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UN IDÉAL DE VIE ^'ATIONALE

auquel doit tendre TEtat qu'ils constituent, ce qu'ils doivent demander et attendre des hommes auxquels ils confient le soin de faire leurs lois et d'être Jes arbitres des actes de leurs gouvernements.

« Je chanterai, s'écrie le Psalmiste, la bonté et la justice. » Que vaudrait un idéal qui ne serait pas dig-ne d'être chanté ? Chanter, c'est contempler d'abord, c'est se laisser ravir par l'objet ainsi placé devant le reg-ard de l'âme, c'est s'unir à lui dans un mouvement d'allég-resse, l'acclamer dans [son cœur, puis, le cœur trop plein ne pouvant se taire, le célébrer à voix haute. Voilà ce qu'est le chant, voilà ce qu'il devrait être.

On a quelque peine à se représenter la Chambre des députés inaug-urant par un hymne ses séances ou ses sessions, même par un hymne d'où le mot Dieu serait rigoureusement exclu, par un cantique où nos représentants se consacreraient d'un mouvement, unanime au bien public, à l'œuvre de justice et de bonté. L'idée fait sourire — sourire triste au fond. Et certes je ne réclame aucune innovation de ce genre. Je ne demande pas de liturgie, même toute laïque, ni de musique. Ces chants, nous les avons, dans un sens; on peut les lire périodiquement affichés sur

nos murs en temps d'élection. Qu'advient-il de tous ces programmes, de toutes ces promesses ? On serait rassuré, n'est-ce pas, si l'on savait qu'un bon nombre de candidats, une fois élus, s'eng-agent dans le secret de leur cœur comme le faisait le Psalmiste, ou arrêtent des résolutions pareilles à celles-ci : « Maintenant que je suis membre du Parlement, je suis saisi du désir profond de m'acquitter loj^alement, diligemment, consciencieusement de la tâche que j'ai entreprise Je connais les responsabilités de la situation et ses tentations multiples. D'autre part, je vois la très grande somme de bien qu'un seul individu peut accomplir. Que Dieu me préserve des pièges qui peuvent m'entourer, qu'il me garde de céder aux mobiles tout personnels, à l'intérêt propre ou à la passion, au préjugé, à l'ambition ; qu'il élargisse mon cœur de telle façon que je sente les douleurs des déshérités, la misérable condition des coupables et des ignorants; qu'il éclaire mon intelligence, de sorte que j e puisse être un champion capable et résolu pour ceux qui réclament et qui méritent l'aide d'un ami*. »

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