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due , de manière que l’angle inférieur de la plaie se trouve à trois ou quatre travers de doigt au-dessus de la région pubienne.
Cette précaution est nécessaire pour que l’instrument , dans sa marche, ne tombe pas sur la partie membraneuse des muscles du bas-ventre.
Il pourrait arriver qu’immédiatement après l’incision des tégumens, des portions d’intestins se présentassent à travers la plaie extérieure et cherchassent à s’échapper au-dehors; il faudrait à l’instant même les repousser avec beaucoup de précaution, leur lésion pouvant entraîner les inconvéniens les plus graves. C’est pour éviter un pareil accident qu’on a conseillé de faire glisser un bistouri boutonné, soit dans un sens, soit dans un autre, en soulevant les tégumens avec l’instrument, dont le tranchant se trouve alors dirigé de dedans en dehors.
L’incision des tégumens faite, et ses bords légèrement écartés, on doit apercevoir le corps même de la matrice, que l’on reconnaîtra à sa forme globuleuse, à son aspect luisant, ainsi qu’à sa rénitence; il faut pénétrer aussitôt dans son intérieur par une incision pratiquée de haut en bas dans la direction de celle des tégumens, et d’une étendue de quatre travers de doigt, suffisante par conséquent pour pouvoir extraire l’enfant. Cette incision doit être faite de manière que son angle inférieur se trouve au milieu, ou à peu près, de l’incision des tégumens. [Voj.pl. 4-)
Immédiatement après, l’opérateur, plongeant l’une des deux mains dans l’intérieur de la matrice, va chercher les pieds de l’enfant, qu’il saisit pour entraîner celui-ci au-dehors, en y mettant autant de célérité que de prudence. [Voyez pl. LXI1.)
Quoique l’enfant soit extrait à travers des parties molles , qui n’opposent que peu de résistance à sa sortie, et qu’il ne soit pas rigoureusement nécessaire de l’amener au-dehors d’une manière aussi méthodique et avec les mêmes ménagemens que lorsqu’on l’entraîne par la filière osseuse, on doit cependant user de beaucoup de précautions pour son extraction; car on ne doit pas perdre de vue que c’est surtout pour conserver la vie de l’enfant qu’on
se décide à mettre en usage une opération aussi grave, et qu’il est toujours, quelques soins que l’on prenne, dans un état de débilité à faire craindre pour ses jours.
Après l’extraction de l’enfant, ce qu’il y a de plus important pour le succès de l’opération, c’est la délivrance, qui peut être effectuée de deux manières, ou par la plaie de la matrice, ou par les voies naturelles. Le premier mode ne demande aucun précepte pour ainsi dire ; il suffit en effet d’extraire le placenta par la plaie extérieure, à l’aide du cordon, et de l’amener au-dehors sans autre précaution que celle qu’exige son passage à travers la plaie de la matrice. Mais pour obtenir un pareil avantage, il faut nécessairement que le placenta soit complètement détaché après la sortie de l’enfant; car si pour l’entraîner, il fallait faire les plus petites tractions, il vaudrait infiniment mieux le laisser dans l’intérieur de cet organe, et attendre que ses contractions l’entraînassent vers le col , pour l’extraire par cette voie. Ce dernier procédé présente un très-grand avantage, qui est de favoriser l’écoulement des fluides vers le vagin, et de les détourner ainsi de la plaie de la matrice, à travers laquelle il est toujours fort dangereux de les laisser passer.
Mais il est rare que le cordon ombilical, reporté dans la matrice après la sortie de l’enfant, puisse s’engager à travers le col, et comme dans ce cas il faudrait attendre que la masse entière du placenta y fût arrivée pour l’amener au-dehors, on a conseillé, immédiatement après la sortie de l’enfant et la section du cordon, d’engager son extrémité coupée dans le tube d’une longue sonde de gomme élastique, dont on dirige l’extrémité opposée par la plaie utérine vers l’ouverture intérieure du col : de cette manière le cordon est ramené par le vagin hors des parties extérieures de la génération, à travers lesquelles on peut alors extraire le placenta.
