‹ Nouvelles études évangéliquesChapitre 21 sur 36 · BU JUGEMENT DES DOCTRINES · texte numérisé non relu

BU JUGEMENT DES DOCTRINES

elles-mêmes. C'est un devoir de les discuter , ou du moins de ne les rejeter qu'après les avoir discutées. On peut bien décliner le combat; mais on ne peut pas se décerner le triomphe avant d'avoir combattu.

Il serait surtout trop singulier qu'un système privé de la sanction des fruits , et qui est obligé d'en convenir , osât dire : « Ces fruits , ayons-les un jour; ces fruits, un jour nous les aurons; ce sera le critère de notre foi, et dès à présent, au nom de ce critère que nous ne possédons pas encore, au nom de ce sceau dont nous ne portons point l'empreinte, nous condamnons le système qu'on nous oppose, et nous nous refusons à l'examiner. Quand une Église socinienne en appellerait contre des orthodoxes aux œuvres qu'elle n'a pas encore faites, aux fruits qu'elle espère porter un jour, croit-on de bonne foi que les orthodoxes, quelle que (di d'ailleurs leur condition morale comparativement à celle de cette Église, devraient s'interdire, jusqu'à nouvel ordre, d'examiner si le sociniamsme est le vrai?

c< Ayons la vie , s'écriait récemment un écrivain , à propos du système ecclésiastique que nous soutenons , ayons la vie et laissons-les argumenter. » C'est bien fait de vouloir vivre , et quand la preuve qui peut résulter de la vie sera complète, c'est-à-dire quand il sera prouvé que le système ecclésiastique qu'on oppose au nôtre a autant de bons effets individuels et généraux que le nôtre aspire à en produire, la discussion sera finie, et si elle n'a pas commencé , il ne faut pas qu'elle commence. Mais si, sous de certaines conditions, la vie est une preuve ; si, dans certains cas, elle est une fin de non-recevoir, il faut d'abord qu'elle existe , il faut qu'elle existe dans une mesure , dans une généralité, avec une supériorité qui fassent disparaître, pour ainsi dire, le terrain de la discussion. Mais on con-

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