‹ Nouvelles études évangéliquesChapitre 23 sur 36 · D£ LA CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

D£ LA CONFÉRENCE

[Les temps nous avertissent que des modifications peuvent 0tre apportées à Texercice du ministère de la parole évangélique. Jusqu'ici le discours n'a eu qu'une forme. Entre le discours synthétique , ou le sermon proprement dit, et le discours analytique ou l'homélie, il n'y a eu de dififérence que dans la méthode. On peut cependant concevoir un genre d'enseignement religieux qui ne serait ni l'homélie ni le sermon, mais une forme nouvelle de la prédication; je veux parler de la conférence,

[La conférence diffère du sermon par la forme et par le fond. La matière en est toujours la religion, mais la religion considérée sous des faces ou des rapports dont les prédicateurs se sont peu occupés jusqu'ici. Le sermon a directement en vue l'édification ; il recourt sans doute à l'instruction pour la produire; mais il veut avant tout édifier, il enseigne pour édifier, et si l'on pouvait édifier sans enseigner on l'aimerait peut-être mieux encore. La prédication peut ainsi aller rejoindre la prière et le chant;

^ Voir VAveriûivnMni des ed«(««r«, en tète du Tolume.

DE LA CONFÉBENGS. 339

plus Teffasii»! y abonde, moins Télément didactique y domine, et plus diminue TintervaUe qui la sépare de Thymne et de la prière. Le sermon, dans son idéal, réunit les élé»^ ments divers du culte, en y faisant dominer l'édification et en y introduisant Télément didactique , lequel n'avait pas même le droit de paraître dans le chant. Mais il est un genre d'enseignement religieux où Tintention d'instruir domine, où l'instruction ne se prescrit point de bornes, où tout ce qui, directement ou indirectement, est propre à éclairer l'esprit au sujet de la religion chrétienne , entre de droit. La conférence (car c'est d'elle qu'il s^agit et c'est ainsi qu'elle est pratiquée dans l'Église catholique et dans celle de Genève,) la conférence n'est donc pas le sermon; elle en diffère en ce qu'elle a spécialement pour but l'instruction, et en ce qu'elle ne prescrit à celle-ci d'autres bornes que celles de son objet, qui est en général la démonstration ou le développement des vérités du christianisme.

[Dans tous les temps, ce genre fut légitime, et dans tous les temps il a été abordé. L'élément distinctif de la conférence se trouve, soit en intention, soit par occasion, chez tous lessermonnaires; tous cependant ils respectent les limites reçues de la prédication, limites, il faut le dire, plus conventionnelles que naturelles. Les limites naturelles sont celles qu'impose la composition de l'audit'oire; mais il y a des limites qui ne sont pas naturelles et qui peuvent être dépassées, pourvu qu'on demeure dans le devoir et le respect. On s'y renferme quelquefois par habitude, par imitation , et parce que les temps n'exigent pas impérieusement qu'on en sorte ou qu'on les recule. Au dix-septième siècle, par exemple, la religion était vue d'un œil qui rendait la conférence superflue ou moins évidemment utile.

[Ia conférence est une prédication qui s'étend atout ce

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