Quelque ingénieux que fût ce mécanisme, il laissait quelque chose à désirer, c’est que le cordon n’étant point fixé dans le tube delà sonde, il pouvait facilement s’échapper et rendre infruc—
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tueuse cette partie de l’opération. Pour prévenir cet inconvénient, nous avons imaginé d’adapter à l’extrémité de la sonde qui reçoit le bout du cordon, un anneau mobile, à l’aide duquel on peut serrer à volonté l’extrémité de la sonde, et fixer ainsi d’une manière immuable la portion du cordon qui s’y trouve engagée. {Voyez pl. LXIII. )
Nous ne devons pas passer sous silence une circonstance fort grave qui pourrait avoir lieu au moment de la division de l’utérus. En supposant en effet que le placenta se trouvât implanté à la partie interne de la matrice correspondante au lieu de l’incision de cet organe, on serait nécessairement forcé de le diviser dans une très-grande partie de son étendue, ce qui pourrait occasioner une bémorrbagie d’autant plus dangereuse, que la plus grande partie du fluide tomberait dans la propre cavité de l’utérus, et qu’une portion non moins considérable pourrait s’épancher dans le ventre.
Quelle que soit d’ailleurs la gravité de l’accident, il n’en serait pas moins nécessaire de s’occuper le plus promptement possible de la délivrance, et d’extraire à l’instant même les portions divisées du placenta par la plaie de l’utérus. Ce serait le seul moyen d’arrêter la violence de l’hémorrhagie, et de prévenir le danger qui pourrait résulter pour la mère du séjour plus ou moins prolongé des portions du placenta dans la matrice.
Lorsque la délivrance est heureusement terminée, il faut à l’instant même replacer la femme dans son lit, dans une position un peu fléchie, et lui recommander le plus parfait repos.
Quelques praticiens ont proposé d’appliquer des sutures aux bords de la plaie des tégumens, pour les maintenir rapprochés et en favoriser la cicatrisation ; mais de simples bandelettes agglutb natives ont paru préférables , et nous sommes de cet avis. Quelques compresses mollement placées sur la plaie , et un bandage de corps très-peu serré, composent tout l’appareil. En effet, si l’opération doit avoir du succès, la matrice, en revenant sur ellemême, fait bientôt disparaître la trace de l’incision qui a été pra-
tiquée pour extraire l’enfant, et la cicatrisation de la plaie extérieure n’éprouvant aucun obstacle pour se consolider, la femme peut être parfaitement guérie au bout de quelques jours.
Tel est le procédé des anciens dans l’opération qui nous occupe, procédé assez généralement employé, même par les modernes, mais dont les graves inconvéniens ont dit engager les praticiens à lui en substituer d’autres. On ne peut ignorer en effet que dans le procédé des anciens , les muscles de l’abdomen sont divisés dans des directions différentes, et que le muscle transverse (lombo-abdominal) en particulier ne le soit en travers, ce qui peut nuire à la facilité de la cicatrisation de la plaie extérieure. De plus , on n’est pas toujours dans la possibilité , dans le procédé des anciens, d’éviter l’artère épigastrique ou quelques-unes de ses grandes divisions , de même que l’artère utérine et les annexes de la matrice. Le placenta lui-même, qui se trouve souvent implanté sur les parties latérales de cet organe, peut être également intéressé dans une étendue plus ou moins considérable de sa masse, et par là donner lieu à une hémorrhagie des plus alarmantes. Enfin, le lieu même sur lequel on opère peut n’avoir pas toujours l’étendue suffisante, en raison de la difformité quelquefois trèsprononcée de la personne soumise à l’opération.
Tels sont les inconvéniens, nous dirons même les accidens, qui peuvent accompagner l’opération césarienne dans le procédé des anciens, qui lui ont fait préférer d’inciser l’abdomen le long de la ligne blanche. Ce mode d’opérer porte généralement le nom de procédé de Baudeloque.
Procédé de Baudeloque.
L’incision des muscles du bas-ventre, dans l’opération césarienne, a toujours été considérée par les praticiens comme une circonstance grave. Des inflammations violentes, une cicatrisation
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interminable, la crainte à chaque instant renouvelée de voir des portions d’intestins s’échapper au-dehors, en sont en effet des suites très-ordinaires. Ce sont surtout ces dernières raisons qui engagèrent Baudeloque à proposer de faire l’incision abdominale le long de la ligne blanche. Dans ce procédé, en effet, la partie charnue des muscles du bas-ventre n’est point intéressée ; on évite également, parce dernier procédé, tous les autres inconvéniens que nous avons signalés plus haut; mais, d’une autre part, il présente aussi des désavantages assez remarquables, que nous ferons connaître plus bas , après en avoir décrit le manuel.
