‹ Nouvelles études d'histoire religieuseChapitre 89 sur 124 · Acta SS., vol. cité, p · texte numérisé non relu

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CHRISTINE DE STOMMELN. 363

sa personne. « Sa gaieté, dit-il, était sérieuse, et son sérieux plein de gaieté... Après Christine, je ne crois pas avoir vu une jeune fille d’une plus grande pureté; il me semblait qu’elle ne savait pas pécher, et Dieu m’est témoin que je n’ai jamais surpris en elle un geste, un signe, un mot lascif, quoique je la considérasse attentivement et que j’aie vécu avec elle souvent et longtemps dans la plus grande familiarité. » La vieille Aléide, qui avait perdu les yeux à force de pleurer, était un modèle de patience. L’abbesse Géva, toujours entourée de jeunes demoiselles nobles dont elle faisait l’éducation, était dans les meilleurs termes avec l’ordre de Saint-Dominique *. Tout cela formait une sorte de coterie dévote, où régnait beaucoup de cordialité.

Pierre en était en quelque sorte l’âme. Ces pieuses dames aimaient à l’entendre discuter les questions les plus ardues de la théologie, commenter les cantiques pieux, expliquer par les cercles de Ptolémée l’hymne qu’on chante à l’office des vierges : Post te canentes ciirsüant. Géva n’avait jamais assisté à une argumentation théologique. Elle voulut un jour que Pierre et son compagnon italien, frère Aldobrandini, discutassent la question : « Jésus a-t-il plus donné à

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