SYMPTOMES
La description que fait Ménière du vertige labyrinthique dans sa première communication à l’Académie, et dans son article de la Gazetle Médicale contient une série de détails et les symptômes caractéristiqnes de cette maladie. « Voilà un individu qui, au milieu d'une parfaite santé est pris subitement de tintements, de bourdonnements d'oreilles, voit les objets environnants osciller et son propre corps chancelant et titubant. Souvent il devient pâle, couvert de sueurs froides, obligé de se tenir de peur de tomber, parfois il tombe, et s’il se relève, continue de tituber, se trouvant toujours sous la menace de syncopes. Parfois il éprouve des nausées, et finit par vomir, alors tous ces phénomènes disparaissent au bout de peu de temps, et dans le cas contraire, il est obligé de chercher le repos dans une position horizontale. Le premier accident quoique passé, laisse généralement après lui une diminution de l’ouie d’un côté et très rarement des deux à la fois. Après quelque temps revient un autre aecès, sans
- cause apparente, présentant les mêmes symptômes que le premier, avec plus ou moins d'intensité, Les intervalles entre l’un et l’autre accès sont quelquefois exempts de tout trouble et le malade à l'apparence d’une parfaite santé, excepté un petit bourdonnement
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d'oreille qui lui est resté. D’autres fois, le malade conserve même dans les intervalles, des menaces de vertige, de la titubation et un bourdonnement plus ou moins fort d’une ou des deux oreilles. En général, à mesure que les paroxysmes se répè‘ent, le malade perd de plus en plus Ia confiance en lui-même, craignant toujours d’être pris d’un accès, ce qui est cause de la titubation dans sa marche et ce qui lui fait toujours chercher, lorsqu'il se trouve dans la rue, un appui sur le devant des maisons ou sur le bras d’un ami ».
Chez certains malades névrasthéniques, les accès sont précédés d’hallucinations étranges. Une malade de M. Charcot (a) étant assise sur sa chaise, sentait tout à coup celle-ci se briser sous elle. Elle poussait un cri, se levait vivement et tout était fini ; une autre malade(1) pendant les huit ans qui précédèrent son vertige, s’arrêtait parfois en descendant un escalier, parce qu'it lui semblait s’entr'ouvrir devant «Ile. Une fois elle vit un toit tomber sur des personnes et les crut écrasées. I Tui semblait constamment entendre casser des morceaux de verre à côté d’elle. La maladie éclate enfin. Le sujet est précipité par terre d’une façon brusque, parfois sans prodromes, le plus souvent averti par des bourdonnements d'oreille ou des sifflements ; souvent Île malade ne tombe pas au moment de ses vertiges, mais même couché ou assis il croit tituber, subit un mouvement de
(1 Leçon de M. Charcot. Progrès médical, 1874. (2) Observation prise par M. Marie dans la consultation de
M. Charcot.