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instant, dans \o monde, unp fomme reniot à nn liomnio de sa connaissance une soucoupe ou un verre à moitié rempli, qu'il donne à son tour au premier domestique qui passe avec son plateau; cet acte confère-t-il au cavalier servant le droit d'achever le sorbet ou l'orgeat confié à sa courtoisie ? part<mt, le général Rœderer eut-il tort ou raison en avalant le verre de kirsch-wasser? Quant au plaisir qu'il dut y prendre, nous ne le mettons pas en question. Cette petite dînette est fort agréable, surtout lorsqu'on savoure les miettes d'une jolie femme ayant des dents de perle, comme les avait madame Uosalia. Quoi qu'il en soit, tandis que le général Rœderer, fmnc buveur, militaire aimable, dégustait la liqueur parfumée par les lèvres de sa belle partner, le bruit d'un verre qui éclata attira tous les regards... C'était le comte de C... qui venait d'en briser un entre ses dents. Voilà de fières dents, mais aussi voilà un amant bien emporté et bien imprudent. En pareil cas, on s'ùte le verre de la bouche et l'on se mord les lèvres. Cela ne fait point de bruit et ne compromet pas la femme aimée. Le manque de savoir-vivre de M. de C... eut les conséquences les plus fatiUes. A ce symptôme un peu trop signilicatif, le mari de Rosalia vit tomber le bandeau (jui lui couvrait les yeux et devina l'amour du comte; plusieurs scènes fort pathétiques eurent lieu entre les époux, suivies bientôt d'une provocation arlressée à l'amant. Rosalia, prévenue du duel qui allait avoir lieu, se jeta aux genoux du roi, qui
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fut réellement bon prince en cette circonstance, car il réconcilia la femme avec le mari, et chargea ce dernier d'une mission pour la France, afin de séparer les deux adversaires. Mais voyez comme les meilleures intentions ont parfois un résultat funeste ! Le convoi dont faisaient partie Rosalia et son mari fut attaqué par les guérillas, et celui-ci tué sous les yeux de sa femme. Quelle catastrophe pour un verre cassé ! Quelle femme, après un tel enseignement, osera se permettre une seule goutte de kirsch-wasser?
Après rhistoire de l'infortunée Rosalia, madame la comtesse Merlin, pendant presque toute la dernière partie du troisième volume, consacre sa plume élégante à divers épisodes de la guerre d'Espagne qui éclatait alors dans toute son héroïque férocité, et avec ses alternatives de triomphes et de défaites pour les deux partis. Les' sièges de Badajoz et de Ciudad-Rodrigo parles Anglais, la bataille des Arapiles, les fortunes inconstantes de la cour de Joseph, forcé à plusieurs reprises de quitter sa capitale, les horreurs du sac de Saragosse, inspiraient tour à tour l'aimable créole, et par moment la distrayaient de cette préoccupation du vrai qui domine par-dessus tout dans la première partie de ses mémoires. Mais ces pages, qui parfois semblent écrites avec du sang, tant y abondent les convois attaqués, les prisonniers égorgés, les moines fanatiques, les guérillas implacables, répondent-elles bien exactement au titre de l'ouvrage ? Les récits, dont plu-
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sieurs pourraient être revendiqués [)ar la noire laiitaisie d'un romancier moyen âge, ne sont-ils pas un contraste étrange avec le doux regard et l'angélique sourire que l'imagination du lecteur aime à placer sur les traits de l'historienne, conformément au portrait qu'elle trace d'elle-même ? D'ailleurs, manquent-ils les documents sur cette guerre funeste et à jamais déplorable? N'avonsnous pas l'Histoire du général Foy et les Mémoires de l'abbé de Pradt? Les Espagnols ne comptent-ils pas parmi les annalistes de cette époque Ceballos Guerra, Almenara, LLorente, Escoiquitz, les annotations de Muriel à l'histoire de W. CoxC;, l'Histoire de la guerre de l'indépendance, publiée par ordre du roi Ferdinand, enfin les Mémoires du prince de la Paix dont, pour mes péchés, je vous parlerai un de ces jours, le plus tard possible si vous le trouvez bon, car c'est un nauséabond calice à avaler? Au milieu de tous ces historiens, le plus souvent ennemis et contradictoires, hommes d'État ou hommes de guerre, bourgeois ou moine, évêque mondain ou capucin fanatique, madame la comtesse. Merlin ne craint-elle pas un peu de voir compromis, par les chocs d'une mêlée sans galanterie ni quartier, les fleurs et les rubans d'une toilette qui serait mieux à sa place sur la causeuse d'un salon ou dans une loge aux Italiens? Et nous, ne gagnerionsnous pas au change si, au lieu de nous parler de Wellington et du duc de Uaguse, du général Lefebvre et de ce terrible Palafox,de qui la réponse à toute sommation de capituler
