LA SYMPATHIE DES JUSTES
d'une atroce ang-oisse, son esprit défaillait au dedans de lui (v. 4).
Ils ne l'ont pas entouré quand on semait de pièges son chemin (v. 4).
Ils ne l'ont pas entouré quand il était seul, sans asile^ sans un être humain qui s'enquît de lui (v. 5).
Ils ne l'ont pas entouré quand, dans l'extrémité de sa faiblesse, il était livré en proie à ses persécuteurs plus forts que lui, quand il criait à Dieu : « Tire-moi de la prison où ils m'ont jeté » (v. 7).
Non. Aussi longtemps qu'il était honni et haï^ aussi long-temps qu'il était un vaincu, ils l'ont laissé seul, ils ne l'ont pas entouré.
Mais dès que le secours lui sera venu d'ailleurs, et que Dieu sera visiblement de son côté, et que la justice de sa cause aura éclaté; dès que tous ces braves gens ne risqueront plus, en se prononçant pour lui, de compromettre leur cause à eux, leur parti, leur bon renom, leur avenir politique, ah! de quel cœur ils le féliciteront, avec quelle chaleur ils lui tendront les deux mains, avec quelle joie émue ils s'empresseront autour de lui !
Cela s'est vu. Gela se verra encore. En ce jour-là, ô justes, le malheureux auquel l'Eternel
aura fait du bien pourra compter sur votre assistance. Ses yeux s'éclaireront tout de suite au rayonnement de aj-os bons visag-es; car vous ne consentirez pas à rester en arrière ; c'est au tout premier rang que l'on vous trouvera pour l'accueillir; et il ne faudra pas trop s'étonner si votre exubérance relègue un peu dans l'ombre et semble presque accuser de froideur les quelques-uns qui avaient partagé de leur mieux son opprobre et sa douleur; peut-être leur joie à eux est-elle trop profonde, peut-être a-t-elle traversé une trop vive et trop longue souffrance, pour pouvoir s'associer à de bruyantes manifestations.
Justes, entourez donc le condamné que l'Eternel a justifié, l'affligé qu'il a consolé; vous faites bien.. Il n'y a dans le langage du psalmiste pas la plus petite goutte d'amertume, pas la plus légère trace d'ironie. Il attendait, pour ce moment-là, le retour de A'^otre faveur; d'avance il était reconnaissant de l'avoir retrouvée; vous avez raison de lui faire fête.
Mais voulez-vous vraiment attendre jusque-là?
N'êtes-vous pas tentés de descendre plutôt dans la nuit où quelque infortuné se débat contre le mensonge et l'iniquité , et de vous tenir à ses côtés à l'iieure même où la foule est ameutée encore contre lui?