec es hardes qu’ils avaient à bord, redescendus en ville ït mêlés à toute la population , n’ont nulle part comnuniqué la maladie : donc la fièvre jaune n’est pas me maladie contagieuse. »
Pour faire servir ce fait de preuve à la contagion, ’auteur(‘2) en appelle à un rapport de chirurgien de lâtiment, M. Péan, au conseil de santé du port de Brest. Suivant ce rapport, c’est un matelot, provenant de la goélette le Messager , qui aurait porté
a contagion sur V Eury ale : « Cet homme était déjà < . • »
naïade, lorsqu’il passa sur VEury ale le 23 janvier 1821.
.1 entra le 2Ô à l’hôpital du Fort-Royal, où il mourut
(1) Mémoire sur la non-contagion de la lièvre jaune , par
Herre Lefort , à Saint-Pierre de la Martinique. L’ouvrage de ce avant renferme les preuves les plus fortes contre la contagion de a fièvre jaune.
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îe 27. Après cinq ou six jours de mer, on aurait procédé à l’inventaire des effets du mort, qui jusque-là étaient renfermés dans un coffre. Le temps était frais, l’équipage, en bonne santé, jouissait de la satisfaction que procure toujours une navigation heureuse , lorsque la fièvre jaune éclata tout à coup. En trois jours, les deux tiers des marins étaient sur les cadres, et quatre hommes, dont le chirurgien , M. Boursin et l’infirmier, avaient cessé de vivre, avant la rentrée du brick au Fort-Royal. »
Qui a pu faire croire à M. Péan que ce matelot ait véritablement introduit la maladie sur VEuryale , lui qui n’y est resté qu’un instant , et qui a été porté de suite à l’hôpital du Fort-Royal? Comment tout l’équipage aurait-il été infecté par ses effets restés dans une malle sur le bâtiment, effets qui ne lui avaient pas servi pendant sa maladie? Comment une si petite cause aurait-elle pu faire naître sur VEuryale , en si peu de temps , une épidémie si formidable , qu’on a été obligé de prendre le parti de désarmer le bâtiment, et d’avoir recours, pour le purifier, aux moyens désinfectans? Jusqu’à quand opposera-t-on de pareils argumens au témoignage des hommes les plus recommandables et aux faits les plus positifs? VEuryale y sorti de la Martinique , était resté sous le vent et dans les eaux de cette colonie, pendant sa croisière; tout son équipage n’avait, par conséquent, pas cessé d’être environné des causes à la faveur desquelles cette maladie peut se développer. Il était devenu un véritable foyer $ infection , sur lequel des hommes envoyés en
orvée par la frégate la Gloire , pour travailler au déarmement, ont puisé la maladie. Mais, sortis de là, u cun n’a communiqué la maladie; et ce bâtiment une 3is purifié a pu remettre en mer, et a cessé d’être myer d’infection.
Mais qu’est-il besoin de m’appesantir plus longmips sur cette matière? Tout en voulant prouver la ontagion de la fièvre jaune , M. Réraudren cite des lits, et avance des argumens qui démontrent le conraire. Voici son texte (i) :
« Les mêmes précédons sont toujours suivis des îêmes résultats. On a vu que la corvette VÊgèrie , artie de la Martinique, lut obligée d’y revenir au out de huit jours, désolée par la fièvre jaune. Les rogrès de cette maladie étaient si rapides, qu’on igea nécessaire de désarmer ce bâtiment. On y enoya, à cet effet, une corvée de trente-six hommes, ont dix furent bientôt eux-mêmes atteints de la êvre jaune. Si ces dix hommes n’avaient pas traaillé à bord de VÈgérie , est-il probable qu’ils eusent été atteints de la maladie?
« Le désarmement de V Hirondelle a encore donné ieu à de semblables accidens. D’après ces exemples, >eut-Qn méconnaître le danger d’employer au désarmement des vaisseaux en proie à la fièvre jaune des marins d’autres bâtimens exempts de cette maladie? *e désarmement des navires contaminés me paraî-
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trait donc devoir s’effectuer, lorsqu’il est possible, par les hommes de leurs équipages encore en état de se livrer à ce travail, et dans les Colonies par les noirs du gouvernement ; on éviterait ainsi d’exposer à la maladie et à la mort des hommes trop susceptibles d’en être les victimes.
