II. — Blessures
En cas de blessures on procède comme en cas de meurtre. Ce sont à peu près les mêmes peines, mais moins fortes. Ainsi :
A. — Les maisons des coupables sont brûlées et dé-^ truites,
B. — La famille du coupable est bannie. Lui-même, avec tous les membres mâles de sa maison, est livré à la vengeance du sang; toutefois, en cas de blessures, la vengeance n'atteint que trois hommes. Quand la famille compte plus de membres mâles, tous sont atteints par la vengeance, à moins qu'ils n'aient obtenu leur libération à prix d^argent ou par grâce de l'ayant droit à la vengeance.
G. — Les biens immeubles sont aussi soumisà l'exercice
de la YengeaDce comme on Ta vu plus haut, seulement ils peuvent être rachetés pour une somme moins forte.
D. — Les parents du coupable qui ne vivent pas en communauté avec lui et qui ne sont ni ses frères et sœurs, ni descendants de frère et sœur, ne sont pas exposés à la vengeance du sang..
E. — Le coupable doit payer une amende qui, toutefois, ne doit pas dépasser la somme de 1.100 piastres quand elle est payée en bétail ou autres objets. En argent comptant, on paie tout au plus 550 piastres.
F. — La transaction est permise comme en cas de meurtre et a même lieu très fréquemment. La somme à payer en ce cas, comme indemnité, varie suivant la blessure. Gomme on calcule pour un meurtre six bourses d'indemnité, on admet que chaque main et chaque pied valent un quart de cette somme, soit une bourse et demie. Par exemple, si quelqu'un perd un bras ou un pied à la suite d*une blessure, il reçoit une bourse et demie pour indemnité. Outre cette indemnité, le coupable doit encore payer le traitement du blessé par le médecin.
in. — De la protection et conduite.
Le meurtre d'un homme qui s'est mis sous la protection d'un tiers, et qu'on appelle tout simplement un hôte et ami^ est, chez les Dukadschin, vengé sans pitié et sans merci. Le Dukadschin peut renoncer à la vengeance du sang pour son père ou pour son frère, mais il ne renonce jamais lorsqu'il s'agit d'un hôte et ami.
L'homme A^niVhôte et ami a été tué ne peut pas se montrer devant ses compagnons avant d'avoir tiré sa vengeance pour son hôte et ami. Il n'est pas sans exemple non seulement qu'un parent ait tué son parent, mais même qu'un frère ait tué son frère pour avoir frappé son hôte et ami.
Il y a deux catégories A' hôtes et amis de ce genre : ïhâte et
timi qui a obtenu une protection garantie par des cautions, c'est-à-dire qui se met sous la protection de quelques personnes puissantes, afin de s'assurer contre tout danger, et Vhdte et ami en sauf-conduit, c'est-à-dire qui, ayant une dette de sang ou un danger à redouter, se fait accompagner en chemin pu recevoir dans une Raison, pour sa sûreté.
Si Vhâte et ami^ à qui la sûreté a été garantie, vient à être tué, les garants doivent regarder comme un devoir l'honneur de poursuivre le coupable, comme le fait la famille de la victime. Npn seulement les maisons du coupable sont brûlées, mais ses autres biens sont complètement détruits; par exemple, les murs qui enclosent les champs sont abattus, les arbres et. les vignes sont coupés. Sa parenté est aussi poursuivie de la même manière et^es terres labourées sont mises hors d'état de servir. Le sol de la propriété du coupable reste en la possession de la famille de la victime et ne peut être racheté à aucun prix. Il est de règle qu'aucune transaction librement consentie entre les deux familles ennemies ne peut avoir lieu sans l'approbation des garants, et ceux-ci ne la donnent jamais. Chacun des garants a le droit de tuer le meurtrier ou les parents du meurtrier qui appartiennent à la vengeance du sang.
La vengeance du sang comporte encore plus de rigueur et d'acharnement quand elle s'exerce contre le meurtrier ai hôte et ami en sauf-conduit, qu'il soit tué étant accompagné d'un homme ou d'une femme, d'une grande personne ou d'un enfant de la famille protectrice.
Alors même que la personne tuée avait déjà une dette de sang envers son meurtrier, si, au moment du meurtre commis sur elle, elle se trouvait sous la conduite d'un tiers, la vengeance du sang à laquelle ils étaient réciproquement soumis n'est pas éteinte, comme elle le serait en tout autre cas, mais l'ancienne venpreance subsiste toujours et il en nait une nouvelle, car la famille du donneur de conduite venge Vhôte et ami tué, comme elle vengerait un de ses membres.
Celui dont Vhôie et ami a été taé cherche à faire tout le mal possible au meurtrier et à la famille de celui-ci. Il tue le meurtrier ou tout parent consanguin du meurtrier partout où il peut l'atteindre et venge ainsi Y hôte et ami qui a été tué.