Dans ce procédé , on incise les parois abdominales le long de la ligne blanche, dans une étendue semblable à celle de l’incision sur le côté. Cette incision commence à deux ou trois travers de doigt au-dessus de l’ombilic, qu’il faut respecter , en passant à côté, et on la termine à trois travers de doigt au-dessus des pubis. De cette manière la presque totalité de la ligne blanche se trouve divisée et permet qu’on puisse apercevoir le globe utérin, sur lequel on pratique une incision parfaitement conforme à celle dont il a été question dans le procédé des anciens. Les autres particularités de l’opération sont en tout semblables à ce que nous avons dit plus haut, et nous ne les répéterons pas.
Ce procédé, tel que nous venons de le décrire, est plus simple sans doute que le précédent, puisqu’on évite tous les inconvéniens que nous avons signalés dans le procédé des anciens; mais il en présente aussi quelques-uns que nous devons faire connaître , tels que la longueur et l’extrême difficulté de la cicatrisation, ce qui expose les femmes à des hernies d’autant plus difficiles à faire disparaître, et même à maintenir, que les parois abdominales n’opposent aucune résistance à leur formation : d’une autre part, si les femmes déjà opérées deviennent encore enceintes, elles sont exposées à de nouvelles hernies dont le volume peut être porté à un degré extrême , ainsi qu’à tous les accidens provoqués par la présence de ces dernières.
Il nous reste à dire un mot du procédé de Lauvergeat, qui pré-
sente, comme le précédent., des avantages mêlés d’inconvéniens , mais qui eu diffère beaucoup sous le rapport du lieu et de la direction de l’incision extérieure.
Procédé de Lauvergeat.
Cet habile praticien, frappé des graves inconvéniens qu’entraînait la division perpendiculaire des fibres du muscle transverse (lombo-abdominal) , et de la difficulté qui en résultait pour la cicatrisation de la plaie extérieure à la suite de l’opération césarienne par le procédé des anciens, imagina de faire l’incision des muscles du bas-ventre en travers , au lieu de la pratiquer en long. Dans cette manière d’opérer, en effet, les fibres du muscle transverse sont à peine intéressées; on les écarte plutôt qu’on ne les coupe; et il est certain que si l’opération est couronnée de succès, la cicatrisation de la plaie extérieure, favorisée par la position fléchie de la malade, se fait avec la plus grande facilité.
Mais ce procédé, d’une autre part, présente de si grands désavantages, qu’il a été à peu près abandonné par les praticiens, qui lui préfèrent généralement l’un ou l’autre des deux procédés précédons. Il présente en effet cela de remarquable , que c’est précisément quand l’opération faite à l’aide de ce procédé doit être couronnée de succès, qu’il faudrait peut-être le rejeter; car c’est alors que l’incision delà matrice se trouvant subitement ramenée au-dessous de celle des tégumens, par suite du prompt retour de cet organe sur lui— même, il est évident qu’une partie des lochies doit incontestablement s’épancher dans le ventre , et y devenir la cause des accidens les plus graves. {V oyez pi. LXIV.)
Il résulte de ces diverses considérations, que des trois manières de pratiquer l’hystérotomie, c’est le procédé des anciens qui présente le plus d’inconvéniens, quoiqu’il soit peut-être le plus facile à pratiquer, et qu’il offre aussi le grand avantage de per-
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mettre une issue facile aux lochies, qui s’échappent quelquefois par la plaie de la matrice ; que le procédé de Baudeloque semble mériter la préférence sur les deux autres, quoique le seul qui soit accompagné de suites aussi fâcheuses : nous voulons parler du défaut de cicatrisation et de la formation inévitable des hernies. Quant au procédé de Lauvergeat, ses avantages ne sont point assez compensés par les inconvéniens dont il est trop souvent accompagné, et nous pensons qu’on doit à peu près le bannir de la pratique.
M. Baudeloque neveu a proposé dans ces derniers temps un nouveau procédé qui mérite de fixer l’attention des praticiens. L’espace nous manque pour le faire connaître. (V~oyez le Bulletin de la Société médicale d’émulation, année 1823.)
Des opérations qui se pratiquent sur l’enfant mort.
