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lous les raffiiHMnents de la voluplù ; celle-ci, en robe courte, simple, (oui unie, campée sur ses reins, la gorge en avant, haute en ciuileur, passe de l'air délibéré d'un fort de la Halle en quêle d'ouvrage : elle sait ce qu'elle vaut. Sur ce banc, une Espagnole, avec sa manlille et son œillet rouge, joue langoureusement de l'éventail et balance son petit pied chaussé de jaune et de noir; et dans l'ombre d'un bosquet, épiant la proie et flairant l'or, un vampire et un succube se tiennent la main et semblent se dire à l'oreille d'aiïrcux secrets.
Mais non I dans tout cela il n'y a de vrai que l'illusion et le mensonge : derrière ces visions filles de la fièvre des sens, lorsque seront tombés les oripeauv avec les voiles, quelle qu'ait été sa parure, nous ne trouverons plus que le vice froid et nu...
... On dirait, en vérité, que cette musique d'enfer est conduite par le diable en personne ! Lisent-ils donc dans les cœurs, pour changer ainsi de note à point nommé et pour rompre le cours des idées par des sensations toujours nouvelles ?
Il est di\ heures : maintenant des troupes d'hommes commencent à défiler devant nous ; elles alllucnt, elles se pressent, elles se poussent, et peu à peu l'allée circulaire commence à se remplir. L'orchestre, accélérant sa mesure, éclate, entraînant tout ce monde, âmes et corps, dans son rhythme furieux : les pieds battent la mesure, on marche malgré soi, on suit. Comme un tourbillon près de se former, le flot des promeneurs oscille, incertain de sa direction ; des groupes s'unissent et se dispersent tour à tour; on se lève,
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on s'assied, on se quille, on se prend, et enfin un double courant s'élablit, où, dans quelque sens qu'on marche, on ne peut avancer sans rencontrer à chaque pas une femme nouvelle : à droite, à gauche, devant, derrière, elles sont partout. Elles ne vous parlent pas, elles vous regardent à peine : passant et repassant vingt fois sous vos yeux, elles vous obsèdent, voilà tout.
Elles tournent, tournent, tournent I... Et voici maintenant que moi-même, à force de les regarder, je sens le vertige qui me saisit, me met debout et me contraint à marcher. Je me jette dans le torrent.
Il est onze heures. Les regards s'aiguisent; les rougeurs du sang qui s'échauffe commencent à marbrer les joues ; les voix s'élèvent avec l'accent métallique et saccadé de l'ivresse; de minute en minute se forment des couples nouveaux, et les paroles qu'ils murmurent passent comme une rumeur sombre à travers les éclats de rire. Le moment est décisif, l'heure approche, le désir affamé ne se contraint plus et montre les dents. Les narines s'ouvrent, les gorges et les poitrines se soulèvent en aspirations plus profondes, les flancs qui brûlent battent à coups précipités.
Maintenant l'orchestre déchaîné mugit comme un ouragan.
Deux ou trois groupes de misérables, payés on ne sait pourquoi, esquissent, pour l'honneur des principes et des traditions seulement, une danse infâme dont ils n'achèvent pas les traits. Pressés en cercle autour d'eux, des étrangers dévorent des yeux ce .spectacle philosophique, et la police, qui surveille, rit de leur consternation et de leur candeur.
Et moi je commence à perdre la tête. Cette atmosphère