» Cependant, continue l’auteur, les vaisseaux que l’on a successivement purifiés sont redevenus sa lubres. Les causes de la fièvre jaune étaient donc inhè rentes à ces bâtimens? Pour les assainir, on les dégrée et on en retire tout ce qui y est contenu. Alors on le lave, on les frotte, on les dessèche au moyen du feu on fait pénétrer l’air extérieur dans les parties les plu profondes, on les fuinigue, soit au moyen du chlore soit par la vapeur du soufre en combustion, s’il es des animaux qu’on veuille détruire; enfin, on blan chit l’intérieur à la chaux. Après cette opération, ce bâtimens sont réarmés; ils retournent en croisière, 01 reviennent dans les ports de France, et la fièvre jaun ne reparaît plus : donc elle dépendait , comme je l( dit , de causes inhérentes aux vaisseaux, et elle ont disparu en même temps. »
Voilà bien la doctrine de l’infection clairemen expliquée; voilà bien les causes locales inhérentes au vaisseaux sur lesquels la fievre jaune s est déchu éc voilà bien l’assainissement de ces vaisseaux qui fa cesser la maladie, et sur lesquels elle ne reparaît plu L’auteur aurait, donc abandonné la cause des cont: gionistes? En lisant ce passage, je l’ai cru; la le<
iure du suivant m’a détrompé (1), ou du moins a laissé mon esprit, en suspens sur ce point.
«Les médecins des États-Unis n’admettent pas, pour la plupart, la contagion de la fièvre jaune, néanmoins les habitans des villes où cette maladie se déclare prennent la fuite; ce qui ne prouve pas leur sécurité.» Les non-contagionistes n’ont jamais dit qu’il dût y avoir sécurité au milieu d’un foyer d’épidémie meurtrière; au contraire, ils conseillent aux habitans de fuir. Et c’est toujours dans les hôpitaux, placés dans des quartiers sains et élevés qu’on porte les malades atteints de fièvre jaune.
Plus loin,M.Kéraudren accuse les non-contagionistes de méconnaître la contagion médiate ou à distance, et de vouloir substituer à ce dernier mode de transmission l’hypothese de l’infection , en supposant que la maladie ne se communique que par le contact , mais au moyen de la préexistence d’un foyer (2).
Ce médecin est beaucoup trop éclairé pour tenir à cette accusation , s’il se donne la peine de lire attentivement ce que j’ai écrit dans mon Traité de la fièvre jaune sur les foyers d’infection (3), et de la contagion en général, depuis la page 120 jusqu’à i5o; et encore celui portant pour titre : La fièvre jaune estelle une maladie par infection , ou bien est-elle unema-
(1) Page 46.
(2) Page 48.
f) Page 118,
laclie contagieuse ? page i-5i et suivantes. Il y trouvera établies avec soin les distinctions les plus tranchées entre ces divers modes de développement ou de transmission des maladies en général , et de la fièvre jaune en particulier.
Enfin , il me reste à repousser une remarque grammaticale que l’auteur nous adresse sur le mot injection (i). Il veut que ce mot soit synonyme d’absorption , et qu’il ne puisse servir dans aucun autre sens. «Par exemple, dit-il, lorsqu’après l’inoculation de la petite vérole ou de la vaccine, l’un ou l’autre de ces virus a été absorbé, on dit que le système est infecté. » Cette observation est juste; mais, avec un peu de réflexion, on voit que l’adjectif infecté n’est employé ici qu’au figuré , puisque ces virus ne contiennent point de particules infectes. De cette simple explication, il résulte que le mot infection et ses dérivés sont employés par nous dans leur sens propre, puisqu’ils peignent assez exactement la nature des émanations délétères qui contribuent essentiellement à la formation de certaines maladies, sans le secours d’un virus fixe transmissible.
Je termine ces considérations en disant que la plupart des ouvrages écrits en faveur de la contagion sont entachés d’un vice radical : tous les faits qu’ils contiennent ont été recueillis au milieu des foyers d’infection; en sorte qu’on ne peut distinguer ce qui appartient au carac-
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tère épidémique, dece qui est propre àla contagion ' Pour procéder méthodiquement, et avec commence de cause, c est donc toujours hors de ces redoutables oyers qu il faut étudier la maladie, et pratiquer les expenences d’inoculation que je ne cesse de recommander, comme le seul moyen de faire cesser la controverse.