‹ Nouvelles considérations sur la rétention d'urineChapitre 5 sur 20 · DE L’EXCRÉTION DES URINES · texte numérisé non relu

DE L’EXCRÉTION DES URINES

On a dit , cl l’on répète chaque jour , que les urines sont sécrétées par les reins, ensuite transportées

par le moyen des uretères dans la vessie, d’où apres un séjour plus ou moins long , elles sont portées au dehors par l’urètre ; mais les reins ne jouissent pas seulement de la propriété de sécréter les urines, ils sont de plus doues d’une force d’expulsion que l’on ne sauroit évaluer , mais que l’ctude des phénomènes de la rétention d’urine dans la vessie , la descente des graviers , en un mot , la faculté de se débarrasser du liquide sécrété rendent indubitable. 11 en est de même des uretères qui sont loin de faire l’office de canaux inertes et passifs , ainsi que tendroit à le faire croire l’exposé des phénomènes de la rétention d’urine , par J.-L. Petit , reproduit en ces derniers temps dans le Dictionnaire des sciences médicales. Ces canaux jouissent d’une force de contraction qu’on ne sauroit non plus déterminer ,

concluentes , sur l’entrecroisement et la texture pour ainsi dire inextricable des fibres musculaires qui de tous les points de la vessie viennent se rendre à son col , qu’elles entourent entièrement. Mais , si cette disposition n’avoit pas lieu tant pour la vessie que pour l’uterus, etc., il seroit assez difficile de concevoir comment ces organes pourroient se laisser distendre jusqu’à un certain point , et se contracter ensuite pour chasser les corps qu’ils contiennent. Quoique cette texture soit inextricable , elle n’eu fait pas moins l’office d’un sphincter qu’on pourvoit appeler organique et qu’il ne faut pas confondre avec ceux qui sont soumis à l’influence de la volonté.

VI j THÉORIE

variable <1 ailleurs dans chaque individu mais que Ion jieui révoquer en doute, puisque lors d’une dilatation considérable de la vessie , les urines ne cessent pas d’y être poussées par les uretères , malgré la contraction permanente et assez forte de ce réservoir musculo-inembraneux. Ainsi, nonseulement les urines sont sécrétées par les reins, mais encore ces organes les poussent dans les uretères , qui , par un mode de contraction propre à plusieurs organes creux , les eharient par colonnes jusque dans la vessie. Les fibres musculaires du corps et du col de cet organe sont , avons-nous dit, antagonistes les unes des autres. Celle proposition ne sauroit être contestée , il y a continuité d’actioi de la part de ces fibres ; ie séjour des urines dans la vessie le démontrent pour celles du col -, le raisonnement d’accord avec le mode naturel de la mvolilité, joint au résultat de l’observation , le rend palpable pour celles du corps. Pour être continuelle , cette action 11’est pas égale : tant que l’urine est en petite quantité tout l’avantage se trouve pour celles du col ; lorsqu’au contraire la vessie est distendue à certain degré, celles de son corps en jouissent à leur tour. Nous allons suivre ce travail depuis le commencement jusqu’à la fin.

Dans l’état de vacuité complète, les parois de la vessie sont contiguës , mais cet état ne sauroit durer long-temps : la sécrétion de l’urine étant continuelle , les premières colonnes que poussent les uretères le font cesse! même avec facilité, puisque dans cet état

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les fibres ilu corps de la vessie sont au terme de leur contraction, et que de [dus, elles sont dépourvues de point d appui ; mais , lorsque la masse du liquide contenue dans la vessie est assez considérable pour leur fournir ce point d’appui, il s’établit une espèce de lutte entre les deux antagonistes ; l’équilibre se maintient jusqu’à ce que l’allongement des libres du corps soit porté au point de rendre prépondérante leur force de contraction. Les fibres du col perdent alors leur avantage , d’autant plus que, fournissant à leurs antagonistes leur point d’insertion, elles sont forcées de céder, soit aux tiraillemens que les fibres du corps exercent sur elles , soit à l’impulsion de l’urine poussée contre elles : c’est alors que la nature , de concert avec la volonté de 1 individu , se débarrasse d’un corps dont la présence l’importune. Si néanmoins le col de la vessie offre une résistance trop puissante , ou bien si quelque obstacle gêne la sortie des urines par l’urètre, les parois de la vessie empruntent le secours de leurs auxiliaires, et l’excrétion a lieu.

Nous venons de dire la nature de concert avec la volonté de V individu , car la première a beau commander , la seconde résiste quelquefois. Supposons , ce qui n’est pas rare , un individu placé dans des circonstances qui ne lui permettent pas de satisfaire un besoin qui commence à se faire sentir ° il éprouve d’abord 1 envie d’uriner ; de légère et momentanée qu’elle éloit, celle envie devient continuelle et de plus en plus forte , les fibres du

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THEORIE

corps no cessant d<» se contracter , non-seulement la volonté leur refuse les secours dont elle peut disposer ; mais encore , elle dirige son influence sur les congénères de leurs antagonistes, qui dans ce cas résistent aux efforts de la poche urinaire. Cet étal peut durer un certain temps , pendant lequel le besoin d’uriner de pressant et continuel qu’il étoit, devient moins impérieux et de plus en plus interrompu. La vessie, fatiguée et distendue outre mesure, ne se contracte que par intervalle etavec moins d’énergie ; enfin la rétention d’urine se déclare : ajoutez à cela que l’état souffrant du corps de la vessie se communique insensiblement au col dont les fibres, déjà fatiguées par une longue et forte résistance, finissent par se contracter sous une influence morbide , ce qui sert à distinguer celle espèce de rétention de celle que les auteurs ont attribuée à la paralysie de la vessie , et qu’il est plus rationnel de considérer sous un autre rapport.

11 est facile , d’après cela , de se rendre compte de tous les symptômes qu’éprouve le malade : tant que le besoin d’uriner se fait continuellement sentir, la vessie ne cesse de se contracter; mais lorsque les libres du corps de cet organe sont a lion gées au point de perdre leur élasticité , elles ne se contractent que par intervalle , et encore ces contractions ont-elles quelque analogie avec les convulsions. On ne peut douter non plus de la force expulsive soit des reins, soit des uretères, puisque, malgré les contractions permanentes de la vessie,

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DES EXCRÉTIONS DES URINES, ils ne cessent d’y faire arriver burine , jusqu’à ce que cette dernière soit arrivée au terme de sa dilatation.

Si nous avons bien observé la nature dans l’exercice des fonctions de l’appareil urinaire ( chacun peut le vérifier), que devient l’opinion de quelques modernes , qui veulent que l’irritation produise la dilatation des muscles creux ? Il est bon de noter que toutes les excrétions qui ont avec celle de l’urine quelque rapport, s’exécutent à peu près de la meme manière. Le professeur Dubois disoit, dans ses cours, que la matrice ne se débarrassoit du produit de la conception , que lorsque les fibres du corps prennent la prépondérance sur celles du col. On sait qu’a près avoir résisté long- temps au désir d’aller à la selle , ce désir diminue , et finit presque toujours par cesser de se faire sentir pendant un temps plus ou moins long.

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