‹ Nouvelles de BandelloChapitre 45 sur 63 · LIEUTENANT DE L'ILLUSTRISSIME SEIGNEUR PROSPERO COLONNA · texte numérisé non relu

LIEUTENANT DE L'ILLUSTRISSIME SEIGNEUR PROSPERO COLONNA

Fer .

ous avons, nous autres Lombards, un proverbe quenous répétons souvent, c'est que:

le Loup a beau changer de poil, il ne change pas de vice. Puisque les proverbes sont acceptés de tout le monde, il faut que, la plupart du temps, ils expriment des vérités.

Ainsi, lorsqu'on voit quelqu'un persévérer en vieillissant dans une habitude, bonne ou mauvaise, on peut être persuadé qu'il y persévérera jusqu'à la mort.

Au $ignor Cesare Fieramosca 233

L'homme de bien peut pécher sans doute et, de fait, il pèche parfois; mais, comme il n'est pas habitué au mal, avec l’aide de la miséricorde de Dieu, il s'aperçoit de son erreur et il revient dans le droit chemin. Au contraire, les scélérats pour lesquels le mal est devenu une habitude font, une fois par hasard, de bonnes et louables actions, mais ils reviennent bientôt à leur méchante vie. Cela s'explique : l’homme qui s’est accoutumé par une longue pratique à prendre une manière d’être, une habitude, ne peut plus s'en débarrasser que difficilement. La conversation roulait sur ce sujet, il y a peu de temps, dans la maison de très-noble Signor Galéaz Sforza, Seigneur de Pesaro, alors à Milan, en présence de la trèsillustre Signora Gineyra Bentivoglia, son épouse, et l’on parlait d'un vieillard qui, ayant toujours vécu avec une concubine pendant plus de vingt ans, n'avait pas voulu l’abandonner même à l'article de la mort. L’éminent Messire Paolo Taeggio, docteur ès lois, nous raconta une singulière aventure arrivée à Milan

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et qui plongea dans la plus grande stupéfaction ious ceux qui l’entendirent.

Bien certainement c'est un fait surprenant et digne de pitié; si les choses de la religion n'y étaient pas mêlées, il prêterait beaucoup à rire. Je me suis décidé à l’insérer dans mes Nouvelles, pour faire nombre, et à vous le dédier, bien sür qu’il vous étonnera, vous qui êtes, comme je m'en suis souvent aperçu par moimême, si scrupuleux en tout ce qui touche aux choses saintes. Vous voudrez bien faire que notre aimable Gian Tomaso Tucca lise aussi cette Nouvelle, qui lui rappellera celle du Rammarro, que vous avez écrite quand vous étiez, avec l’armée, sur la frontière du Ferrarais. Portez-vous bien.

LE PORCELLIO, ROMCAIN,,

s'amuse à se moquer d’un Moine auquel il se confesse.

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