‹ Nouvelles considérations sur la rétention d'urineChapitre 4 sur 20 · L’EXCRÉTION DES URINES · texte numérisé non relu

L’EXCRÉTION DES URINES

O N sait que cette fonction est confiée à deux ordres d’agens ; les uns soumis à l’empire de la volonté , et les autres indépendans de celte faculté admirable. Ces derniers, comprenant les plans musculeux qui font partie des parois vésicales , l’effectuent en grande partie par eux-mêmes, du moins dans les cas les plus ordinaires , et n’empruntent que foiblement le secours des premiers ( les muscles abdominaux) , dont les usages s’étendent à plusieurs autres fonctions. La texture , la disposition et la manière d’agir de la membrane musculeuse de la vessie , méritent du praticien , une attention toute particulière , elles lui fournissent des notions trèsutiles sur la production de la maladie qui nous occupe , et sur l’application des moyens curatifs les plus appropriés. Un seul exemple va nous leprouver. Un homme se trouve tout à coup pris d’une rétention d’urine produite par une résistance prolongée au besoin de rendre ce liquide ; les phénomènes de la rétention acquérant de l’intensité , l’on se hâte d’appeler un chirurgien , qui , tout occupé de ce

* THÉORIE

qu’il observe d’abord , et rempli de l’idée que l’on ne peut y remédier que par l'usage habituel des sondes , ne manque pas d’en faire porter au malade pendant plus d’un mois. Il est facile de voir qu’ici l'évacuation première étoit suffisante , l’affection paroissant pour la première fois. Combien d’observations analogues où les malades souffrent ainsi inutilement pendant des mois entiers !

L’anatomie etla physiologie peuvent seules éclairer la pratique à cet égard : les dissections anatomiques démonlrentdans les parois de la vessie plusieurs plans ou faisceaux musculeux différons par leur direction , leur longueur, leur volume, leur point d’insertion , etc. 5 mais , les descriptions données par quelques auteurs ne laissant rien à désirer sur celte texture, nous passons à la physiologie de cet organe : nous ne devons pas perdre de vue que les libres du corps de la vessie sont les antagonistes de celles de son col ; il faut donc isoler avec soin l’action de chacune d’elles (i).

(i) Nous allons nous trouver en opposition avec les opinions généralement admises. Dans son Traité Dogmatique de l’Opération de la Taille , M. Deschamps dit ( tom. Ier, pag. 42) : « Si l’on réfléchit sur les attaches des fibres charnues de ce viscère (la vessie ) qui se rendent à la prostate , on verra que ces fibres, loin de former un sphincter, tendent à écarter l’orifice et le col , et qu’elles produisent un effet contraire à leur resserrement. >• 1VI. Deschamps se fonde sur quelques expériences qui ne sont rien moins que

Page 1