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celle inslitution a été la même en Grèce qu'à Babylone. Ici encore ce sont des textes nouveaux qui ont fait connaître ce point d'histoire, de la manière la plus saisissante. Quelques inscriptions trouvées à Olympie, déchiffrées et interprétées à grand peine, ont perpétué le souvenir du grand effort fait à une certaine époque par les législateurs grecs pour abolir la solidarité de la famille en matière de droit criminel. Au reste le régime de la vengeance privée n'a pas encore entièrement disparu de l'Europe : on peut voir comment il est encore pratiqué dans les montagnes de l'Albanie, d'après le témoignage écrit de deux curés albanais.
La loi maritime dite des Rhodiens, écrite dans sa forme actuelle au vu® siècle de notre ère, fournit un exemple remarquable de la persistance du droit à travers les siècles. Ce document, souvent copié au Moyen -âge et souvent imprimé, était dans un état déplorable. A l'aide d'un manuscrit trouvé dans la Bibliothèque ambroisienne à Milan, nous avons pu établir un texte intelligible et reconnaître le véritable caractère d'une loi fondée sur des principes de droit commercial maritime étrangers au droit romain.
Est-ce au droit grec, ou au droit romain, ou à des coutumes arabes qu'il faut rattacher la loi des Homérites contemporaine de l'empereur Justinien et publiée pour la première fois par Boissonade en 1833? Par sa forme et aussi par sa composition celte loi ressemble à un kanoun kabyle rédigé pour une population catholique; quelques-unes de ses dispositions sont curieuses et méritent de ne pas rester condamnées à l'oubli. La date et l'authenticité de ce document sont d'ailleurs hors de doute.
La loi rhodienne nous a conduit en plein Moyen-âge.
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En suivant, à peu près l'ordre des temps nous consacrons trois chapitres à l'histoire du droit qui a régi les Wisigolhs. les Burgondes et les Frisons. Cette naatière a bien changé d'aspect depuis quelques années, grâce aux belles publications de Zeumer sur les lois des Wisigolhs, et aux copies faites sous la direction de M. Valentin Smith de tous les manuscrits qui nous ont transmis la lex Burgundionum. C'est déjà de l'histoire de France. Si nous nous en écartons un peu en étudiant le droit de la Frise d'après les travaux si complets de M. de Richlhofen et des savants hollandais, nous y revenons indirectement en passant par l'Angleterre où le génie normand a créé un droit dont la racine est française et qui sur un fond d'emprunt a greffé un système original. On ne peut comprendre la législation anglaise qu'à la condition de lui conserver son caractère propre en l'éclairant par le contraste du nôtre.
On trouvera ensuite des études sur le régime de la monarchie capétienne et ses puissants organes dont le plus remarquable est le Parlement. Nous voyons paraître les grands légistes comme Philippe de Beaumanoir, les premières grandes coutumes comme celles qui ont été réunies sous le nom d'Établissements de saint Louis. Nous assistons à la naissance de l'ordre des avocats au Parlement, nous montrons quelle a été l'origine de la noblesse héréditaire. Nous voyons dans les assemblées d'habitants des campagnes un premier essai d'administration locale, et de là nous passons au tableau de l'administration générale représentée par les intendants dans les 35 généralités du royaume. En prenant les intendants à la veille du jour oij ils vont être supprimés par l'Assemblée constituante on peut se rendre un compte exact des services qu'ils ont ren-
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dus à la France, services mieux appréciés aujourd'hui qu'ils ne l'ontété en 1789.
Enfin pour compléter cette série d'études nous donnons un aperçu de ce qu'on peut appeler le coup d'Etat manqué de 1788, dirigé contre le pouvoir politique des parlements, combiné avec un plan d'une nouvelle organisation judiciaire. On voit comment et pourquoi la réforme proposée et à moitié réalisée a échoué, comment on pouvait innover sans trop de secousse, tout en conservant la tradition et comment enfin le droit français est entré par la Révolution dans une époque nouvelle.
Les études dispersées dans les trois volumes de notre recueil touchent à un grand nombre de questions et il peut paraître difHcile de s'y retrouver sans guide. Pour simplifier les recherches on a jugé utile de refondre les trois tables particulières et de les réunir en une seule où les chapitres sont disposés par ordre de matières. Notre savant confrère M. B. Haussoullier a bien voulu se charger de ce travail, après nous avoir prêté son aide pour la lecture et la correction de toutes les épreuves. Nous sommes heureux de rappeler ici tout ce que nous lui devons.
Novembre 1906.