I.K J.VUDIN l»K FEU
enllamniôe, celle musique, ces rires, les odeurs et les paifunis, m'élourtlissent et m'enivrent.
A force de respirer ces souilles brûlants et ces haleines embaumées, je sens que le poison me ^agno. A force de passer et de repasser devant mes yeux, de me frôler, de me pousser, de se jeter devant moi, la tentation et l'exemple finissent par égarer mes sens. C'est une marée montante de volupté : elle me saisit, me soulève; j'ai perdu pied, je flotte, je dérive, je ne sais plus ce que je fais...
... Je l'ai suivie. Lui ai-je parlé? Je n'en sais rien. Je marche à côté d'elle. Elle sourit comme pour m'intcrroger. Elle se dirige vers la sortie. Enfin elle s'arrête et me fait face :
— Ah çà, dites donc, mon cher...
Elle n'achève pas : un jeune homme assez mal mis arrive en courant et s'arrête essoufllé :
— Sapristi, .4mélia, j'ai manqué le train, hein ? Elle me désigne du doigt au jeune homme :
— Je ne sais pas trop : demande à monsieur.
— Monsieur ? me dit-il, et il tourne .ses deux mains vers la femme, qui me regarde en souriant de plus belle...
Un orage commence à gronder. Je marche au hasard, je coupe à travers les ma.ssifs des Champs-Elysées. J'arrive au coin de l'avenue Gabriel. Au moment où je traverse la chaussée, une voiture découverte passe à fond de train, et à la lueur d'un éclair je les reconnais, elle et lui : ils sont •'Uibrassés.
Je m'enfonce en hâtant le pas dans le dédale des rues silencieuses.
Me voilà chez moi I Je m'assieds, je mets ma tête dans mes mains, et je pense à toutes ces âmes aiîolées que j'ai vues tourbillonner devant moi dans l'ivresse de la vie...