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» que demande le Roi, mon Seigneur; » elleestau lit gravement malade, comme » tu pourras t’en assurer en venant avec » moi dans sa chambre; mais je t’engage » ma foi que, dès qu'elle sera” guérie, je » l’enverrai à la Cour. » Le Héraut vit la jeune fille qui était malade et au lit, il retourna près du Roi et lui dit tout; le Roi, satisfait, attendit la fin.
La jeune malade ne guérit pas vite ; sa sœur vint à terme‘et accoucha d’un beau garçon; tout se passa bien pour le fils et pour la mère, Ariabarzane en éprouva un plaisir infini, une joie extrême, et cela d’autant plus qu’au bout de peu de jours, le bambin qui venait de naître accusa avec le Roi son père une ressemblance telle, qu'elle ne pouvait pas être plus grande.
Quand la jeune femme fut relevée de couches, sa sœur aussi se trouva guérie et redevenue belle comme auparavant; Ariabarzane les envoya toutes deux au Roi richement vêtues et bien accompagnées; il leur avait enseigné d’abord ce qu’elles avaient à dire et à faire.
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‘A leur arrivée à la Cour, un des gens d’Ariabarzane parla ainsi au Roi : « Haut
-». etpuissantSeigneur, Arkabarzane, votre
» serviteur, Vous envoie non pas une de »° ses filles, mais bien toutes les deux, et » il n’en a pas davantage; les voici.» A ces mots, le Roi, voyant la générosité et la courtoisie d’Ariabarzane, accepta etse dit, à part lui : « Je veux vaincre Aria- » barzane tout en le rendant l’homme le » plus heureux du monde.» Et, avant le départ de celui qui avait conduit les jeunes filles, il fit appeler un de ses fils, qui s'appelait Cyrus, et lui dit : « Mon fils, » Je veux que tu prennes pour femme » cette enfant qui est sœur de la mienne » et très-belle, comme tu peux le voir ».
Le jeune homme y consentit avec grand plaisir, le Roi reprit donc sa femme, organisa une fête solennelle et voulut que les noces de son fils fussent célébrées en grande pompe, avec le plus brillant appareil ; elles devaient durer huit jours.
A la nouvelle de ces événements, Ariabarzane nese reconnut pas encore vaincu; il vit que tout lui réussissait à souhait et
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il résolut d’envoyer au Roi le fils qui venait de lui naîtreet qui lui ressemblait, je l'ai dit déjà, commeune mouche à une autre mouche. Il fit donc fabriquer un berceau de très-bel ivoire, tout incrusté d’or, orné des pierres lés plus précieuses; il y fit mettre l’enfant dans des draps de soie et de brocart d’or d’une extrême fnesse, et le fit mener au Roi avec sa nourrice, accompagné d’une superbe escorte, au moment même où les noces se célébraient.
Le Roi était dans une salle magnifique, en compagnie d’un grand nombre de ses Barons. Quand celui qui avait mission de lui présenter l’enfant y fut arrivé, il fit déposer le berceau devant lui et s’agenouilla. Le Roi et tous les ‘ Barons, fort étonnés de cette action,.
prêtaient l'oreille à ce qu'allait dire le Messager. Il s’exprima en ces termes, sans lâcher le berceau : « Invincible Roi, » je viens de la part d’Ariabarzarne, mon » maître et votre vassal, baiser humble- » ment vos mains royales, et après vous » avoir rendu les hommages qui vous
sont dus, je vous offre ce présent. Ariabarzane remercie infiniment votre Hautesse, de l'extrême bienveillance qu’elle.
a bien voulu luitémoigneren daigfñant contracter alliance avec lui. Iln’a pas voulu se montrer ingrat pour tant de courtoisie et il vous envoie par mes mains le présent que voici. » En même temps, le Messager découvraitle berceau.
Aussitôt apparut le gracieux enfant, qui était bien la plus jolie créature qu’on pôt voir et qui ressemblait au Roi comme une moitié de la lune ressemble à l’autre moitié. Aussitôt chacun de dire, sans plus informer : — « Vraiment, Majesté sacrée, » cetenfantest bien le vôtre». Le Roi ne se rassasiait pas de le regarder, et il prenait à cette contemplation tant de plaisir qu’il ne disait pas un mot. L'enfant faisait des gestes gracieux, il jouait avec ses petites mains et se tournait souvent vers son père avec des petits rires charmants. Quand le Roi l’eut regardé longuement et avec grande attention, il voulut savoir du Messager ce que tout cela voulait dire; celui-ci raconta exac-
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tement l’histoire. Le Roi l’écouta'et fit appeler la Reine; quand il lui eut entendu confirmer tout le récit du Messager, il montra un extrême contentement ;' il reçut avec joie son Jeune fils et fut sur le point de se déclarer vaincu. Cependant il lui sembla qu'il s'était trop avancé pour reculer sans encourir la honteet mériter le blâme, et il résolut. d’user encore envers ÂAriabarzane de tant de courtoisie et de générosité, qu'il le surpassât décidément ou qu'il eût un motif éclatant d'en venir avec lui à une inimitié mortelle.
