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IT — Le Sénéchal 105
sitions nécessaires pour que tous ses serviteurs fussent récompensés selon .le rang qu’ils occupaient chez lui. Tout cela fut rendu public, comme c’est l’usage en Perse, la veille du jour où Ariabarzane devait être mis à mort, et l’avis général fut que c'était l’homme le plus généreux et le plus magnanime quieût jamais existé, non-seulement en Perse, mais peut-être aussi dans les pays voisins. Sauf quelques envieux, qui avaient toujours cherché à ruiner son crédit auprès du Roi, tout le monde témoignait un vif déplaisir de le voir destiné à une si triste fin. Il n’était permis à personne, quand de pareils jugements avaient été rendus, de demander au Roi la grace du condamné.
Aussi la femme et les filles d’Ariabarzane, ses parents et ses amis vivaient dans la plus profonde tristesse et ne faisaient que pleurer nuit et jour. Le huitième jour venu {on accorde ce temps au condamné pour mettre ordre à sesaffaires), on dressa par ordre du Roi au milieu de la place une estrade toute couverte de drap noir; en face, on en éleya une seconde qu’on
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recouvrit de pourpre et d’étoffes de soie; (le Roi s’y assied, s’il le veut, au milieu des Juges, lecture est donnée de la sentence, et le Roi ordonne de sa bouche de la mettre à exécution, ou, si cela lui convient, il fait grace au condamné et le met en liberté; quand le Roi ne veut pas assister à ces cérémonies, le plus vieux des Juges reçoit ses ordres et les met aussitôt à exécution). Le Roi,qui souffrait vraiment de voir un homme si magnanime, un si loyal serviteur, son beaupère et son gendre, faire une si horrible fin, voulut ce matin-là être présent à tout, tant pour voir la contenance d’Ariabarzane que pour avoir le moyende le sauver.
Âriabarzane fut donc conduit sur l’estrade par. les Sergents de justice; il était pompeusement vêtu; on lui posa sur la tête la couronne de lauriers. Mais il fut bientôt dépouillé de ses riches vêtements et de sa couronne, et revêtu de ses habits ordinaires. Le Bourreau était là debout, attendant l’ordre de faire son suprême office ; déjà son épée tran-