DE LA MANOEUVRE COMPOSEE OU INSTRUMENTALE
Lorsque la main seule suffit pour la terminaison de l’accoucliement, l’opération qui en résulte prend le nom de manœuvre simple; elle est composée ou même compliquée, lorsque l’accoucheur est forcé de se servir d’instrumens. Parmi ces derniers , il en est qui, simples auxiliaires de la main, n’olfensent ni les parties de la mère, ni celles de l’enfant. Quoique peu nombreux, les services qu’ils ont rendus à l’art, et à l’humanité par conséquent, sont incalculables. Ces instrumens sont le forceps, le levier, le crochet-mousse et le lac. Ils composent la manœuvre instrumentale simple.
Les autres, plus dangereux dans leur application, offensent plus ou moins profondément les parties de la mère ou celles de
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l’enfant. Leur action est essentiellement vulnérante. Ils composent la manœuvre instrumentale compliquée. Ces instrumens sont, d’une part, ceux dont on se sert pour pratiquer l’opération césarienne et celle de la symphise, et de l’autre, tous ceux qu’exige l’extraction violente d’un enfant mort. ( Pour la description des instrumens , on peut consulter les planches qui les représentent. )
De l’usage du forceps. — Le forceps ne s’applique que sur la tête de l’enfant. La forme de l’instrument, le mécanisme de son application l’indiquent assez, et ce ne serait pas sans danger qu’on se permettrait d’en faire usage pour saisir toute autre partie de la surface extérieure de l’enfant.
Les causes qui nécessitent l’application du forceps sont trèsnombreuses sans doute, on peut cependant les réduire aux suivantes : les unes dépendent de la mère, les autres appartiennent à l’enfant. Les premières tiennent d’une part à la résistance des parties extérieures de la génération , et de l’autre à l’étroitesse plus ou moins considérable de l’un ou de l’autre détroit. Les secondes résultent le plus ordinairement de la grosseur démesurée de la tête de l’enfant, auxquelles il faut ajouter l’inertie de la matrice.
Le forceps peut être appliqué sur la tête de l’enfaut descendue dans l’excavation ou retenue au détroit supérieur, que le tronc soit encore dans l’intérieur de l’utérus, ou sorti hors des parties extérieures de la génération. Son application ne doit se faire que sur les côtés de la tête de l’enfant; ce précepte est de rigueur, un seul cas fait exception, nous aurons soin de l’indiquer.
A. Application du forceps sur la tête dans l’ excavation, le tronc dans la matrice. — La tête, descendue dans l’excavation, peut s’y placer en général de quatre manières différentes. Dans le premier cas, l’occiput regarde le pubis et la face répond au sacrum ; dans le second cas, c’est l’inverse ; dans le troisième, l’occiput est à gauche et la face à droite ; le contraire a lieu dans le quatrième.
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premier cas, U occiput en dessus et la face en dessous. — La femme placée convenablement et comme pour la manœuvre simple, l’opérateur prend avec la main gauche la branche mâle ou à pivot , qu’il a préalablement trempée dans l’eau chaude et enduite d’un corps gras quelconque ; d’une autre part, la main droite, également enduite d’un corps mucilagineux, pénètre dans les parties de la génération de la mère, du côté gauche, de manière à placer deux ou trois doigts entre le col de la matrice et la tête de l’enfant. Ces précautions prises, on fait glisser le long de leur trajet la branche mâle, tenue et conduite par la main gauche , de manière â lui faire décrire une longue courbe , en portant l’extrémité introduite de champ, de devant en arrière et de haut en bas , puis un peu de bas en haut, ce qui ne peut s’exécuter sans que le manche de la cuiller ne soit d’abord très-élevé en dehors , puis insensiblement abaissé d’autant, et presque perpendiculairement entre les cuisses de la femme. {Voy. pl. i.) Par cette
manœuvre , la branche sera placée à plat, d’abord sur une partie du front, ensuite appliquée de même sur la région latérale gauche de l’enfant.
La branche mâle ainsi appliquée et maintenue invariablement par un aide , l’opérateur retirera sa main droite pour saisir la branche femelle ou à mortaise, et à la faveur des doigts de la main gauche, interposés à leur tour entre le bord interne de la matrice du côté droit et la surface correspondante de la tête, il placera cette seconde branche comme la première.
Lorsque le forceps est bien appliqué, les deux branches doivent être introduites à peu près de quatre à cinq pouces, le bouton de la branche mâle à la hauteur et dans la direction de la symphise des pubis ( voy . pl. 2), les deux branches croi-
sées en dehors et réunies par leur pivot sur lequel on fait agir la clé, on serre l’instrument avec une force moyenne d’abord et plus fortement ensuite, de manière que les manches soient en contact à leur extrémité. Les branches ainsi rapprochées, on assujettira leurs extrémités avec un ruban ou l’angle ‘d’une serviette