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était celle-ci : Guerre au couteau ! si, au lieu de sonner à chaque instant le boute-selle avec les hussards d'avaiitgarde ou de tirailler avec les voltigeurs contre les guérilleros, madame la comtesse amollissant en des intonations plus douces sa voix si belle et si justement admirée, nous initiait, ainsi que dans les premiers volumes, aux petits secrets de sa vie de femme aimable, aimante et aimée ? Oui, dût la confidence finir par un mécompte, comme finit l'aventure de la Casa del campo, ou revêtir le voile d'une allégorie plus ambiguë que l'histoire de Rosalia, je préférerais le désappointement d'une curiosité excitée sans être satisfaite, à l'ennui que me causent toutes ces prouesses militaires dans une bouche qui doit savoir de si délicieuses paroles ! Que Palafox rugisse son cri d'armes : Guerre au couteau ! je n'ai point de couteau, et c'est la paix que je veux. Je me soucie fort peu aujourd'hui de la bataille de Salamanque ; mais je serais ravi d'apprendre quelle robe portait en ce moment-là madame Merlin, quels rubans ornaient ses cheveux, quelles senteurs parfumaient son mouchoir ; j'aimerais fort lire au calendrier de la belle Mercedes le nom de son martyr de ce jour, et s'il avait pour supplice un verre à mâcher comme le comte de C..., ou, à l'imitation du capitaine Garcia, un gros nègre ronflant; enfin, rien ne manquerait à ma joie, si j'étais certain qu'à l'heure fixe, évoquée par mon imagination, madame la comtesse était dans un de ces instants splendides et inénan-ables où, selon ses pro-
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près expressions, elle se sent de la vie comme quatre ! Dans le quatrième volume de ses mémoires, madame la comtesse Merlin ne dit pas un mot d'elle-même, et raconte l'histoire de la religieuse Piédal. Vous n'exigerez pas sans doute que je vous parle de cette religieuse ; j'espère que vous partagez mon goût, et que la séduisante Mercedes seule vous intéresse; inclinons-nous donc une seconde fois devant elle, et disons-lui un adieu respectueux jusqu'au jour où, comme elle le fait espérer, elle donnera une suite à ses mémoires qui s'arrêtent à son arrivée en France. J'ai d'ailleurs d'excellentes raisons pour finir : d'abord l'oiseau de proie dont je vous ai parlé, et qui, planté devant moi, l'œil tixé sur ma plume, attend sa pâture; puis il me faut maintenant penser à autre chose et faire provision de philosophie, car, selon toute apparence, on me siffle ce soir.
MADAME MELAME WALDOK i.
Si je ne craignais de ni'attirer un reproche de fatuité,, péché que je n'ai nul droit de commettre, je me comparerais en ce moment à un papillon. Comme vous savez, le papillon voltige de fleur en fleur ; c'est là son état d'après tous les poètes anacréontiques; moi, je voltige aussi depuis quelque temps dans le parterre embaumé de la littérature fénrîinine, avec quel regret de ma légèreté forcée, avec quel désir de laisser mes ailes à quelque rose, je n'ose vous le dire ! Naguère je quittais le genêt d'Espagne, des Souvenirs d'une créole, pour l'hortensia parisien du spirituel auteur du Lorgnon, et aujourd'hui voici qu'une nouvelle fleur m'appelle ; que dis-je, une fleur ? c'est bouquet qu'il fallait écrire. Les Pages de la vie intime forment en effet une gerbe et non une tige ; elles exhalent les parfums variés d'un sachet, et non la senteur monotone d'une feuille unique ; elles renferment
' A propos (les Images de la vie intime.
