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manifestant, l’on relire doucement la canule bouchée , et il arrive quelquefois que la pierre la suit, étant poussée par la colonne de liquide. Il est encore un moyen que l’on peut indiquer , c est de passer dans cette canule un petit ressort tres-mmee , et tacher d’emmener le calcul de la meme manière que l’on relire un bouchon enfoncé dans une bouteille.
Il est un bien petit nombre de cas défavorables dans lesquels 1 emploi méthodique et sagement combiné des moyens que nous venons d’exposer ne puisse debarrasser même en peu de jours le malade d’une affection qui devoit lui devenir si funeste , quelque parti qu’il eût pris et à quelques conditions qu’il se fût soumis.
Nous n’avons indiqué aucune précaution pour éviter de pincer la vessie avec le lilhonlripteur : cet accident n’est pas plus à redouter ici que dans l’opération de la taille; il faudrait cire trop peu exercé pour commettre une pareille faute.
Quant aux diverses modifications dont se trouvent susceptibles soit le procédé , soit les instrumens , elles sont nombreuses et variées ; mais on ne peut tracer de préceptes à ce sujet : ainsi que dans le cathétérisme , l’expérience d’autrui est d’un bien foible secours ; il faut que le chirurgien saisisse, combine et exécute à l’instant même ce qu’on ne peut exprimer , et qui est le résultat de l’expérience et de l’habitude.
Il peut se présenter des circonstances qui apportent
DES CALCULS URINAIRES, plus ou moms d’obstacles au succès de ces divers moyens. Nous allons parcourir les principales, examiner 1 influence qu’elles sontsusceptibles d’exercer , et tracer les modifications qui offrent dans ce cas le plus d’avantages. On observe quelquefois des vices de conformation ou des lésions organiques soit de l’urètre , soit des parties voisines, qui déterminent dans le canal des déviations ou des rélrécissemens tels qu'on auroit de la peine à introduire le plus petit lithôntriptique. Mais ces circonstances sont excessivement rares; et, lorsque leur effet se borne à limiter plus ou moins la dilatation forcée de ce canal , il sera presque toujours possible d’y introduire un corps de trois lignes de diamètre" volume sous lequel il est facile de construire des instrumens très-solides et très- efficaces.
Nous avons déjà vu que la vessie pouvoit contenir des calculs d’un volume énorme que les branches du lithontripteur ne sauroient embrasser. Ces cas sont fort rares heureusement, car ils compromettent presque toujours la vie du malade , bien que ces corps étrangers soient souvent formés alors par une substance facile à détruire ( le phosphate calcaire), ce. qui contribue néanmoins à diminuer la gravite du danger ; à moins qu’il ne soit trèsgrand, ce volume n apporte pas toujours un obstacle invincible a la destruction do la pierre. Un instrument dont les branches réunissent beaucoup d’élasticité à une force proportionnée , et à une longueur de trois pouces , en saisit sans peine d’aussi
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grosses qu’un œuf de dinde; mais si à ce volume la pierre réunit une dureté considérable , le cas devient beaucoup plus fâcheux.
Nous avions dans le principe fait construire un instrument pour ces sortes de calculs ( c’est même celui cpû a été égaré) ; il ressembloit pour la forme à celui que nous avons déjà vu, les branches étoierit fixées à l’extrémité du tube intérieur au moyen de charnières ; quatre fils métalliques logés dans des coulisses que l’on a voit pratiquées entre les deux tubes en délerminoient le mouvement ; à leur extrémité postérieure ces fils étoient fixés à deux plaques métalliques posées de champ, qu’éloignoit et rapprochoit à volonté une vis centrale , creuse , d’un volume égal à celui de la canule intérieure. L’éloignement des plaques produisoit le rapprochement des branches et vice versa. 1/exlrémité de chaque fil étoit terminée par une vis particulière destinée à faire mouvoir chaque branche séparément lorsqu’on le jugeoit nécessaire : le mécanisme de cet instrument est très- beau, surtout lorsque les branches sont formées de deux pièces réunies par une charnière; alors il produit une partie des mouvemens de la main , mais il est très-compliqué ; il peut cependant être utile dans quelques cas.
