‹ Nouvelles et fantaisies humoristiquesChapitre 45 sur 92 · I.K HKVI'^.UKM) .ION Mil \N · texte numérisé non relu

I.K HKVI'^.UKM) .ION Mil \N

moiinil avvc. Ada, mêlant, dans un lant^Mgc plein d'ardour ltildiqii(\ les iManrcmonls de ranionr divin aux enivrements des iteautés de la n;iture. Parfois les d('ii\ jeunes ^'ens s'arrêtaient pour cueillir deux marguerites et ils les elïeuillaient d'un air distrait.

Tous les matins les deux fiances inuiilaieiil à clieval. Jonallian témoigna le désir de les accompagner, et au grand étonnement de tous il se montra excellent cavalier, téinùrairc môme. Il s'excusait presipie d'un talent si peu en rappoi-t avec son état, en disant qu'il était devenu Ibrcément cavalier dans ses longs voyages. C'est ainsi que peu à peu, avec une admiration de plus en plus vive, .\da découvrait dans le jeune ministre de nouveaux talents, des supériorités inédites, qui la faisaient rêver des heures entières au point d'oublier jusqu'à son fiancé.

Jonathan, de .son côté, n'était plus le même. Avec Ada, il passait vingt fois en un jour aux sentiments les plus contraires. Lorsqu'il la tenait seule, il avait pour elle des regards et des paroles qu'un amant seul peut trouver. Lewis venait-il à paraître, tout était pour Lewis, et Ada ne recueillait plus que des regards hostiles, des paroles dédaigneuses, amères. Kt, cho.se inexplicable, avec Lewis Jonathan se montrait aussi alfectueux dans le tête-à-létc que cassant cl froid dès qu'Ada venait se mettre en tiers.

Ada, que le trouble de son cœur ne rendait <jue trop clairvoyante, fut la première à s'apercevoir qu'une puissance secrète commençait à peser sur sa destinée. Lewis, sans se rendre compte de ce (pii se passait, prenait instinctivement parti contre Ada pour Jonathan, dont l'inlliience l'attirait de plus en plus, comme si l'image de sa fiancée eùl pâli de tout

LE RévÉRE>"D JONATHA>'

l'éclat des qualités de son ami. Mais l'idée que cet ami put le trahir ne lui serait jamais venu.

Quoi qu'il en fût, une fête préparée depuis longtemps, et où Jonathan devait remplir le principal rôle, vint fort à propos faire diversion au malaise qui de jour en jour oppressait davantage ces trois jeunes cœurs. Il s'agissait d'un \< thé puhlic », thé moral et théolo.^ique , pourrait-on dire , qui devait se donner dans le parc de sir William, et où Jonathan prononcerait un SLTmon dont le sujet annoncé était « La Concupiscence ». Depuis plusieurs jours la Chronique de Jersey, \e Jersey Express et tous les autres journaux, publiaient l'annonce suivante :

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