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conversation régulière à trois mètres de distance avec l'oreille gauche, bien qu’il n’eût pas conservé l’acuité auditive d'autrefois ef il éprouvait souvent de légers bourdonnements d'oreilles. Il sentait aussi un peu de titubation lorsqu'il marchait dans l’obscurité parce que le sens de l'équilibration n’était pas aidé par celui de la vue.
L'auteur après avoir fait plusieurs remarques critiques sur ce cas intéressant, arrive à le considérer comme une névrose vaso- motrice des vaisseaux du labyrinthe invoquant à l’appui de cette opinion les circonstances suivantes :
1° La régularité dans les intermittences des accès, particulièrement dans l’aura vertiginosa qui précède l'attaque ;
20 L'action prompte et infaillible de la quinine.
3° L’hémianesthésie acoustique qui se présenta toujours à la suite d’une excitation cérébrale.
D’après ce qu'on voit, M. Brunner entre dans le même ordre d'idées que nous sur la manière de considérer certains cas de vertige de Ménière.
Toutefois nous tenons à constater quant à l'interprétation qu'il s'efforce de donner de l’action thérapeutique de la quinine contre le vertige de Ménière, car M. Brunner ne se contente pas d'admettre que la quinine exerce une action tonifiante ou stimulante sur les nerfs constricteurs des artérioles du labyrinthe ; il prétend encore que les hautes doses de quinine produisent un haut degré d’ischémie du Tabyrinthe à la suite de son influence paralysante sur le cœur même. Il
PARIS appuie cette opinion sur des expériences faites par Horner (publiées dans la thèse de M. Hans Brunner sur l’amaurose quinique). Ces expériences consistent dans l'administration de fortes doses de quinine à des chiens qui furent soumis ensuite à l'examen ophtalmoscopique; on trouva une ischémie des vaisseaux de la rétine, tant des artères que des veines ; la papille optique présentait un aspect blanchâtre lorsqu'on comprimait avec le doigt le globe oculaire. Horner a eu aussi l’occasion de faire un examen ophtalmoscopique chez une dame qui à la suite de fortes doses de quinine, devint complètement aveugle pendant quatre jours et eut besoin presque d’un an pour recouvrer complétement sa faculté visuelle. L'examen montra chez elle le nerf optique tout blanchâtre et l'artère nasale supérieure du côté gauche présenta un thrombus ayant l'air d’un cordon blanc.
Ces expériences répétées et confirmées ensuite par d’autres physiologistes battent en brèche l'opinion émise par quelques auristes et particulièrement par Knapp, qui prétendait que la quinine à grandes doses produit une hyperhémie des vaisseaux de l'appareil auditif externe, moyen et interne, pouvant aller même jusqu’à l’extravasation, car il n’est pas admissible que la quinine puisse produire une ischémie des vaisseaux de la rétinc et une hyperhémie de ceux du labyrinthe.
Il n’y a pas de doute que la quinine à des doses toxiques est un poison cardiaque exerçant un effet paralysant sur les centres nerveux intra-cardiaques ; rendant les contractions plus lentes et moins énergiques à cause de la diminution de la pression sanguine, mais
pr me on ne pourra pas considérer comme toxiques, les doses elles qu’elles sont prescrites pour combattre le vertige de Ménière, "
Au contraire les sujets,en question sont généralement des personnes nerveuses, d’une puissance cardiaque médiocre, et chez lesquels la quinine a pour but d'agir comme médicament névrosthénique en relevant l’action contractile du cœur et de la soutenir pendant longtemps. Ce mode d'action de la quinine sur le vaso-moteur est prouvé.
1° Par l'effet favorable et curatif de la quinine dans les névralgies d’origine rhumatismale.
2° Par l'effet hémostatique de la quinine dans les ménorrhagies.
9° Par la disparition de l’engorgement de la rate dans les fièvres paludiques à la suite de grandes doses de quinine car « dire de la quinine que c’est un antipériodique ne veut rien dire et son action prétendue microbicide est des plus contestées » (Jules Worms. Communication à l’Académie de médecine sur le diabète à évolution lente).