Avant de passer à l’exposition des différentes opérations que l’on pratique sur l’enfant mort, nous croyons devoir faire connaître les signes à l’aide desquels on peut constater qu’il n’existe plus. Sa mort peut dater déjà de quelques jours, ou bien n’avoir lieu qu’au moment même du travail. Bans le premier cas , l’enfant est assez ordinairement dans un état de dépérissement ou même de décomposition plus ou moins avancée , selon la nature des causes qui dnt provoqué sa mort. Dans le second cas, au contraire, il est toujours intact, d’une force et d’une grosseur d’un enfant à terme. Les causes de sa mort, dans le premier cas, sont trèsvariées, et on ne peut pas toujours en déterminer la nature particulière. Il n’en est pas de même du second cas, dans lequel la longueur du travail, la force et l’énergie des contractions de la matrice peuvent être considérées comme les seules et véritables causes de la mort de l’enfant.
Voici ce qu’on observe le plus ordinairement dans le premier
cas : la femme, qui jusque-là avait senti très-distinctement les mouvemens de son enfant, s’aperçoit qu’ils s’affaiblissent toujours de plus en plus, et qu’enfin ils ne se manifestent plus. Le ventre alors devient lourd, affaissé et comme onduleux; la femme sent une pesanteur incommode et comme une espèce de boule qui roule dans son ventre, et qui se précipite toujours du côté vers lequel elle s’incline. Les mamelles s’affaissent et se flétrissent; la tète devient embarrassée; les yeux sont ternes et mourans, assez souvent entourés d’un cercle bleuâtre; le nez s’effile, les lèvres se décolorent, et une pâleur générale se répand sur toute la figure ; la boucbe devient pâteuse et amère; l’appétit se perd et les digestions se pervertissent; les urines sont troubles et bourbeuses; un dévoiement colliquatif se manifeste assez fréquemment; la femme paraît triste et rêveuse, et le sommeil est souvent interrompu par des rêves fatigans ; quelquefois un ictère plus ou moins prononcé se fait remarquer sur quelques parties isolées de son extérieur.
Enfin, dans une pareille circonstance, on voit très-souvent les membranes se rompre sans que la femme s’en aperçoive, et le cordon flétri, mou, sans pulsations, s’échapper alors, soit dans le vagin, soit à travers les parties extérieures de la génération, accompagné de la sortie d’une quantité plus ou moins considérable d’eaux, tantôt claires, tantôt bourbeuses , jaunâtres, etc. Si on touche la femme dans ce moment, on sent la tête molle, flexible, et les os du crâne chevauchant facilement les uns sur les autres.
Lorsque la mort de l’enfant n’a lieu que pendant le cours du travail, il est plus difficile de le constater, parce qu’alors la cessation de la vie ne se fait pas subitement, mais d’une manière lente au contraire , au point qu’il y a déjà long-temps que l’enfant est mort, que la femme croit encore sentir ses mouvemens. Mais pour l’accoucheur, l’enfant est mort, lorsque, dans le cours d’un travail très-énergique, les douleurs, au lieu d’augmenter en intensité, s’affaiblissent au contraire; que la femme perd ses forces et se décourage; que le ventre s’affaisse visiblement; que le cuir
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chevelu de l’enfant, qui était dur, tuméfié, très-résistant, devient flasque et mollasse, et glisse sur les surfaces osseuses comme s’il en était détaché.
Tels sont les divers signes à l’aide desquels on peut reconnaître que l’enfant est mort, soit pendant le travail, soit long-temps avant son invasion. Voyons maintenant quelles sont les opérations que l’on doit pratiquer pour l’extraire, dans l’un et l’autre cas.
I. Lorsque la tête se présente et que, de tous les moyens ordinaires mis en usage pour l’entraîner dans l’excavation, aucun n’a pu y parvenir, soit à cause de son volume, soit à cause de l’étroitesse du bassin, il faut se décider à ouvrir le crâne et à vider la plus grande partie de la niasse cérébrale. Cette opération porte le nom d’ 'encéphalotomie. Voici la manière d’y procéder : La femme placée convenablement, on introduit un perce-crâne quelconque, à l’aide duquel on divise une partie du cuir chevelu, dans la direction d’une suture ou sur le lieu même d’une des fontanelles. Cette première incision faite , on retire l’instrument et l’on porte à sa place les ciseaux de Smellie , que l’on introduit profondément dans le crâne de l’enfant. En les écartant alors et en les promenant en tous sens , on agrandit l’ouverture , à travers laquelle s’échappe la plus grande partie de la masse cérébrale. ( Voyez pl. LXV,^. i et 2.)
