‹ Nouvelles démonstrations d'accouchemensChapitre 38 sur 55 · PL. 3X · texte numérisé non relu

PL. 3X

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D’ACCOUCHEMENS

plus long-temps dans son lit, plutôt que de l’exposer à éprouver des accidens, en lui permettant de se lever trop tôt.

Lorsqu’enlin on n’a plus rien à redouter, on commence par faire mettre la femme sur ses genoux , en la soutenant sous les épaules. Le lendemain , ou plus tard, on lui fait poser les pieds à terre, sans chercher à la faire marcher et en la soutenant debout sous les aisselles. On pourra juger de cette manière jusqu’à quel point la consolidation des parties s’est faite, et en supposant qu’elle le fut réellement, essayer alors de faire faire quelques pas à la femme. Elle doit commencer par traîner les pieds l’un après l’autre, et ce n’est que lorsqu’elle se sent forte et assurée sur ses jambes, qu’elle peut marcher à la manière ordinaire.

Mais il y a encore loin de la marche de la chambre à celle de la rue. Dans la première, en effet, les mouvemens alternatifs de l’une et de l’autre jambe se font sans aucune secousse; dans la dernière, au contraire, la progression est inégale et on n’est pas toujours maître d’en affaiblir les inconvéniens. On ne permettra donc à la femme opérée de sortir de son appartement et de s’exposer à marcher dans la rue , que lorsqu’elle se sera long-temps exercée à marcher dans sa chambre , quoiqu’il soit très-difficile cependant , quelques précautions que l’on prenne , d’éviter un peu de claudication et même une incontinence d’urine , qui sont d’ailleurs de faibles accidens pour une opération aussi considérable.

De V hystérotomie ou opération césarienne .

Parmi les moyens employés pour la terminaison contre nature des accouchemens, l’opération césarienne, dont nous allons traiter ici, tient une place à part. Nous ne parlons pas précisément du danger attaché à son exécution , l’opération de la symphyse pouvant en présenter d’aussi graves quelquefois, nous voulons faire entendre seulement que , comme mode de terminaison ,

l’opération césarienne n’a, avec les autres ressources de l’art, aucune espèce d’analogie, puisqu’on ne doit la mettre en usage que dans le cas où toute issue par la filière osseuse est interdite à l’enfant.

Comme toutes les opérations qui peuvent être accompagnées de grands accidens, comme tous les moyens extrêmes, l’opération césarienne a éprouvé de grandes vicissitudes. Tour-à-tour employée sans mesure, abandonnée ensuite, proscrite même à cause de ses dangers, elle est aujourd’hui considérée comme elle aurait toujours du l’être, c’est-à-dire comme un moyen violent, comme une opération très-dangereuse sans doute, mais comme dernière et unique ressource qui reste à l’art pour sauver la mère et l’enfant d’une mort certaine. Employée avec discernement, et lorsque la femme peut encore en supporter les chances redoutables, elle peut être couronnée d’un grand succès, et devenir alors le triomphe le plus éclatant que l’art puisse remporter sur la nature impuissante.

Cette opération ne doit être pratiquée que lorsque le bassin a moins de deux pouces et demi de devant en arrière, dimension très-rare d’ailleurs, et qui doit rassurer les personnes effrayées des dangers attachés à son exécution; mais puisqu’il est avéré que, dans le cas d’opération césarienne, l’enfant ne peut être extrait par la filière du bassin, il faut bien lui pratiquer une autre voie. Trois procédés se présentent pour arriver à ce but; le procédé des anciens, celui de Baudeloque et celui de Lauvergeat.

De ces trois procédés, le premier est le plus généralement employé, et cependant ce n’est pas celui qui présente le moins d’inconvéniens; nous les ferons connaître plus bas. Occupons-nous d’abord d’en décrire le manuel.

La femme étant placée sur le bord de son lit, et légèrement inclinée vers le côté opposé à l’opérateur, celui-ci, armé d’un bistouri ordinaire , mais à manche solide, fait dans la direction du muscle droit (costo-pubien), et à un pouce de son bord externe, une incision longitudinale de sept à huit travers de doigt d’éten-

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