L’histoire la plus étendue des calculs démontre à quel petit nombre sont réduits ceux qui par leur dureté résistent à l’action du stylet. 11 en est cependant plusieurs qui sont d’une destruction plus difficile, et qui exigent même quelques modifications
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dans les procédés que nous avons exposés. Si 1 observation fait voir que les pierres très-dures sont ordinairement petites, l’espèce de bouton que l’on remarque à l’extrémité du stylet, et qui est destiné à augmenter l’écartement des branches, devient inutile puisqu’elles s’écartent assez par leur élasticité .-aussi se servira- t-on de préférence de ces stylets, qui sont entièrement cylindriques à partir du rebord de leurs manches, et que l’on peut changer à volonté pendant l’opération. Si l’on vouloil conserver avec cette faculté un plus grand écartementdes branches, il seroit à propos d’ajouter une troisième canule à parois très-minces, qui, par sa disposition , produiroit cet effet, et dans laquelle passeroit le stylet alors un peu plus petit.
On voit déjà que les circonstances qui sembleroient apporter de grands obstacles à la réussite de notre méthode se réduisent à un très-pelil nombre, et qu’à l’aide de quelques modifications soit dans les instrumens , soit dans les procédés , elle a un avantage réel même dans les cas qui paroissent les plus défavorables.
11 est assez rare de rencontrer dans la vessie un nombre de calculs tellement considérable , que l’on juge devoir recourir d’abord à l’opération de la taille comme le parti ie plus avantageux. Lorsque par 1 effet d’une circonstance quelconque il n’est pas possible de réduire le calcul en poudre ou en parcelles assez petites pour trouver dans les pro- - edés indiques une issue facile, on parviendra du
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moins à en connoître la nalure intime, et avec d’autant j >1 u s d’exactitude que non-seulement le stylet en détachera quelques parcelles de la circonférence, mais encore il le perforera; et le détritus résultant que l’on cherche à recueillir soit dans les urines, soit dans le liquide des injections , indiquera par la différence ou l’homogénéité de sa composition , si la pierre est formée d’une ou plusieurs substances, dont il fera connoître également la nature. Il y aura toujours de l’avantage à multiplier autant que possible les perforations qui augmenteront constamment l'efficacité des réactifs que l’on voudroil employer.
Supposons le calcul entamé, perforé, etc. , et sa nature parfaitement connue: est-il raisonnable d’en essayer la destruction par des moyens chimiques , et est-il possible de l’obtenir ? Quoi qu’en aient dit de graves auteurs , il nous semble que l’on peut répondre par l’allirmative , du moins dans un très-grand nombre de cas. Si les expériences que nous avons faites , et les données que nous possédons déjà ne nous permettent pas encore de poser les principes de cette théorie , et de tracer la route à suivre, elles ne nous laissent pas douter que l’on puisse parvenir, et même bientôt, à ce résultat satisfaisant. En effet, que nous manquet-il aujourd’hui? un tissu pour former une poche capable de résister à l’action des réactifs; certainement la chimie ne laissera pas les choses en si bon chemin. Nous avons fait graver un des instrumens
dont on peut se servir pour pêcher la pierre dans la vessie ; il est représenté planche 11. Voy. lexplication.
Pour ne rien avancer de problématique, nous nous contenions d’annoncer ici ce procédé , toujours en rappelant qu’il est généralement possible d’acquérir une connoissance certaine de la composition du calcul, que celle connoissance conduit naturellement au choix du dissolvant le plus approprié ; que l’on parvient avec assez de facilité à pêcher la pierre et à l’enfermer dans une poche ; et que l’instrument destiné à cet effet réunit les conditions nécessaires pour que le réactif 11e soit nullement en rapport avec la vessie ; celle-ci communique facilement au dehors par le moyen d’un conduit qui permet la sortie des urines, et par lequel on feroit promptement des injections dans le cas d’accidens imprévus.