Quoique la tête, ainsi diminuée par la sortie du cerveau, pût s’engager facilement à travers la filière osseuse, il est rare que, dans ce cas, on laisse à la matrice le soin de se débarrasser du produit de la conception; les inconvéniens qui pourraient en résulter ne permettent pas d’abandonner l’accouchement aux seuls efforts de la nature, et il est plus prudent, au contraire, de n’en confier la terminaison qu’aux moyens de l’art.
Nous ne conseillerions cependant pas, dans cette circonstance, de se servir du forceps ordinaire pour extraire l’enfant; car la tête ayant nécessairement perdu de sa grosseur et de sa résistance , l’instrument pourrait, en s’échappant brusquement, offenser,
déchirer même plus ou moins profondément les parties de la mère.
Parmi les moyens indiqués en pareil cas, on pourrait d’abord se servir d’un tire-tête quelconque, à l’aide duquel on réussirait peut-être à entraîner la tête. {Voy. pl. LXVI , Jig. i.) Mais ne serait-il pas à craindre que, dans une pareille manœuvre, les os du crâne de l’enfant, déjà en partie brisés, en cédant trop facilement à l’action du tire-tête, ne rendissent infructueuses les tentatives de l’opérateur ; c’est pourquoi quelques praticiens conseillent d’appliquer de préférence un crochet aigu, que l’on porte d’abord assez profondément dans l’intérieur de la matrice, et qu’en le retirant ensuite , on applique sur la tête de l’enfant , dans laquelle on tâche de l’introduire, afin de la fixer et de pouvoir ensuite entraîner l’enfant au dehors.
Quelque avantageux cependant que soit ce procédé, on ne peut se dissimuler ses dangers ; il est fort à craindre en effet que dans les tractions quelquefois très— violentes que l’on est obligé défaire pour entraîner l’enfant, le crochet ne mette en lambeaux la partie de la tête sur laquelle il est appliqué , et que dans sa sortie brusque et inattendue , il ne déchire profondément les parties de la mère.
Le forceps-crochet, imité de Smellie, et auquel nous avons fait subir plusieurs corrections importantes, nous paraît préférable sous tous les rapports. Son application se fait comme celle d’un forceps ordinaire-, on peut avec cet instrument exercer sur la tête de l’enfant les tractions les plus violentes , et l’on ne craint point qu’il puisse l’abandonner -, en supposant même que cet accident arrivât , les parties de la mère ne courraient aucuns risques , car les crochets étant placés en dedans des cuillers , ne peuvent en aucune manière ni les déchirer ni même les contondre ( oy. pl. LXVI , fig. 2.)
IL Lorsque la mort de l’enfant a été occasionée par quelquesunes des causes d’affaiblissement dont nous avons fait mention plus haut, et qu’il y a chez lui un commencement de décomposi-
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tion , on observe qu’il se fait ordinairement un épanchement plus ou moins abondant, soit dans la tête, soit dans la cavité abdominale , qui acquièrent alors un volume très-considérable quand , par une sorte de contraste , toutes les autres parties du même individu sont au contraire très-grêles et comme dans une sorte de dépérissement.
Il est aussi d’observation que ces parties , que leur poids entraîne vers l’ouverture pelvienne , sont aussi celles que l’on retrouve le plus ordinairement vers le détroit supérieur , qu’elles ne peuvent franchir à cause de leur volume excessif. L’indication , dans l’un et l’autre cas , n’est point embarrassante; on peut même avancer que ces sortes d’accouchemens sont extrêmement faciles , aussitôt que l’obstacle qui s’opposait à leur terminaison a été enlevé ; il suffit pour cela de donner issue au fluide épanché , par une ouverture pratiquée à l’aide d’un instrument piquant quelconque.
Ainsi lorsque le ventre se présente, et après en avoir constaté la présence , on plonge , avec les précautions convenables , un trois-quarts à travers. [V~oy.pl. LXVII,/^. i.) Le liquide épanché s’écoule à l’instant même , et les parties s’affaissent complètement : on peut alors aller chercher les pieds et terminer l’accouchement sans difficulté.
