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nière est en effet assez ordinairement annoncée par des coliques assez vives, qui indiquent que la matrice, en revenant sur ellemême, cherche à se débarrasser du placenta et des membranes.
Pour exciter ces coliques, quand elles ne se manifestent pas, il est bon de faire quelques frictions sur le bas-ventre. Ce moyen simple et facile suffit ordinairement pour réveiller l’action de la matrice, dont on reconnaît la présence, dans ce cas, à la hauteur de la région ombilicale ; c’est le moment d’essayer quelques tractions sur le cordon pour entraîner le placenta au dehors.
Pour y parvenir , on entoure le doigt indicateur de la main gauche de quelques circulaires du cordon ; pendant que l’indicateur de la main droite , glissant le long du cordon , est introduit jusqu’à l’entrée de la matrice , pour s’assurer de la présence du placenta : tirant alors sur le cordon, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre , on parvient sans peine à entraîner la totalité du placenta dans le vagin et à l’amener au dehors ; mais avant de l’extraire entièrement, il est bon de le contourner plusieurs fois sur lui-même , pour tordre par ce moyen les membranes , qui ne sont pas ainsi exposées à se déchirer et par conséquent à laisser dans la matrice des débris plus ou moins considérables, qui pourraient devenir des causes de plusieurs accidens. ( J^oy. pl. LXIX,j£g\ 1 et 2. )
Il arrive quelquefois que le délivre , par son volume , ne peut sortir et s’arrête à l’orifice : alors, tandis qu’on fait faire , d’une part , des frictions sur la région hypogastrique , et que l’on tire d’une main légèrement sur le cordon , on introduit deux autres doigts de la main opposée jusqu’au placenta, que l’on entraîne en enfonçant, s’il le faut, un doigt dans sa propre substance en forme de crochet.
On se comporterait de la même manière , si, par une circonstance quelconque , on avoit eu le malheur de rompre le cordon ombilical assez près du corps même du placenta. ( Voy. pl. LXX ,
fis- 1-)
B. De la délivrance avant terme. La délivrance avant terme
doit être considérée sous trois points de vue différens : i° pendant les trois premiers mois de la grossesse ; 2° pendant les trois mois suivans; 3° pendant une partie des trois derniers mois.
Pendant les trois premiers mois , la délivrance ne peut être soumise qu’à des règles générales. Voici ce qui arrive le plus ordinairement dans les fausses couches de cette époque , relativement à la sortie du délivre. Une même douleur expulse trèssouvent le produit de la conception et le petit placenta qui l’accompagne : quelquefois cependant le produit est expulsé isolément et le placenta vient ensuite ; mais souvent ce dernier se fait attendre plusieurs jours, un mois et même davantage. Le plus prudent dans ces différentes circonstances est d’attendre tout de la nature, qui finit tôt ou tard par se débarrasser de ce corps étranger.
Dans les trois mois du milieu de la grossesse , la délivrance diffère peu de ce que nous venons d’exposer; mais, comme dans le courant du cinquième et surtout du sixième mois , le fœtus a acquis un certain volume et le placenta beaucoup de développement, le col est forcé de s’entr’ouvrir d’une manière assez considérable pour laisser passer l’enfant. Il en résulte que si, dans cette circonstance , le placenta ne suit immédiatement le produit de la conception, on doit, autant que possible, ménager et conserver le petit cordon ombilical qui tient encore au placenta , pour s’en servir à extraire ce dernier , dans le cas où il serait complètement détaché de la face interne de la matrice. Dans le cas contraire. , et si le col restait entr’ouvert , on pourrait aller saisir le tout ou partie du placenta avec la pince à faux germe , en agissant d’ailleurs avec la plus grande prudence dans ce dernier cas. ( Voy.pl. LXXI,
flS- 2- )
Quant à la délivrance dans les trois derniers mois de la grossesse , elle diffère si peu de ce que nous avons exposé plus haut pour la délivrance à terme, que nous croyons superflu d’entrer dans de nouveaux détails à ce sujet.