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roulis ou bien se sent entraîner dans un tourbilllon, décrire des mouvements autour d’un axe transversal (Charcot) ou encore il oscille des deux côtés de la ligne médiane et subit des mouvements de rotation autour de l’axe longitudinal. D’autres fois, c’est un mouvement de translation horizontale ou une sensation de chute dans un précipice. Très souvent le malade a des hallucinations visuelles. Il voit le sol osciller, onduler comme la mer; les objets lui paraissent se mouvoir et lui semblent renversés. Parfois il croit que le plafond va toucher le sol et s’abaïsser sur lui.
Weill rapporte une observation prise à la Salpétrière d’un malade qui éprouvait des La/lucinations tactiles pendant ses accès, se figurant sentir des souris courir lelong de son corps et ayant en même temps des sensations de frémissement musculaire.
Les bruits auditifs subjectifs sont très variés. Ils sont de deux ordres ; les uns sont des troubles fonctionnels, une espèce d’hallucination ; les autres sont réels, et dépendent d’un état congestif de l'oreille interne. Les premiers sont très fréquents mais peuvent manquer quelquefois ; tandis que les derniers ne manquent jamais et ne disparaissent qu'avec l’extinction du syndrome lui-même.
Quelquefois les bruits précèdent l'attaque et augmentent pendant les 16cès, diminuant ou disparaissant dans l'intervalle pour augmenter d'intensité après un nouvel accès, mais parfois ils continuent pendant les intervalles à un plus faible degré et leur exacerbation annonce l’imminence d’une crise. On observe très
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fréquemment chez les névrasthémiques un phénomène très singulier qui consiste dans l’écho ou la résonnance de leur propre voix, ce qui provient d'un rétrécissement spasmodique ou d'une vraie obstruction de la trompe d'Eustache, le son de leur propre voix ne parvenant à l'oreille que par un détour, devient traînant et perd de sa netteté.
Quant à la nature des bruits, ils sont variables ; les uns les comparent au roulement d’une voiture, les autres au sifflet d'une locomotive, d’autres au bruit des cloches, d’autres encore au bruit de la mer, des coquillages, au bourdonnement d’une abeille, à un bruit de chaudière, mais ils sont très rarement musicaux.
Sans doute les tintements, les bourdonnements et sifflements d'oreille sont un phénomène, comme dit M. Charcot, quelque peu banal et qui accompagne fréquemment diverses espèces de vertiges autres que celui qui se rattache au syndrome de Ménière, mais dans cette dernière affection il acquiert, au moment de l’accès une prédominance et une intensité qui ne s'observent certainement pas ailleurs. C’est d’après le récit des malades le bruit strident d’un sifflet de locomotive ou le fracas que l’on produirait en secouant violemment un sac rempli de clous ; c’est encore le bruit d’une fusillade ou d’un feu d’artifice. Ce bruit occupe exclusivement ou spécialement une des oreilles. Il cesse avec l'accès vertigineux, dans les cas récents ou légers, mais tôt ou tard si le cas est grave il devient persistant dans les intervalles sous la forme atténuée d’un bourdonnement, d’un tintement plus ou moins incommodes ;
entr Pire l'oreille affectée d’ailleurs ne manque pas de présenter bientôt une annihilation de l’ouïe plus ou moins prononcée et permanente (Charcot).
Un autre symptôme qui caractérise le vertige de Ménière est l'affaibhssement de la faculté auditive qui augmente progressivement après chaque accès, tandis que le symptôme vertigineux et les sifflements marchent dans le sens contraire, c’est-à dire qu’ils s’atténuent progressivement et enfin disparaissent avec l'abolition de l’ouïe du côté malade. Le phénomène de la surdité peut être expliqué d’une manière très simple. Si la cause du vertige a son siège dans une région plus ou moins profonde du labyrinthe, la destruction de l'expansion des fibres terminales du nerf auditif dans le vestibule et dans les canaux semi-circulaires, supprime le sens auditif de la même manière qu’une lésion de la choroïde compromet la fonction de la rétine et la choroïde rétinite abolit le sens de la vue. Il y a aussi certains cas de maladie de Ménière où il n'existe de la surdité que pour certains groupes de sons. Knapp a rapporté trois observations de ce genre Dans ces cas, c’est l'expansion nerveuse du limaçon qui est compromise et voici l'explication qu'en donne Helmholtz (1). Les fibres nerveuses qui se répandent dans le vestibule et dans les ampoules ont pour fonction de percevoir les bruits ; les fibres de Corti au contraire qui se trouvent dans le limaçon perçoivent les sons musicaux. La perception des différents sons se ferait par des fibres
(1) Ménière. Gouvers.
