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certainement couché avec Bindoccia; que. si je voulais venir ici avec mes fils, je le trouverais au lit avec elle. Nous voici, où est Niceno? où est l’homme couché avec ma fille? Tu ne peux nous montrer personne, et, en vérité, il n’y a dans.le lit aucune trace qui prouve que quelqu'un s’y soit couché, excepté de ce côté où Bindoccia s’est reposée, de telle sorte qu’on voit bien qu’elle ne s’y est pas démenée ni retournée et qu’à peine elle s’est re-
muée. Si quelqu'un avait été couché
avec elle, comme tu le disais, le lit ne
» serait pas comme cela; nous le ver-
rions tout sens dessus dessous. On sait bien que lorsqu'un amant est au lit avec sa maîtresse, ils font autre chose que dormir, et qu’ils se démènent des pieds et des mains. Vois encore ce lit de repos, et dis si personne autre que ta muette y a couché? Maintenant, qu’as-tu à dire ? »
Le malheureux cornard d’Angravalle,
tout hors de lui, ne savait s’il veillait ou s’il rêvait; la parole s'était étemnte sur ses
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lèvres et il ne pouvait seulement ouvrir la bouche. Alors la Dame se tourna vers son père et ses frères, et, tout en sanglotant, leur parla ainsi : — « Messeigneurs, » vous m'avez, pour mon malheur, ma-
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riée à cet homme, et il eût mieux valu pour moi épouser un vil marchand ou quelque ouvrier ; tout autre qu’Angravalle aurait eu quelque considération pour l’honnêteté de ma vie, pour ma naissance, pour mon éducation, pour vous-mêmes, enfin, et m'aurait traitée comme on doit traiter les femmes, en me faisant bonne compagnie et en ne me prenant pas pour une servante ou pour une esclave. Mais ce vilain chien, qui, contrairement à tous ses devoirs, .cherche à m’ôter la vie, en me couvrant de honte, ainsi que vous
et toute notre famille, a conçu, depuis
quelque temps, des soupçons sur mon compte : non pas que Jje lui aie jamais donné pour cela l’ombre d’un prétexte, mais sans doute, parce qu'il ne remplit plus auprès de moi l'office qu’il devrait raisonnablement remplir, celui
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dont s’acquittent tous les bons maris et dont la raison veut qu'ils s’acquittent. Les femmes n’épousent pas les hommes pour être tenues en servitude plus durement que les domestiques et les esclaves, mais pour être leurs compagnes, pour révérer leurs maris et pour leur obéir en tout ce qui est licite et honnête. Si le mari découvre dans sa femme quelque chose qui lui déplaise, il doit l’en avertir avec tendresse, quand il est au lit avec elle, et ne pas emboucher la trompette pour accuser, à moins d’être bien sûr d’abord qu’elle afailli. Dis-moi, vaurien que tu es, si jamais tu m’as avertie ou grondée à propos de n’importe quoi ? Quand m’as-tu jamais dit de renoncer à ceci ou à cela, de ne pas faire
‘telle ou telle chose? Je ne me souviens
pas, pour sûr, que tu m'’aies jamaisfait de reproches. Tu m'as recommandé d’aller à la messe les jours des grandes fêtes seulement, à notre paroisse et de bonne heure. T’es-tu. jamais aperçu que je taie désobéi? Mais, puisqu'il
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faut parler, je vais vous dire la vérité, Messeigneurs. Cet homme m’a pourvue
» de vêtements, et de bijoux comme il » convenait à une femme de ma condi-