De Virlutibus, c. xi, p. 152 (Paris 167i
2. Ms. Sort). 1726, fol. 92 v., lignes 27 et 28; fol. 103, lignes 2 et 3. — Ce nicine ouvrage, dans le n” -127 de l’ancien fonds latin, est intitulé, je ne sais pourquoi. Liber de dirersilale mijsteriorum Dei. — Voir De Visch, Bibliotli. Cisterciensis, p. 172.
3. Kataloy der Ilandschiiften der Dibl. zu Dresden, t. I, p. 57. Cf. De Visch, Dibl. Cislerc., p. 172; Trithcnie, n° 389.
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Aux ouvrages authentiques de Joachim, il faut cependant, à ce qu’il semble, ajouter deux lettres ;
1“ Une lettre inédite adressée à tous les lidèles et commençant par ces mots : Loquens Dominiis Ezechieli prophetœ; on la trouve dans les manuscrits 3595 de l’ancien fonds, fol. 19, verso; Saint-Germain, 58, dernier feuillet, verso; Sorbonne, 1726, fol. 59;
2“ Une lettre De articulis fidei, ad quemdam filmm muni Joannem, identique sans doute à un traité De articulis jidei mentionné dans les anciennes listes des écrits de Joachim^. Get ouvrage n’est connu que par l’extrait qu’on en trouve dans les procès-verbaux de la commission d’Anagni qui condamna V Évangile éternel en 1255, procès-verbaux dont nous parlerons bientôt ^ Joachim recomman-
1. Joachim ahballs et Florensis onlinis chronologia (Cosenza 1612), p. 92. — Acta SS. Maii,l- P- 103,105. Les Bollandistes n’ont émis sur cet ouvrage que des conjectures invraisemblables.
2. On y lit (fol. 101 v. du Ms. de Sorbonne, 1725) : « Idem habetur apertius in libello ipsius loachirn De articulis fidei, descripto ad quemdam filium suuin lohannem, quod opus suspectum est ex ipso prologo, ubi sic incipit dicens : « Rogasti me attentius, fili lohan- » nés, ut tibi compilâtes traderem articulos fidei, et notarem ilia quæ >1 occurrerent Scripturarum loca, in quibus soient simplicesfrequenter » errare. Ecce in subjecta pagina inventes quod petisti. Tene apud B te, et lege sub silentio, observans ne perveuiat ad manus eorum Il qui rapiunt verba de convallibus, et currunt cum clamore, ut vo- » centurab hominibus Rabbi, habentes quidem speciem pietatis, viril tutem autem ejus penitus abnegantes. » Ecce qualiter in hoc prologo
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de à son disciple de tenir le livre soigneusement caché, pour échapper aux soupçons de faux zélés qui ne cherchent que des prétextes pour crier au scandale. On comprend que le caractère ésotérique et secret que Joachim voulut donner à cet écrit ait empêché les copies de se répandre. C’était là peut-être qu’il soutenait sur la Trinité ces doctrines opposées à celles de Pierre Lombard, qui lui attirèrent une condamnation au quatrième concile deLatran*. Les procès-verbaux d’Anagni contiennent encore deux fragments du même ouvrage, l’un extrait du premier chapitre, intitulé : De fide Trinitatis, l’autre du dernier, intitulé; Confessio fidei ejus, id est Joachim (fol. 185); mais ces extraits ne renferment que des arguties théologiques d’un médiocre intérêt pour la critique.
Peut-être faut-il aussi regarder comme appartenant à Joachim deux hymnes sur le paradis, l’une en vers saphiques, l’autre en vers trochaïques, que
vult iste loacliiin articulos fidei legi iu abscondito, more hæreticorum qui in convenliculis dogmatizant. Item inhibet ne tractatus .suus veniat ad manus magistrorum, quos etiam tam impudenter quam superbe vitupérât, u
1 . Le concile semble cependant avoir en vue un traité distinct. « Libellum sive tractatum quem abbas Joachim edidit contra magistrum Petrum Lombardum, de iinitate seu essentia Trinitatis. » Labbe, Conc., t. XI, !"■ part., p. 1 i~i et suiv., 240 ; d’Argcntré, Coll. Jud., I, p. 120-121. Voir De Viscli, Dibl. Cislerc., p. 173; Trithème, De script eccl., n» 389; De Lauro, daus De Riso, p. 150-151.