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Are nerveuses différentes ; la qualité de chaque son, c’est-àdire sa hauteur :et son timbre dépendrait aussi des différentes fibres nerveuses sur lesquelles porterait l'excitation.
Dans ces cas de dysécée pour les sons hauts on peut admettre que les fibres de Corti qui correspondent à ces sons ne fonctionnent pas et lorsqu'on les entend faux, c'est qu'il y à un manque d'accord de certaines fibres par pression ou tuméfaction.
On peut expliquer de la même manière la surdité à la suite du vertige de Ménière dù à un état cararrhai de la trompe d’Eustache, propagé jusqu’au labyrinthe et donnant lieu à une exsudation séreuse ; seulement dans ce cas, le sens auditif reste affaibli pendant longtemps ne s’éteignant complètement qu'après un grand nombre d'années, à la suite d’une série de nombreux accès consécutifs.
La surdité peut également survenir dans des cas de vertige de Ménière provoqués par une otite moyenne simple sans propagation au labyrinthe. Il suffit d’une pression intra-auriculaire excessive ou d’un trouble considérable de la circulation pour compromettre la fonction auditive.
Il va sans dire que lorsqu'il s’agit d’un sydrome de Ménière, effet d’une altération nutritive du plancher du quatrième ventricule, à la suite d'une méningite cérébro-spénale abortive, il arrive une surdité complète des deux oreilles, parce que dans ce cas c’est le noyau centre des nerfs acoutisques qui subit la dégénérescence atrophique.
Les autres symptômes concomitants du syndrôme de Ménière, tels que l’état syncopal, la paleur, la sensation d’étreinte péricranienne, sueurs froides, ne sont que des phénomènes réflexes résultant du réflet de lirritation du nerf auditif sur le sympathique, de même que l’apparition des nausées et des. vomissements à la fin de l'accès, est due à l’action réflexe du nerf auditif sur le pneumo-gastrique.
Quant à la perte de connaissance accompagnant le vertige de Ménière, il y a plusieurs médecins particulièrement des auristes (1) qui prétendent l’avoir souvent observée ; mais M. Charcot dont l'autorité et la compétence à ce sujet sont incontestables, le nie formellement, Le malade peut toujours raconter ce qu’il a éprouvé et même lorsqu'il tombe, il se rend compte que c’est dû à une impulsion ou à un trouble d'équilibre. Voury dans sa thèse (1) admettait quatre formes de la maladie de Ménière.
1° La forme apoplectiforme, dans laquelle se rangent les cas où la maladie débutant par l’éclipse subite de l'intelligence, du sentiment et du mouvement simule la congestion cérébrale apoplectiforme.
2° La forme épileptiforme qui correspond aux faits où l’état syncopal se traduit par un arrêt dans les fonctions intellectuelles, une véritable absence comparable au vertige épileptique.
3° La forme stomacale qui s'applique aux cas où les nausées et les vomissements, acquièrent une fréquence
(1) Voury. Maladie de Ménière. Thèse de Paris, 1874, p. 23.
— AT — et une persistance telles, qu’ils offrent le plus grand rapport avec le vertige à s{omacho laeso.
4 La forme simple dans laquelle le vertige avec son escorte ordinaire devient le principal phénomène.
Il suffit de lire avec attention les nombreux cas de vertige de Ménière, publiés par les différents auteurs qui se sont occupés de cette question, particulièrement ceux de M. Charcot pour être convaincu de l’inanité de de cette division. :
Les malades ne perdent jamais complètement ni au-delà de quelques minutes leur connaissance, de façon à pouvoir simuler une congestion cérébrale apoplectiforme et encore moins l’état épileptique, car le petit mal n’est jamais accompagné de bruits ni de bourdonnements dans les oreilles ni de surdité.
Quant à la forme stomacale il est vrai que dans certains cas de vertiges intenses, il se présente des nausées et des vomissements, Mais cela n'arrive que lorsque le vertige coïncide avec un repas copieux suivi d’un exercice corporel ou avec une digestion troublée par une cause quelconque.
Chez certains malades, les intervalles entre les paroxysmes sont tout à fait libres; chez d’autres après une série d'accès, le vertige finit par devenir continu ou subintrant. C’est M. le professeur Charcot, qui le premier a fait cette distinction. Dans la seconde forme, il existe entre les accès une menace continuelle de vertiges, une titubation, qui oblige le malade à s’appuyer en marchant sur les objets environnants; souvent
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