Mais si l’enfant était hydrocéphale , et que la grosseur de la tête fût telle qu’elle dépassât de beaucoup l’ouverture pelvienne , à travers laquelle il faut cependant qu’elle s’échappe , il ne faudrait point hésiter à donner issue au liquide épanché , soit à l’aide d’un trois-quarts plongé à travers le tissu des parties , soit avec l’un des perce-crânes dont il a été fait mention plus haut. L’opération , dans ce cas , ne présente aucune difficulté ; il suffit de porter la pointe de l’instrument dont on a fait choix à travers l’intervalle très-agrandi d’une suture quelconque , et de pénétrer ainsi profondément dans le crâne de l’enfant, pour en voir à l’instant même sortir une grande quantité de fluide. Le crâne s’affaisse aussitôt , et l’accouchement ne tarde pas à se terminer.
11 faudrait se comporter de la même manière , en supposant qu’on eût été obligé d’aller chercher les pieds , et que la tête , arrêtée au détroit supérieur, fit éprouver des obstacles invincibles pour sa sortie. Il n’est peut-être pas aussi facile , dans ce dernier cas, de placer l’extrémité de son instrument juste dans l’intervalle d’une suture; mais le peu de résistance des os du crâne fait disparaître toute inquiétude à cet égard, et on peut être à peu près certain qu’on finira toujours par pénétrer dans l’intérieur du crâne , et qu’on obtiendra l’évacuation du fluide qui s’y trouve accumulé. oy.pl. LXVII , fig. i. )
III. Il pourrait arriver que des personnes imprudentes , en tirant avec une violence extrême sur les pieds de l’enfant , pour l’amener au dehors , parvinssent à séparer le tronc de la tête et laissassent cette dernière dans l’intérieur de la matrice. Le cas est grave , tant par l’effroi qu’il jette parmi les assistans , que par la difficulté de saisir la tête et d’en faire l’extraction, après sa séparation du tronc.
Si la tête ainsi séparée restait mobile dans l’intérieur' de la matrice , il ne serait pas toujours prudent de vouloir à l’instant même mettre en usage tous les moyens possibles pour en débarrasser la matrice. Souvent l’action seule de cette dernière , en la plaçant favorablement à travers le détroit , parvient à l’expulser heureusement hors des parties extérieures de la génération. Mais une pareille terminaison est extrêmement rare , et par cela même que c’est par des tractions très-violentes que la tête a été séparée du tronc, il en résulte que cette dernière est le plus ordinairement fixée et même en partie engagée à travers le détroit supérieur, le trou occipital dirigé vers les parties extérieures de la génération. Cette dernière circonstance est heureuse, en cela que, permettant l’introduction facile d'un tiretête quelconque dans l’intérieur du crâne de l’enfant , elle offre les moyens de l’entraîner dans l’excavation et par suite hors de la vulve ; mais tous les tire-têtes, et même celui que nous avons fait dessiner {V'oy. pl. LXVI1I , jig. i. ) , ont un grand inconvé-
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nient dans leur application , c’est cl’entraîner et de faire céder les os du crâne de l’enfant, par la nécessité où l’on est d’exercer des tractions quelquefois très-fortes , pour amener la tête ; et du moment où cet accident a lieu, il n’est plus possible d’y remédier , il faut renoncer à ce moyen. Nous ne conseillons donc de l’employer que lorsqu’on a à peu près la certitude d’extraire la tête, sans être obligé de faire des efforts trop considérables, ou bien lorsqu’on manque desinstrumens nécessairespour y suppléer.
C’est dans une circonstance semblable , et par les mêmes motifs , que l’on conseille de se servir d’un petit bâton cl’un pouce et demi de long, au milieu duquel on attache une corde assez longue et assez forte pour remplir l’objet qu’on se propose. On introduit dans le crâne , par le trou occipital , l’une des extrémités du petit bâton , jusqu’à ce que la totalité soit parvenue dans le crâne ; de lui-même , il se place de champ ; on fait alors les tractions nécessaires pour entraîner la tête : mais ce moyen , ainsi que le précédent , ne peuvent convenir que lorsque le trou occipital est dirigé convenablement*, dans le cas contraire , étant parfaitement inutiles, il faut avoir recours aux crochets.
On peut d’abord se servir d’un simple crochet, que l’on introduit sans autre précaution que celle de l’appliquer sur une partie quelconque de la tête de l’enfant. Mais nous avons déjà signalé les graves inconvéniens de l’application d’un simple crochet, et c’est pour les éviter que nous conseillons de se servir de préférence de notre forceps à double crochet, qui met la mère à l’abri de tout accident, et qui présente des avantages qu’aucun autre ne peut offrir.
La tête saisie convenablement , on l’entraîne sans difficulté , quelle que soit sa résistance. ( Voy. pl. LXVIII , fig. 2. )