‹ Nouvelles de BandelloChapitre 59 sur 63 · CRE · texte numérisé non relu

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il y a de monde, plus il crie et fait de vacarme ; il nf'accuse toujours de tout ce qui est mal, si bien qu’il est, comme on dit, un diable chez lui et un.

homme charmant pour les étrangers.

Mais, ce qui me fâche le plus, c’est que le vaurien ne couche pas avec moi trois fois par mois, comme si j'étais un morceau de marbre, ou que je fusse estropiée, ou que Jj’eusse atteint la soixantaine, moi qui n'ai pas encore vingt-trois ans, qui suis fraîche, délicate; qui, si je ne suis pas la plus belle de Milan, puis supporter la comparaison avec les autres, et qui ne manquerais certainement pas de gens pour me faire la cour, si je le voulais. Je sais combien d’amants, et des premiers de cette ville, m'ont sollicitée et poursuivie de messages et de lettres; je les ai toujours repoussés, suivant ainsi le conseil de ma mère, cette sainte créature, qui m’a bien recommandé de donner tout mon amour et toutes mes pensées à celui que je prendrais pour

» mari, comme l'excellente femme avait

IX — La Trahison du Moine 317

fait pour mon père. J’ai certainement toujours agi de même, avec l'espoir

» que mon mari finirait par renoncer à » la vilaine vie qu’il mène. Mais il va de » mal en pis, de façon que j'ai pris le

parti de penser à moi; que Dieu me pardonne, car je ne puis continuer à vivre ainsi. Si j'avais voulu me passer d'homme, je me serais faite Religieuse avec ma sœur aînée, qui

» est entrée au couvent de Sainte-Radé-

gonde. Maintenant, ma Commère, je vous ai fait ce bref discours pour avoir de vous aide et conseil, persuadée que vous ferez pour moi tout ce que vous saurez pouvoir me procurer joie et profit. » La Commère s’offrit avec

beaucoup de bonne grace. Aussitôt Caterina reprit : « Vous avez vu tout à

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