‹ Nouvelles études d'histoire religieuseChapitre 52 sur 124 · Fol. 58 V. — Comparez 53 v · texte numérisé non relu

Fol. 58 V. — Comparez 53 v

JOACHIM DE FLORE

pontife sera banni, les monastères seront renversés, le culte chrétien sera effacé de la terre, s

La France n’excite pas moins les appréhensions du prophète ultramontain :

« Que l’Église y prenne garde! L’alliance de la France est un roseau qui perce la main de celui qui s’y appuie*. »

Sans doute les personnes les mieux disposées à reconnaître en Joachim le don prophétique admettront difficilement qu’il ait pu partager à un si haut degré les passions d’un siècle dont il n’a vu que les premières années. Une dernière preuve suffirait, s’il en était besoin, pour démontrer notre thèse. L’ouvrage dont nous parlons est dédié à Henri YI, qui mourut en 1197 : il aurait dû par conséquent être composé avant cette époque. Or, dans la liste de ses écrits dressée en HOO, Joachim ne fait aucune mention du « Commentaire sur Jérémie ».

Le « Commentaire sur Jérémie » doit certainement être considéré comme une production de l’école sortie de l’ordre de Saint-François qui, ainsi

1 . » Videat generatis ecclesia si non liet ei baculus arundineus potenlia galticana, cui siquidem si quis nitilur perforât manum suam.n Cf. Isaie, xxvi,6. Voir ta clironiqne Z)e rebus initalia gestis, publiée par M. Huillard-Bréholles, p. 257 ; cf. tfcid., p. xxxvi. Voir aussi les extraits de M. Waitz, dans Pertz, Archiv., t. XI, 3' et 4^ fasc., p. 511-512 (1855).

ET L’ÉVANGILE ÉTERNEL

qu’on le verra bientôt, chercha vers le milieu du xm® siècle à se prévaloir du nom de Joachim pour faire triompher ses doctrines. Les idées des joachimites franciscains s’y retrouvent à chaque page. L’année 1260, conformément aux théories de cette école, est donnée comme le terme de la grande affliction qui clora le règne du Christ et ouvrira celui du Saint-EspritC Les allusions aux deux grands ordres mendiants, dont on voulait que Joachim eût annoncé l’institution future, reviennent fréquemment. Enfin, comme si le parti qui prêtait ses opinions à Joachim eût craint que des pensées exprimées d’une façon énigmatique n’atteignissent pas suffisamment le but qu’il se proposait, quelques adeptes de ce parti prirent soin d’expliquer les passages obscurs dans un opuscule qui nous a été conservé, au n“ 836 de Saint-Germain, sous ce titre : Verba quœdam de dictis Joachim abbalis explanativa super Jereniiam. Là, chaque anathème porte son adresse, et à chaque menace est appliqué un nom propre.

Notre démonstration sera portée au comble de l’évidence quand on verra la place importante que tiennent ces productions apocryphes dans l’école de l’Evangileéternel. La C/iron/çuerécemmentpubliée-

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