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l’on trouve dans les éditions de ses œuvres à la suite du « Psaltérion décacorde ». La seconde de ces compositions, présentant le récit d’nn voyage dans le monde surnaturel, est curieuse comme antécédent de la Divine ComédieK
Abordons maintenant la discussion des ouvrages qui ont été attribués à Joachim, et que la critique peut ou doit lui contester L Le plus important est le Commentaire sur Jérémie^, censé dédié à l’empereur Henri YI et imprimé plusieurs fois à Venise. Le caractère de cet écrit est fort différent de celui des ouvrages authentiques de Joachim. Quand Joachim veut être prophète, il l’est sobrement et avec réserve. 11 ne nomme
1. Ni >1. Ozanam, ni M. Labitte, ni M. Thomas Wright n’ont, je crois, parlé de cette pièce dans leurs travaux sur les origines de la trilogie dantesque.
2. Quelques indications de De Lauro, de Trithème, de De Visch sont trop vagues pour être discutées.
3. Postérieurement à la première composition de ce travail, a paru, ila.ns\a.Zeitschrift fur ivissenschaflliche Théologie de Hilgenfeld, (2® année, lena, 1859), un mémoire de M. Karl Friderich relatif à ce commentaire et au « Commentaire sur Isaïe », également attribué à Joachim. M. Friderich est arrivé au même résultat que nous sur la question d’autheuticité. M. Vôlter accepte cette thèse comme démontrée. Zeitschrift fur Kirchengeschichte de Brieger (1' année. Gotha, 1880), p. 367 et suiv. M. J. -A. Schneider, sans avoir connu les recherches de .M. Friderich ni les miennes, est arrivé à des conclusions analogues {Joachim von Floris, p. 27 et suiv.).
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personne : les événements sont à peine indiqués; l’ampleur du style biblique lui permet ces phrases vagues qui deviennent prophétiques quand les événements s’y prêtent, sans être compromettantes quand les faits prennent un autre tour. Le « Commentaire sur Jérémie », au contraire, est d’une extrême précision. Les allusions aux événements du xiif siècle y sont évidentes. Frédéric 11, qui n’avait que deux ans à l’époque où Joachim aurait écrit cet ouvrage, est déjà désigné par les métaphores habituelles à ses ennemis, vipera, reguUis. Son règne est présenté comme celui d’un tyran ennemi de l’Eglise, destructeur de ses privilèges, persécuteur de ses ministres, d’un nouvel Évilmérodacli qui s’assoira dans le temple et se fera adorer comme dieu.
t Dans son enfance, dit le prophète, il paraîtra doux et aimable, il sera allaité des mamelles de l’épouse de l’agneau, mais, dans la suite, comme un autre Balthazar, il ne suivra que la fougue de ses passions et profanera avec des femmes les vases sacrés du temple de Dieu. Mais, puisque vous me demandez quelle sera sa fin, écoutez Isaïe qui vous l’apprendra. Une épée non humaine le renversera, une épée qui n’est autre que le glaive de la parole de Dieu l’exterminera, afin que vous sachiez que Dieu n’a pas besoin de la main des hommes pour tirer ce monstre de sa caverne. »
Le guelfe du xiii' siècle se revèle ensuite dans ces curieuses paroles :
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c Le Seigneur dégainera son épée, car l’empire des Allemands. a toujours été pour nous dur et cruel. 11 faut donc que le Seigneur le renverse par le glaive de sa fureur, afin qu’au bruit de sa ruine tous les rois tremblent*. >
Et ailleurs :
f L’armée des Chaldéens combattant contre Jérusalem et Juda, à l’exception de Lachis et d’Azecha, représente les Allemands et les autres persécuteurs armés contre l’Église romaine et les cités latines de l’ilalie, à l’exception de celles qui sont fortes par le peuple ou qui savent se concentrer dans leurs murs-. Le schisme de l’Église et de l’empire, commencé par les Normands, se consommera par les Allemands, dont les flots étoufferont la liberté des pontifes, — en sorte que l’empire, qui servit d’abord à élever l’Église, en sera la ruine aux derniers jours »
ï L’empire des Chaldéens, dit-il encore, tend au néant. L’aigle viendra, comme dit la sibylle Érythrée, léopard par la férocité, renard par la fraude, lion par la terreur. Sous prétexte de réprimer les patarins, il marche traîtreusement contre l’Église, et, malgré la résistance de l’Ilalie, malgré les anathèmes de l’Église, il satisfait sa rage. Quels seront les maux qui pèseront alors sur la Ligurie et sur l’Italie? Il sera plus facile de le sentir que de le dire. Sous l’effort des Germains et des Francs, toute la noblesse romaine périra; le
1. Fol. A6 et 62 (Ven. 1525). Cette édition paraît tronquée en quelques passages. Le texte cité par doni Gervaise {Histoire de l’abbé Joachim, p. 35 et suiv.) est plus complet.
2. t Exceptis illis quæ vel fortes populariter sunt, vel quæ esse appetunt in suis munitionibus singulares. »