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quatre nouvelles au lieu d'un roman, quatre bonlieurs pour un! Afin de n'en rien perdre, savourons-les ces bonheurs l'un après l'autre, délions cette gerbe odorante, et respirons tour à tour l'œillet et le jasmin, la violette et la tubéreuse ; confondus, leurs parfums seraient trop enivrants, pour moi du moins ; je crains pour ma tète.
Voici d'abord Clara, une Rose blanche : il est beaucoup question de roses blanches dans Clara. Cette suave jeune tille, orpheline à la tleur de l'âge, avait une amie en France et un oncle eu Amérique. Cet oncle, assez bon homme, à cela près qu'il fumait beaucoup et jurait de même, fit venir sa nièce près de lui, mais Clara pleurait en regrettaYît la France. «Est-ce qu'il te manque quelque chose, lui demanda son oncle ; ne fais-tu pas quatre bons repas, et plus si tu veux ? » Je suis tout à fait de l'avis de l'oncle : quatre bons repas et plus me semblent incompatibles avec les larmes ; mademoiselle Clara devait opter, ce me semble, entre l'appétit et la désolation ; je ne saurais être fort ému d'un désespoir qui se meta table quatre fois par jour, et quelquefois plus ; ce plus surtout me désenchante tout à fait. Quoi qu'il en soit, mademoiselle Clara, trouvant que son oncle ne la comprenait pas, prit pour amies deux négresses, la mère et la fille : Malika et Alida. Celle-ci avait aimé un Eric dont je ne vous dirai rien. Lorsque Clara, lassée des quatre repas qu'elle faisait chez son oncle, partit pour revenir en France, Alida lui doiniauiipeiroqui tqui savait dir<; : Ericalidamalikaclara.
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Si ce mot vous paraît un peu étrange, même pour un perroquet, décomposez-le, et vous serez ému de la tendre intelligence de l'animal qui Tavait appris. En France, Clara ne retrouva plus son amie qui était morte, mais à sa place elle rencontra son frère Henri. Le jeune homme et la jeune fille commencèrent alors des pèlerinages fort touchants au tombeau de leur sœur et amie : la première fois, en sortant du cimetière, ils firent danser un singe, la seconde fois, M. Henri embrassa mademoiselle Clara, ce qui dut beaucoup consoler la défunte. Je commençais à être un peu inquiet de ce qui arriverait à la troisième visite ; fort heureusement pour la vertu et la rose blanche, M. Henri était un jeune homme inconstant, et qui s'ennuyait d'une passion avant l'époque où d'ordinaire les plus roués deviennent volages. Voilà donc mademoiselle Clara abandonnée de son amant et réduite à l'attachement de son perroquet qui a beau lui répéter du matin au soir : Ericalidamalikaclara, la jeune fille est aussi inconsolable que Calypso. Sur ce, l'oncle d'Amérique meurt, ce qui est le plus beau trait que puisse faire un oncle d'Amérique. En apprenant que mademoiselle Clara est devenue millionnaire, M. Henri se ravise et se renflamme ; mais la jeune héritière aime mieux se laisser consumer de chagrin que de pardonner à l'ingrat. A l'heure qu'il est elle est morte et enterrée, et je ferais volontiers à sa tombe un de ces pèlerinages à deux, dont elle avait le goût de son vi\ant; seulement, si à la porte
du cimetière je rencontrais un singe, je ne le ferais pas danser.
