‹ Nouvelles et fantaisies humoristiquesChapitre 47 sur 92 · I.K KhîVt'.KKM) JON V1IIA · texte numérisé non relu

I.K KhîVt'.KKM) JON V1IIA

pharmaciens et niairliaiuls île lahac de l'île. Seulement le texte lie l'annonce était entouré de ces mots, répétés assez de fois pour former un cadre tout autour du texte :

HOLLOWAV l'ILLS, constipation I PILULES D'ilOLLOWAY, coliques I HOLLOWAV IMLLS, rocnons !

l'ILLLLS D'ilOLLOWAY, irrégulahitks I

et ainsi de suite. Kn Angleterre l'annonce no perd jamais ses droits.

Le grand jour arrivé, Ada, secondée par ses six amies et par une légion de domestiques, fit dresser, sur une immense table placée au milieu de la pelouse, un couvert splendide où, suivant les lois du comfort anglais, quatorze ou quinze ustensiles entouraient chaque assiette. Lesjamhons, les pâtés, les pyramides de sandwiches, les gâteaux, les tartes, les bonbons, les fruits, baignaient littéralement dans les fleurs. Une chaire ornée de feuillage était dis[)osée à l'ombre d'un vieux cliône, aïeul vénérable de tous les arbres du parc.

Bientôt le roulement des premières voitures annonça l'arrivée des voisins. A leur suite, et de plus en plus nombreux, des véhicules de toute .sorte, depuis le panier ju.squ'ù l'omnibus, se succédèrent sans interruption, jusqu'à ce qu'enfin trois cars des « .\lliance Livery stables » vinssent mettre à terre une cargaison de quatre-vingt-dix personnes, sans compter un photographe qui mit immédiatement son appareil en batterie, tandis qu'un icelolale.r et un membre de la Société biblique, pareils à ces i)aiilinsà ressort qui marchent dès qu'on les pose à terre, se mirent à circuler à travers la foule d'un pas automaticpie, distribuant ou fourrant dans la

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poche des gens, l'un, ses prospectus de tempérance, l'autre, de petits écrits bleus, roses ou verts.

On allait servir le thé et l'on invitait déjà les dames à s'asseoir, lorsque les sons d'une formidable fanfare éclatèrent à l'entrée de l'avenue, et un cortège indescriptible, après avoir fait trois fois le tour de la pelouse, alla se ranger à droite de la table.

En tête marchaient quatre musiciens aussi mal vêtus que possible, jouant de l'accordéon, de la trompette, de la grosse caisse et du flageolet. Ils posèrent chacun un trépied qu'ils avaient sur le dos, et ouvrant d'un grand sérieux des cahiers de musique, ils firent le simulacre d'accorder leurs instruments, puis entonnèrent l'air de Madame Angot :

Forte en gueule, Pas bégueule, etc.

Pendant ce temps, défila le cortège. D'abord, deux hommes, à l'aide de deux énormes perches , tenaient tendue une immense bande de calicot bleu, blanc et rouge, sur laquelle étaient écrits ces mots en lettres colossales :

CONTINENCE AND MRGI^ITY PRESERVATION SOCIETY

Après eux , porté par quatre individus en habits noirs râpés et pleins d'accrocs, paraissait un énorme porc confectionné en drap jaunâtre bourré de varech desséché, et qui figurait « l'Incontinence». Sa queue, formée à l'intérieur d'un fil de fer élastique, ajoutait par ses frétillements ridicules à l'impression de mépris que la vue de l'animal postiche faisait naître sur tout le parcours du cortège.

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