Le Roi avait une fille de vingt à vingt et un ans, belle et gracieuse (comme peut l'être une jeune fille royalement élevée); elle n’était pas encore mariée, et il la réservait pour la donner à quelque Roi ou à un très-grand Prince. Elle avait pour dot mille livres de: l’or le plus fin, outre les revenus de plusieurs domaines, sans compter les habits précieux .et:.les innombrables bijoux que lui avait laissés en mourant la Reine sa mere. Le Roidonc, résolu ' de vaincre Ariabarzane, forma
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le projet de le prendre pour gendre'en lui donnant sa fille. Ilest bien vrai qu'il lui semblait s'abaisser beaucoup par tant de condescendance, car c’est une grande chute pour une femme de haut lignage de prendre pour mariun homme de moins noble extraction. Il n’en est pas de même pour l’homme de haute noblesse, quand même il épouse une femme de condition inférieure à la sienne ; il ne déchoit pas de son rang pour cela. S'il appartient à une race noble et pure, il anoblit la femme qu’il prend et l'élève jusqu’à lui, quand il la choisirait dans le bas peuple; et les fils qui naissent de cette union seront aussi nobles que leur père. Mais si une femme, même de la plus noble extraction, épouse un homme d’une condition inférieure à la sienne et que son mari ne soit pas noble, les fils se rattachent à la famille de leur père et non pas à celle de leur mère; ils ne sont pas nobles : tant sont grandes l'influence et J’autorité du sexe masculin. C’est pour cela que, selon bien des sages, on peut comparer l’homme au Soleil et la femme
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à la Lune. Car nous voyons bien que la Lune n’a pas de lumière propre, qu’elle ne pourrait répandre aucun éclat, aucune clarté au. milieu des ténèbres de la nuit, si elle ne recevait la lumière du Soleil dont les rayons ardents font, en temps et lieux, resplendir les Étoiles et briller la Lune : de même, la femnie est ans la dépendance de l’homme et reçoit lui la noblesse.
Ainsi donc, il semblait au Roi qu’il avait tort de donner sa fille à Ariabarzane . et il craignait le blâme et les critiques; mais il mit de côté tout respect humain et le désir de rester vainqueur dans cette lutte de courtoisie fut plus puissant sur lui que la honte. Il fit donc dire à Aria= barzane de venir à la Cour. Celui-ci, au reçu de l’ordre du Roi, se mit en route et descendit au palais qu’il possédait dans la ville; puis aussitôt il alla saluer son Seigneur, qui lui fit un très-gracieux accueil. Le Roi ne tarda guère à lui dire:
« Ariabarzane, puisque tu n’as pas de » femme, nous voulons t'en donner une » selon notre bon plaisir ; elle est telle
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» qu’il te faudra bien t'en contenter. »
Ariabarzane répondit qu’il était prêt à faire tout ce que voudrait son souverain.
Le Roi fit à l'instant venir sa fille qui se présenta magnifiquement vêtue, et il voulut qu’Ariabarzane l’épousêt en présence de toute la Cour. Quand les noces eurent été célébrées avec les cérémonies convenables, Ariabarzane témoigna peu de plaisir de l'alliance qu’il venait de contracter et eut l’air de faire fort peu de caresses à sa jeune épouse. Tous les Barons et gentilhommes qui se trouvaient à la Cour étaient stupéfaits de la bonté de leur Roi, qui avait daigné prendre un de ses vassaux pour beau-péreetpour gendre; d’un autre côté, ils voyaient bien la froideur d’Ariabarzane et ne pouvaient se lasser de le blâmer. Ariabarzane fut tout ce jour-là extrêmement préoccupé, et
pendant que toute la Cour.était en fête,
qu’on ne faisait que danser, que le Roi lui-même présidait aux réjouissances en Phonneur des noces de sa fille, il restait absorbé dans ses pensées.