La Pauvre Famille, qui suit la Rose blanche, est Tannonce portée à son dernier degré de perfectionnement. Dans une intention dont on ne saurait trop louer la gracieuse bienfaisance, madame Mélanie Waldor a voulu que sa célébrité fit la fortune de sa bouquetière dont elle donne l'adresse que voici : rue Gastiglione, sous les arcades, à gauche, n" 7. Certainement ce soir, en allant aux Tuileries, je rendrai une visite à cette bouquetière, si bien protégée, mais c'est là tout ce que je peux faire pour elle. Acheter une tleur, très-volontiers; mais vous raconter une histoire lamentable qui traîne ses guenilles de la rue «le la Mortellerie à la Préfecture de police, et du Montde-piété à Saint-Lazare, c'est ce que je ne ferai pas, et j'espère que vous m'en saurez gré. Je ne suis pas philanthrope le moins du monde, laissons donc cette attendrissante historiette toute bourrée de soupes à domicile, toute nippée de hardes du bureau de bienfaisance, pour passer à la tleur numéro trois, étiquetée la Maison rouge.
— Conducteur, n'y aurait-il pas une place sur l'impériale? — Vous voyez que nous sommes dans une diligence. J'admets à la rignenr le lieu de la scène; quoique usé, il est i)ittoresque et propice aux combinaisons romanesques ; mais quelle fantaisie, grand Dieu ! a enc madame Mèlanie Waidor de choisir, parmi les trois ou quatre
compartiments de la voiture, la rotonde ! Si son héroïne était une nourrice, si son héros était un marchand de peaux de blaireau, je concevrais la rotonde comme théâtre naturel de leur entrevue sentimentale, mais dès qu'il s'agissait d'une femme distinguée comme madame de Tourville, d'un jeune homme élégant comme M. Ernest, le coupé devenait de rigueur. A moins que madame Waldor n'ait fait quelque voyage en rotonde et n'ait été entraînée par la magie du souvenir, je ne comprends rien à son choix. Toutefois, caprice de l'esprit ou mémoire du cœur, puisque l'aimable auteur nous a fait monter dans la rotonde, résignons-nous aux deux grosses paysannes qui dorment sur le devant et prêtons l'oreille à la conversation du monsieur et de la dame qui occupent la banquette du fond, assis le plus loin possible l'un de l'autre. Ce point capital -est expliqué à plusieurs reprises, et cela était nécessaire ; le coupé est si traître parfois ! que doit être la rotonde? Le voyage ayant commencé avec la nuit, M. Ernest, le respectueux voyageur, attend le jour avec impatience, afin de contempler lestraits de sa voisine. Il lui adresse à ce sujet les compliments les mieux tournés et les plus imprudents, car il se trouve engagé dans une admiration anticipée qui deviendrait une affreuse impolitesse au moindre refroidissement. Le jour venu : « Vous avez des yeux de Madeleine. » dit le jeune homme à la dame.
Où diantre le spirituel voyageur va-t-il chercher ce com-
pliment-là?Si jo conipronds bien cotto jolie expression, des yeux de Madeleine signifient des yeux qui ont pleuré et qui, par conséquent, sont quelque peu rouges? Or, quelle femme a jamais consenti a avoir les yeux rouges^ puis, ce nom de Madeleine est assez maladroitement évoqué à propos d'une belle étrangère à qui l'on veut plaire ; Madeleine pécheresse ! ce serait une impertinence ; Madeleine pénitente ! ce serait deux impertinences, le repentir vieillissant le péché. Décidément c'est une gentillesse de coiffeur ; et pourtant voyez l'indulgence du cœur des femmes, si l'on en croit madame \Valdor : la nuit suivante, madame de Tourville, comme si elle eût voulu justifier la comparaison saugrenue dont elle avait été l'objet, commença à laisser tomber sa tète sur l'épaule d'Ernest; heureusement celui-ci était le plus respectueux de tous les héros de roman qui aient jamais fréquenté les rotondes de diligence. Sous le front involontairement provoquant qui la pressait, son épaule conserva l'impassibilité d'un coussin, et lui-même chercha contre le panneau de la Noiture un appui pour reposer. « Nous avons dormi sous la même tente, » dit le jeune homme en se réveillant le lendemain, et la dame se prit aussitôt d'une grande passion pour uu cavalier qui sommeillait d'une manière si honnête et si convenable. J'ignorais que la qualité de dormeur fût une aussi excellente recommandation auprès des femmes, mais l'aimable auteur doit se <ounaitre à reci mieux que moi; je m'en lapporte dcnr
Mi.