Sans chercher a attaquer les calculs par des réactifs aussi concentres , Ion peut en employer d’assez étendus pour que l’on 11’aii rien à craindre de leur action sur les parois vésicales. En suivant celle marche on ne s’expose à aucun danger. 11 est ensuite bien démontré par l’expérience, qu’insensiblcment la vessie s’accoutume à la présence du menslruc, et quelle finit par en supporter impunément de trèséneigiques. Si, avant qu il fût donné de connoîlre la naluie et la composition du calcul , l’on oblenoit quelquefois des elle t s tres-avautageux luui en marchant a tâtons, Ion obtiendra aujourd’hui des
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résultats plus salisfaisans, puisque nous possédons cette précieuse donnée, et que la pierre, se trouvant taraudée , perforée , sera plus facilement détruite. La sonde à double courant de Haies (1), reproduite dans ces derniers temps comme une chose nouvelle par M. J. Cloquet , produit dans ce Cas de très-bons effets; elle donne la facilité de faire passer en peu d’inslans dans cet organe une quantité prodigieuse de menstrué. Si l’on fait coïncider avec l’usage des injections celui des médicamens appropriés introduits par l’estomac, ou obtiendra facilement un résultat dont on a désespéré jusqu’à ce jour.
Lorsqu’au lieu de se trouver dans la vessie le calcul se rencontre dans l’urètre , la circonstance est toujours plus avantageuse , il suffît quelquefois de faire exercer la succion à l’extrémité du pénis, pour en opérer la sortie. La dilatation , la pince de Hunier modifiée, l’incision, etc., seront successivement mises en usage. Si ces circonstances offrent peu de gravité, il n’en est pas de même de celles où le calcul siège dans les reins ou les uretères. Ces cas rentrent dans le domaine de 1 obscurité ; nous avons déjà vu que l’on ne possédoit pas meme de signes certains de leur existence; on emploie alors successivement les moyens proposés par les auteurs; ils procurent quelquefois un soulagement assez marqué.
i) Ouvrage cité, png. 221.
Lorsque par un moyen quelconque l’on est parvenu à débarrasser le malade du corps étranger, il faut chercher à détourner la disposition vicieuse des reins. La nature du calcul détruite , l’analyse chimique de l’urine suffit ordinairement pour faire connoître quelle est la substance que l’on doit employer et de laquelle on retire ordinairement d’assez bons effets ; si la plupart des auteurs se sont accordés pour nier la possibilité de détruire les calculs sans l’opération de la taille , ils ont du moins reconnu celle d’en prévenir la formation.
On a tout récemment proposé de détruire les calculs vésicaux par le moyen du galvanisme. Y parviendra-t-on ? Les expériences faites dans les temps par la société galvanique sembleroient en démontrer la possibilité, puisqu’elles ont constaté qu’en soumettant des dissolutions salines à l’action du courant de la pile, elles se trouvoient décomposées , et leurs parties constituantes se portoient en sens inverse aux extrémités des conducteurs ; cet agent produira- t-il le même effet sur des masses non divisées ? Dans ce cas sera-t-il applicable aux calculs contenus dans la vessie ? L’urine n’opposera-t-elle pas d’obstacle à cette décomposé ion ? La vessie et l’économie en général ne serontelles pas fatiguées par la longueur de l’opération? Le séjour trop prolongé des conducteurs n’aura-t-il pas de graves inconvéniens, etc. ? Voilà des questions que l’expérience et le temps seuls pourront yésoudre.
Quelles que soient les ressources de l’art, lorsque le sujet est très-avancé en âge, qu’il est affecté de quelque autre maladie grave, eL que le calcul est très-volumineux, on doit se bornera limiter autant que possible son accroissement , et à rendre les souffrances du malade supportables par l’emploi successif des divers moyens qui sont généralement connus et dont l’expérience a en quelque sorte constaté l’efficacité.
Dans le cas où l’opération de la taille deviendroit indispensable, on y auroit recours : on trouvera dans l’ouvrage de M. Deschamps tous les détails que l’on peut désirer sur cette matière.