Le soir, après un repas somptueux,
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le Roi fit conduire sa fille en grande pompe au logis d’Ariabarzane; il y fit porter en même temps sa magnifiquedot. Ariabarzane accueillit sa femme fort honorablement, à l’instant même, en présence de tous les Barons et de tous les Seigneurs qui l’avaient accompagneé, il lui constitua une dot égale à ce qu’elle avait apportée, et renvoya au Roi les mille livres d’or par lui données à sa fille. Cette libéralité excessive étonna prodigieusement le Roi et le mit de plus si fort en colère, qu'il ne savait s’il devait s’avouer vaincu ou condamner son vassal à un exil perpétuel. Il trouvait qu’il était impossible de surpasser la grandeur d'âme d’Ariabarzane, et ne pouvait souffrir qu’un de ses vassaux eût la prétention de l’égaler en courtoi= sie et engénérosité. Ilse montra donc fort:
irrité, puis il réfléchit à ce qu’il devait faire en pareille occurence. On n’eut pas de peine à voir son mécontentement et sa colère, car il avait la figure renversée et ne faisait bon visage à personne. Les Rois étaient à cette époque honorés et
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respectés en Perse à l’égal des Dieux ; mais d’après une loi du pays, toutes les fois que le Roi sirritait outre mesure, il devait faire connaître les motifs de sa.
colère à ses Conseillers qui les examinaient avec le plus grand soin : s'ils les trouvaient mal fondés, ils obligeaient le Roi à se calmer; s’il leur semblait vraiment qu’il eût de justes motifs de s’irri= ter et de se mettre en colère, ils prononçaient une peine plus ou moins sévère, selon le cas, contre celui qui avait irrité leur souverain : c'était tantôt l’exil, tantôt la peine capitale. Le jugement ne pouvait pas être frappé d’appel. Le Roi avait la faculté, une fois la sentence prononcée, de diminuer la peine ou de la réduire à néant et d’absoudre le coupable ; on voyait bien ainsi que le jugement prononcé par les Conseillers n'était dicté que par la justice, et que le Roi, s’il faisait grace à quelqu’un, ne se laissait guider que par des sentiments d'humanité et de compassion.
Le Roi fut donc obligé, en vertu des.
statuts de l’État, de faire connaître à
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son Conseil les de son mécontentement. Il les exposa en détail. Les * Conseillers, après avoir entendu ses explications, envoyérent chercher Ariabarzane et voulurent lui entendre exposer, pour les examiner mûrement, les motfs de tels et tels de ses actes. Puis 1ls se mirent à discuter, à rechercher entre eux ce qu’il fallait penser de tous ces faits; enfin, après un long débat, ils décidèrent qu’Ariabarzane devait perdre la tête, pour avoir voulu non-seulement devenir légal du Roi, mais encore le surpasser, et aussi pour n’avoir pas témoigné de joie en recevant pour femme la fille de son Roi et pour ne lui avoir pas, comme il le devait, rendu grace de tant de courtoisie. Il était admis en principe chez les Perses que tout serviteur qui, en n’importe quelle circonstance, cherchaïit à vaincre et à surpasser son maître, devait être décapité, quand bien même son œuvre serait en elle-même bonne et louable, parce qu’il faut avant tout punir le mépris de la Majesté royale et la grave offense faite au Souverain. Pour justifier
ma
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mieux encore Jeur sentence, les Conseillers disaient qu’en d’autres cas semblables les Rois de Perse avaient pris la même décision, et qu'il en était fait mention dans leurs annales.
Voici le fait. Un Roiï de Perse était allé ä la campagne se divertir avec un grand nombre de ses Barons; il avait avec lui ses faucons et il se mit à les lancer sur divers oiseaux. On ne tarda pas à rencontrer un héron. Le Roi ordonna qu’un des faucons, celui qui passait pour le meilleur, parce qu’il avait un souffle puissant et qu'il montait jusqu'aux étoiles, fût lancé sur le héron. Aussitôt, le héron commença à monter dans les airs et le faucon le suivit promptement.
Mais voilà qu’à l’instant où, après bien des difficultés, le faucon s’apprétait à saisir et à coiffer (comme on dit}, le héron, un aigle apparut. Dès que le brave faucon l’aperçut, il dédaigna de combattre davantage le timide héron; il se tourna contre l'aigle, se dirigea vers lui d'un vol rapide et se mit à le poursuivre avec ardeur. L’aigle se défendait
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avec beaucoup de courage et le faucon s’efforçait de l’entraîner à terre. Enfin, le bon faucon, de ses griffes puissantes, saisit l’aigle par le cou et lui détacha la tête du corps, puis vint tomber au milieu de la suite du Roi. Tous les Barons et tous les gentilshommes qui étaient avec le Roi vantèrent chaudement cet acte de courage ; ils dirent que ce faucon était un des meilleurs du monde et lui firent les éloges que paraissait mériter sa conduite, si bien qu'il n’y avait là personne qui ne le louât extrêmement.
Le Roi, à tout ce que dirent ses Barons ou les autres, ne répondit pas un mot; il resta pensif et recueilli, et ne donna au faucon ni blâme ni louange.
