‹ Nouvelles études critiques et biographiquesChapitre 22 sur 43 · EMPIRE OTTOMAN · texte numérisé non relu

EMPIRE OTTOMAN

Mai 18ar>.

L'autre jour, le 29 mai, il y a eu quatre cents ans que Mahomet II a emporté d'assaut la capitale de l'empire d'Orient, en passant sur le corps du dernier Constantin, et qu'une horde de harhares, ennemis mortels de la civilisation et du christianisme, est venue planter ses tentes et son drapeau sur le plus heau lieu de l'Europe et peutêtre du monde. Ils y sont depuis quatre cents ans, tels qu'ils y étaient le premier jour; on dirait, selon le mot d'un grand écrivain, que Mahomet II est entré hier dans la Grèce. Ils y resteront toujours ainsi, inaltérés et inaltérables, jusqu'au jour où ils en seront chassés. Jusqu'à la dernière heure, ils seront les ennemis irréconciliables de la religion chrétienne et de la société chrétienne.

Dans une dizaine ou une vingtaine d'années, quand l'Europe sera revenue à elle-même, elle se demandera s'il

esl bien possible qu'elle ;iit assis son équilibra sur un aussi monstrueux sophisme que ce qu'on appelle l'intégrité de l'empire ottoman, et s'il est vrai que les principales nations chrétiennes se soient unies entre elles pour soutenir liques pourries de l'empire de Mahomet. Sans entrer directement dans la question de paix et de guerre qui s'agite en Europe, nous voudrions présenter quelques observations générales à propos de cette formule maintenant populaire de i l'intégrité de l'empire ottoman. » .Nous prenons le mot pour ce qu'il vaut; nous savons bien que le vrai but de L'Europe est, non pas de perpétuer la Turquie, mais d'empêcher qu'elle ne devienne russe. Mais ce que nous voudrions montrer, c'est que c'est nous-mêmes qui jouons le jeu de la Russie, nous-mêmes qui poussons l'Orient dans ses bras; et que, si nous ne voulons pas que le czar aille à Constantinople, il faut que nous commencions par renvoyer au fond de l'Asie, d'où ils sont sortis, les barbares qui depuis quatre siècles tiennent le pied sur la gorge à plusieurs millions de chrétiens.

Qu'on se rassure; nous n'allons point parler le langage des croisades. Ce n'est pas à ce point de vue, c'est à celui des principes de liberté reconnus dans la société moderne, et, si l'on veut, des principes de 89, que nous voudrions montrer que l'intégrité de l'empire ottoman est un*1 des plus grandes iniquités historiques de ce temps-ci, que le maintien de l'équilibre européen est un acte d'énie injustifiable, et que, pour ne point dérangei l'ajustement compliqué de nos intérêts, de nos budgets, de nos alliances et de nos systèmes politiques, nous condamnons a l'immobilité 1 1 à la mort des peuples qui demandent à respirer, à vivre et à marcher.

Ktouffée depuisquatre siècles sous le poidsdel'immobile

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