Par conséquent nous trouvons plus en harmonie avec les données de la physiologie et de la clinique, l'opinion de M, le professeur Charcot, qui considère la quinine comme un stimulant des nerfs vaso-moteurs, agissant sur les fibres constrictriees des artérioles du labyrinthe.
(1) Berliner Klinische Wochenschrift, 1881, n, 49. (2) Bulletin de l'Académie, 15 mai 1889.
NO De cette manière on explique l'efficacité surprenante de la quinine dans le vertige de Ménière, lequel dans un grand nombre de cas est la conséquence d’une congestion neuroparalytique du labyrinthe chez des sujets névrasthéniques dont le centre réflexe d’équilibration est affaibli dans son innervation.
Nous allons maintenant publier quelques observations prises sur des malades traités par M. Charcot et par mon père, et nous les ferons suivre des cas que nous avons pu observer à la Salpétrière.
OBSERVATION I
Mme G... 36 ans, constitution lymphatique, tempérament nerveux, son père, autrefois très intelligent, ayant été dans son temps, à la tête des services les plus importants de l'État, mais hypochondre par tempérament est arrivé aujourd’hui à un état de déchéance intellectuelle complète. Elle-même a eu des accès convulsifs dans son enfance, à l'époque de la puberté. Depuis lors, elle fut toujours bien réglée et jouissait d'une bonne santé. Elle se maria mais n'eut pas d'enfant. Dans ces dernières années, elle était très sujette à des affections catarrhales particulièrement à des coryzas. Au mois de mars 1885, à la suite d'un refroidissement, elle commença à se plaindre de bourdonnements d'oreille et peu de temps après elle était prise d’un vertige assez fort avec sifflements violents dans les deux oreilles, accompagné d’impulsions de se jeter à terre. À peine le vertige était passé, elle voulait se lever mais perdait l'équilibre. Les accès se répétaient tous les 15 à 20 jours; plus tard jusqu’à deux et trois fois par semaine. Les médecins consultés par elle crurent avoir à faire à un vertige
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gastrique à cause des vomissements qui accompagnaient chaque accès et conseillèrent une cure thérmale à Vichy. En effet, soit grâce aux eaux thermales, soit grâce au changement d'air, la malade améliora, les accès étant devenus plus rares et beaucoup moins violents; en échange les menaces du vertige furent continuelles et les titubations constantes de ma nière que la malade n'osait marcher sans s'appuyer sur les bras d’une personne. Au mois de janvier 1886, lorsque la malade vint consulter mon père, elle présentait tous les symptômes caractéristiques de la maladie de Ménière, vertiges, bourdonnements continuels et affaiblissement considérable de l'ouïe; en même temps elle accusait la sensation d'un brusque mouvement de translation de gauche à droite et même dans la position horizontale elle était obligée de se coucher sur le côté malade pour diminuer les bruits d'oreille. Outre ces symptômes propres à la maladie de Ménière, elle présentait des phénomènes propres à l'hystérie.
Le traitemement par la quinine prescrite à la dose de 50 à 60 centigrammes par jour, n’eut aucun résultat : les préparations bromurées associées à l’iodure de potassium modifièrent favorablement les symptômes nerveux concomitants, mais n’exercèrent aucune influence sensible sur l'affection labyrinthique. La malade fatiguée de ces souffrances continuelles se décida à consulter M. Charcot qui lui prescrivit la quinine à grandes doses jusqu’à un gramme et demi par Jour, pendant dix jours, et le traitement continuait avec diminution graduelle dela dose. Après deux mois de traitement, la malade fut complètement guérie de ses vertiges et quant à la faculté auditive elie a considérablement gagné. Malgré la cessation
du traitement, la guérison s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui.
OBSERVATION II
Mlle R... 32 ans, tempérament très nerveux, jouissant tou- Hauser. 6