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à son opinion. Cependant, cette diligence où l'on dort si bien ne peut pas toujours rouler; à la fin elle arrive à Strasbourg où madame de Tourville a une tante, et où M. Ernest cherche une vieille femme qu'il doit épouser; il se trouve que la vieille femme n'est autre que la tante de la jolie voyageuse, et voici cette ridicule personne qui surprend sa nièce et M. Ernest en tête-à-tête, dînant ensemble le plus gentiment du monde dans la même chambre, de même qu'ils ont dormi sous la même tente : deux époux ne feraient pas mieux. A cette vue, la tante déshérite sa nièce et de plus elle la maudit; alors M. Ernest prend sa vieille future au collet et la jette du haut de l'escalier en bas; un quart d'heure après, cette pauvre femme était morte d'apoplexie, à ce qu'assure madame Waldor. Ah! madame, je crains bien que votre partialité pour M. Ernest ne vous entraîne, et que vous n'ayez trouvé cette apoplexie pour atténuer une action fort vilaine à mon sens. Il ne faut jeter personne du haut do l'escalier en bas, pas même les vieilles femmes ridicules; et surtout, lorsqu'on leur a cassé le cou, il ne faut pas venir dire qu'elles sont mortes d'apoplexie, c'est ajouter la calomnie au meurtre. Madame Rayiial mourant d'un coup de sang et d'un escalier dégringolé, rappelle cette autre victime morte d'amour et d'une fluxion de poitrine. Une chose qui me paraît presque aussi odieuse que la brutalité de M. Ernest, c'est qu'il épouse madame de Tourville sans attendre seulement la fin du deuil, el que, par
C(^ mariage, il hérite sans vergogne de cette infortunée (lame Ray n al.
Hérile-t-on ! grands dieux ! de ceux qu'on assassine?
Que f;'.isait le procureur du roi de Strasbourg?
La verve de raiinable auteur des Scène.<f de la vie l'yiiimc semble s'être plu dans cette Maison rouge jusqu'à s'y fatiguer un peu. La quatrième nouvelle, intitulée Scènes du monde, m'a involontairement rappelé le quatrième écuyer de Malborough.qui, à l'enterrement de son maître, marchait les mains vides à côté de ses confrères chargés des honneurs funéraires. J'ai cependant appris différentes choses en lisant cette dernière nouvelle : d'abord que mesdames de Céré-Barbé et Victoire Babois tiennent le sceptre de la poésie. J'ai donc à demander très-humblement pardon à ces dames d'avoir cru, jusqu'à ce jour, que MM. de Lamartine et Victor Hugo portaient ce sceptre chacun par un bout. Les deux poètes sont trop galants sans doute pour ne pas recoiuiaître les droits souverains de ces dames, et, de leur côté, les deux nouvelles reines trouveront bien dans leur boudoir quelque quenouille de consolation à envoyer aux Hercules détrônés. Une chose encore que j'ignorais à ma honte et que je sais maintenant, c'est la gloire éblouissante de mesdames Dupin, Eugénie Foa, Hermance Lesguillon, Aimée Harollc et une foule d'autres étoiles de premier ordre, visi-
bles, à ce qu'il paraît, dansun journal qui abeaucoupd'abonnés au Grot'land; parmi toutes ces illustrations féminines dont je ne me doutais pas, il est un nom qui brille par son absence, quoique l'aimable auteur ait fait mystérieusement le tour de la femme virile qui le porte, en brandissant un des ces encensoirs vides d'encens qui sous prétexte d'adoration mutilent le nez aux statues. Heureusement pour lui, George Sand est haut placé dans sa niche, et le bras de madame Mélanie Waldor est trop bien fait pour être très-long.