‹ Nouvelles et fantaisies humoristiquesChapitre 72 sur 92 · IN CAIT.IIF.MAK DANS I.A VIK HI'-F.M.E · texte numérisé non relu

IN CAIT.IIF.MAK DANS I.A VIK HI'-F.M.E

rien :ip|uirter. Noliv srjdiir à C-aiilercIs s';ir!iev;i ainsi, et nous continuâmes noire toui' des I'} renées sans avoir rien de nouveau.

Nous coMiincncions à oiddier celle alTaire lorsqu'un malin, à Luchon, descendant l'escalier de l'Iiotel, je me trouvai face à face avec le procureur du roi d'OrlIiez. Nous nous recoumnncs et mon premier mol fut :

— Eh bien, l'assassinai ?

— Il n'y a pas eu d'assassinat, me répondil-il. .leuKî suis, comme je vous l'avais dit, Iransjiorh' immédiatement sur les lieux avec le juj,M' d'instruction. Les traces de san/j;, le désordre de la maison et les ivponses conli-adicloircs de ces gens, nous ont d'abord fait croire à un crime. Mais ils n'ont pas tardé à parler, et voici ce qui était arrivé :

Le grand paysan que vous avez vu est moit dans la nuit d'une bémorrbagie interne, lendant à (lots le sang par le nez. Cela a commencé lorsque la servante est venue appeler sa maîtresse, ([ui est descendue cherclier des chiiïons pour tamponner les narines du malad(^ Celui-ci n'a pas voulu (ju'on vous demandât du secours, prétendant que pareille chose lui était arrivée souvent. Il venait de s'évanouir an uininent où vous avez frappé avec votre canne, et l'aubergiste, que sa femme a envoyé auprès de vous, le croyait mort lorsqu'il est descendu: c'est un brave homme un peu faible d'esprit et qui n'aurait pas voulu pour un empire vous laisser connaître qu'il y avait un mort dans la maison : de là le trouble où vous l'avez vu. Le malade s'est remis de son évanouissement ; vous êtes montés dans vos chambres ; une heure environ après, l'hémorrhagie s'est manifestée par- la bouche, et il est mort après avoir râlé ainsi que ces dames l'ont cnlendu. C'est alors que la femme de l'aubergiste est descendue pour pren-

cire un linceul et un bénitier. Elle a dit à son mari qu'il fallait aller prévenir les fils du mort qui habitent la commune voisine. Il y est allé, ils sont revenus avec lui et, pour éviter d'avoir à payer les droits de transport du corps, droits fort élevés comme vous savez, ils ont enlevé clandestinement le cadavre, l'ont emporté dans leur maison, et ont déclaré le décès comme ayant eu lieu dans leur commune.

— Et que leur avez-vous fait ?

— Rien. Je les avais poursuivis pour déclaration irrégulière de décès : le tribunal les a acquittés.

— Pourquoi ?

— Parce qu'il n'a pas reconnu qu'il y eût eu de leur part intention coupable.

— Ma foi, dis-jc, le tribunal a eu raison.

— Un tribunal a toujours raison, me dit le procureur du roi en souriant. Et nous nous saluâmes.

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