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4 Elle envahit presque toujours les deux oreilles et détermine en général la surdité complète, ce qui n’arrive pas dans la méningite cérébro-spinale ;
5° Le processus pathologique dans l’otite interne se termine généralement au bout de plusieurs jours et il est suivi par une convalescence de plusieurs mois, quelquefois des années, accompagnée de vertiges et de titubation dans la marche.
Nous venons de voir qu'il existe un désaccord parmi les auristes les plus distingués de l'Allemagne à propos de l'anatomie pathologique de la maladie de Ménière. Nous allons voir maintenant que les difficultés n'ont pas été moins grandes pour se mettre d'accord sur la physiologie pathologique du labyrinthe, c’est-à-dire sur la manière d'interpréter les symptômes caractéristiques de la maladie de Ménière.
Goltz ayant répété les expériences de Flourens sur des pigeons est arrivé à conclure que les deux faisceaux du nerf auditif ont deux fonctions différentes. Le faisceau du limaçon est le nerf du sens de l’ouïe et les canaux semi-circulaires seraient l'organe de l'équilibre de la tête et par conséquent de tout le corps. Les terminaisons des nerfs dans les ampoules et les canaux sont influencées par la pression comme les nerfs du taet; le liquide des canaux semi-circulaires ou endolymphe, exerce d’après les lois de la pesanteur, une pression considérable sur les parties les plus déclives, pression qui varie avec les mouvements de la tête. La sensation
(1) Pfluger's Arch. t. II, p. 172, cité par Kpapp.
Dre de l'excitation nerveuse produite par la pression constitue le sens de l'équilibre qui sert de régulateur aux mouvements. Lorsqu'une partie des canaux semi-circulaires est lésée, le cerveau recoit des notions inexactes sur la position de la tête et par conséquent, il n’est pas capable de diriger exactement les mouvements du corps. C'est là que réside la cause du vertige et des troubles de la motilité. Lorsque la lésion des canaux n’existe que d'un côté, les symptômes sont passagers; ils persistent “au contraire lorsqu'elle existe des deux côtés. Compa-rant le sens des canaux semi-circulaires à celui des yeux, un seul suffit à la fonction.
Knapp, en s'appuyant sur les expériences et les conclusions de Goltz, attribue le vertige à une augmentation de pression intra-auriculaire, s’exerçant sur le labyrinthe. D’après lui, l’état syncopal, la pâleur, la sueur sont des phénomènes réflexes, résultant de l’irritation du nerf auditif réagissant sur le sympathique. La perte de connaissance peut être considérée comme une dépendance de l’état syncopal. Les vomissements sont probablement un phénomène réflexe dû à l’action du nerf auditif sur le pneumogastrique. Il pense que des troubles d’équilibre légers doivent être rapportés à l’état syncopal et au vertige et non pas directement à l'affection labyrinthique. Mais lorsque ces troubles persistent au-delà de l'attaque, liés aux bourdonnements et à la surdité, ils ne font que confirmer l'affection labyrinthique et permettent de la localiser aux canaux semi-circulaires.
Schwartze (1) a eu l’occasion d'observer un cas très
(1, Arch. f. Ohrenheïlkunde, XIE, p. 125.
ET es
intéressant de vertige de Ménière, qui prouverait en faveur de l'opinion de Knapp. Il s’agit d’un homme affecté d’une maladie pour laquelle on a dû opérer sur l'os mastoïdien et on avait blessé sans le vouloir un canal semi-circulaire horizontal.
Le malade présenta, à son réveil du sommeil chloroformique, les symptômes suivants :
Vomissements à chaque mouvement de la tête particulièrement en la redressant et un vertige violent rotatoire. Sa position ne devenait tolérable que dans la position horizontale sur le dos et ayant les yeux fermés. La cause de ces vertiges, d’après Schwartze, ne peut être attribuée qu’à l’écoulement rapide du liquide labyrinthique et à la diminution de pression intra-auriculaire, car l’endolymphe exerce une pression constante dans les mouvements uniformes et ne produit l'excitation que par ses variations de pression, correspondant aux variations du mouvement lui-même.
Les expériences de Cyon ont fait justice de cette opinion. Elles ont prouvé que l’écoulement de la périlymphe ou de l’endolymphe obtenu avec certaines précautions ne détermine pas les phénomènes de Flourens. D'ailleurs, il s’agit Ià de capillaires renfermant un liquide visqueux et les lois des mouvements des liquides ne peuvent évidemment leur être appliquées. Cyon admet que l'excitation se fait, soit au moyen des otolithes, soit par les ondes sonores, qui peuvent se transmettre à l’endolymphe, soit par l’ébranlement des cils au niveau des crêtes auditives (E. Weill, des vertiges, p. 16).
M. Vulpian (Académie des sciences 1883) a étudié