PREFACE
M™^ Colette compte parmi les écrivains les plus originaux de ces dernières années, on peut même ajouter que dans la lignée des femmes romancières elle est la première qui, au début de ce siècle, ait apporté au roman un élément nouveau en y introduisant une vision réellement féminine des choses.
Il est en effet à remarquer dans le passé, quà part la Princesse de Clèves, de M^^ de Lafayette, tous les romans des écrivains féminins ne se difércncient guère par leur caractère des productions masculines. Ainsi les romans de M™^ de Staël [et de George Sand, virils de style et de pensée, eussent pu aussi bien avoir été écrits par des hommes : on ny découvre aucune vue essentiellement féminine, aucun éclaircissement significatif et profond sur l'âme de la femme.
Cette remarque ne s'applique pas aux épistolières comme A/'"*" de Sévigtié, M^^^' de Lespinasse, M""^ du Deffand et nombre d'autres de grand talent. L'aptitude à la correspondance est une qualité très répandue chez les femmes. C'est un art qui leur est plus facilement accessible car il ne comporte ni discipline dans les idées ni \