‹ Nouvelles élévations poétiquesChapitre 11 sur 28 · A L'INSPIRATRICE · texte numérisé non relu

A L'INSPIRATRICE

Enfin, voici ton corps, tes mains qui me répondent, Voici la coupe chaude et blanche de tes seins Où l'azur et le sang-, dans le lait, se confondent," L'amphore de tes flancs, l'arc tendu de tes reins !

Voici tes bras, parmi les plis de ta chair ample, Pareils à deux serpents soudainement jaillis. Et tes jambes, piliers qui soutiennent un temple Où la rose triomphe et s'entoure de lys !

La jeunesse et l'amour t'ont formée, ô statue, Pour être Fornement suprême de mes jours. Toi seule sais donner à mon âme abattue L'ivresse qu'elle cherche et qui la fuit toujours.

Je voudrais modeler d'après toi mes poèmes Et que ton souffle inspire et soulève leurs vers. Ainsi, pleins de ta force, ils verraient en eux-mêmes L'humanité s'unir enfin à l'univers.

De ces strophes, déjà, j'ai compté la mesure Sur ton épaule nue, avec des doigts discrets. Tandis que mon esprit écoutait la nature Manifester en toi son ordre et ses secrets.

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