‹ Nouvelles études d'histoire du droitChapitre 1 sur 50 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

En suîvanl à peu près Tordre des temps nous consacrons trois chapitres à Thistoire'du droit qui a régi les Wisigolhs. les Burgondes et les Frisons. Cette matière a bien changé d'aspect depuis quelques années, grâce aux belles publications de Zeumer sur les lois des Wisigoths, et aux copies faites sous la direction de M. Valentin Smith de tous les manuscrits qui nous ont transmis la lex Burgundionum. C'est déjà de Thistoire de France. Si nous nous en écartons Qo peu en étudiant le droit de la Frise d'après les travaux si complets de M. de Richthofen et des savants hollandais, nous y revenons indirectement en passant par rAngle.terre oii le génie normand a créé un droit dont la racine est française et qui sur un fond d'emprunt a greffé un système original. On ne peut comprendre la législation anglaise qu'à la condition de lui conserver son caractère propre en l'éclairant par le contraste du nôtre.

On trouvera ensuite des études sur le régime de la monarchie capétienne et ses puissants organes dont le plus remarquable est le Parlement. Nous voyons paraître les grands légistes comme Philippe de Beaumanoir, les premières grandes coutumes comme celles qui ont été réunies sous le nom d'Établissements de saint Louis. Nous assistons à la naissance de^l'ordre des avocats au Parlement, nous montrons quelle a été l'origine de la noblesse héréditaire. Nous voyons dans les assemblées d'habitants des campagnes un premier essai d'administration locale, et de là nous passons au tableau de l'administration générale représentée par les intendants dans les 35 généralités du royaume. En prenant les intendants à la veille du jour où ils vont être supprimés par l'Assemblée constituante on peut se rendre un compte exact des services qu'ils ont ren-

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dus à la France, services mieux appréciés aujourd'hui qu'ils ne Tontété en 1789.

Enfin pour compléter cette série d'études nous donnons un aperçu de ce qu'on peut appeler le coup d'État manqué de 1788, dirigé contre le pouvoir politique des parlements, combiné avec un plan d'une nouvelle organisation judiciaire. On voit comment et pourquoi la réforme proposée et à moitié réalisée a échoué, comment on pouvait innover sans trop de secousse, tout en conservant la tradition et comment enfin le droit français est entré par la Révolution dans une époque nouvelle.

Les études dispersées dans les trois volumes de notre recueil touchent à un grand nombre de questions et il peut paraître difticile de s'y retrouver sans guide. Pour simplifier les recherches on a jugé utile de refondre les trois tables particulières et de les réunir en une seule où les cha-. pitres sont disposés par ordre de matières. Notre savant confrère M. B. Haussoullier a bien voulu se charger de ce travail, après nous avoir prêté, son aide pour la lecture et la correction de toutes les épreuves. Nous sommes heureux de rappeler ici tout ce que nous lui devons.

Novembre 1906.

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