Il était fort tard quand le faucon avait tué l'aigle; le Roi donna l’ordre à tout le monde de rentrer en ville. Le lendemain, il fit faire par un orfèvre une magnifique couronne d’or de forme telle qu’elle pût s'adapter à la tête du faucon.
Puis, quand le moment opportun lui parut venu, il commanda d'élever sur la place de la ville un. catafalque couvert
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de velours et d’autres ornements, comme c’est l’usage de le dresser pour un Roi.
Il y fit amener le faucon au son des trompettes et, par son ordre, un-grand Baron posa sur la tête de l’oiseau la couronne d'or pour le récompenser de sa victoire sur l'aigle. Mais aussitôt d’un autre côté se présenta le bourreau, qui retira la couronne de la tête du faucon et lui coupa le cou avec sa hache. Tous ceux qui assistaient à ce spectacle furent fort étonnés de ces alternatives, et tout le monde se mit à commenter l’événement de diverses façons. Le roi, qui se tenait à une des fenêtres du palais pour tout voir, fit faire silence, et d’une voix si haute que tous les spectateurs le purent entendre, il parla en ces termes :
«a Que personne ne prétende élever des plaintes à propos de ce qui vient de se passer pour le faucon, car tout ce qui a été fait était raisonnable. Le devoir d’un Prince magnanime est, selon ma ferme croyance, de distinguer le vice et la vertu, afin de pouvoir honorer les belles.et louables actions
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et punir les vices; celui qui ne ferait pas cela ne serait ni un Roi ni un Prince; il mériterait le nom de perfide tyran. C’est pourquoi, ayant reconnu dans le faucon qui maintenant est mort, beaucoup de courage et de bras voure unis à une grande vigueur, j'ai voulu l’honorer et le récompenser en lui décernant une couronne de l'or le plus fin ; il a valeureusement tué un aigle : tant de hardiesse et de valeur méritaient un tel prix. Mais. j'ai con-
sidéré ensuite qu’il avait eu l’audace -et la témérité d'attaquer et de tuer son
roi, et il m’a paru convenable de lui faire porter la peine d’une si grande scélératesse ; car il n’est jamais permis au serviteur de tremper les mains dans le sang de son maître. Le fauçon ayant mis à mort son roi et celui de tous les
» Oiseaux, qui pourra raisonnablement » me blâmer de lui avoir fait trancher
la tête ? Personne, en vérité, si je ne me trompe. »
Les Juges d’Ariabarzane alléguèrent
cet arrêt, quand ils prononcèrent la sen-
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tence qui le condamnait à être décapité.
Afin de s’y conformer ponctuellement, ils ordonnèrent qu’'Ariabarzane serait d’abord couronné de laurier pour sa grandeur d'âme, sa courtoisie, sa libéralité: cette récompense était due à ses belles qualités ; mais, comme il avait mis toute son émulation et tous ses soins, employé mille moyens, fait tous ses efforts pour lutter de générosité avec son Roi, et même pour le surpasser et pour paraître plus libéral et plus magnanime que lui, comme il avait de plus tenu sur son compte de mauvais propos, il devait, pour tous ces motifs, avoir la tête tranchée.
Ariabarzane, averti de la. condamnation sévère prononcé contre lui, supporta ce terrible revers de fortune avec autant de grandeur d’âme qu'il avait supporté déjà les autres coups d’un destin ennemi; il se conduisit de telle sorte et se contint si bien, qu’on ne put voir en lui aucun signe de chagrin ou de colère. Il dit seulement d’un visage calme, en présence de beaucoup de monde : « Cela seul me
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restait, dé faire largesse à mon Seigneur de ma vie et de mon propre sang. Je le ferai bien volontiers, et de telle façon que je puis mourir, le monde le verra » bien, avant de renoncer à mes habi- » tudes de libéralité. » Il fit donc appeler le Notaire et dicta son testament, comme les lois du pays le lui permettaient; il augmenta les dots de ses filles et de sa femme, et, après avoir légué ce qui lui parut convenable à ses parents et à ses amis, il laissa au Roi des bijoux très-précieux pour une somme considérable; à Cyrus, son gendre, le fils du Roi, il légua, outre une bonne somme d’argent, toutes ses armes offensives et défensives, avec tout son attirail de guerre et autant de chevaux qu’il en avait. Enfin il ordonna que si sa femme, qui pouvait être enceinte, mettait au monde un enfant mâle, ce fils à naître serait l'héritier de tous ses biens; si, au contraire, c'était une fille, elle devait recevoir la même dot que ses deux sœurs ; le reste de ce qu'il possédait serait partagé également entre elles trois. Il prit encore les dispo-