‹ Nouvelles études évangéliquesChapitre 29 sur 36 · PAA SA PRÉSENCE · texte numérisé non relu

PAA SA PRÉSENCE

Chrisl devait-elle révéler son intime nature, son unité essentielle avec le Père, ou sa substantielle divinité? A cette question que nous tournons, pour le moment, tout entière du côté de Philippe , nous avons quatre réponses à faire.

[1. Jésus-Christ a parlé. En plusieurs occasions et sans occasions il a déclaré qu'il était « issu de Dieu , 9 (Jean , Vni, 42.) « un avec le Père. » (Jean, X, 30.) Il Ta abondamment enseigné de cette même bouche dont il n'est sorti que des paroles de vérité et de sagesse, et d'une telle sagesse que les adversaires mêmes étaient obligés de s'écrier : <K Jamais homme n'a parlé comme cet homme , x> (Jean^ Vn, 46.) et que tous les autres reconnaissaient que l^prit de Dieu ne lui a pas été donné par mesure.

[ Jésus-Christ avait conscience de l'autorité de sa parole. !£ki diverses rencontres il voulut que cette parole suffit à ceux qui l'écoutaient pour reconiudtre en lui plus qu'un prophète, l'inspirateur de tous les prophètes; plus qu'un hoDune, « la lumière qui éclaire tous les hommes en vea nant au monde. » (Jean, 1,9.) D'autres que lui ont répandu la lumière; mais aucun d'eux n'a été la lumière, pas même Jean -Baptiste, le plus grand de tous. (Luc, VII, 28.) « Il n'était pas lui-même la lumière, mais il était « envoyé pour rendre témoignage à la lumière. » (Jean, I, 8.) Jésus, au contraire, était la véritable lumière, lux ipsimma, (Jean, I, 9.) Il a dit lui-même ; a Je suis la lu- « mière du monde. » (Jean, YIII, 12.) Quand Jésus parle , c'est la lumière qui se montre, non à travers un milieu, mais directement et en elle-même. C'est donc à sa parole, indépendamment même de sa vie, que Philippe devait le reconnaître et sentir qu'il était Dieu. Sa parole fait partie de sa manifestation; elle est divine comme tout ce qui le manifeste. Aussi dit-il à Philippe : a II y a si longtemps « que je suis avec vous, » ma parole a retenti à ton oreille,

tu m'as entendu, et cependant a tu ne m'as pas connu, > tu ne m'as pas reconnu pour le Fils de Dieu ! »

[ S. Mais, de plus, Jésus-Christ a vécu, et sa vie a été telle qu'il est impossible de le croire menteur; cette supposition serait aussi absurde qu'elle serait horrible. Ce n'est pas qu'il n'y ait d'étranges contrastes dans la nature humaine; ce n'est pas que tous les jours nous n'ayons occasion de remarquer le mélange de la petitesse et de la grandeur, ou celui de l'élévation de la pensée et de la bassesse des sentiments ; ce n'est pas que , sur le même point, nous ne rencontrions souvent, chez le même individu, le oui et le non, le mal et le bien. Ces contrastes n'ont pas même de limites connues; en dépit de notre penchant à tout réduire à l'unité, et à tout rapporter dans un même fait à la même cause, dans un même homme hu même principe, nous sommes contraints de reconnaître non-seulement que les disparates sont nombreuses, mais qu'elles surpassent tout ce que nous pourrions ima^ner. Et cependant, quoiqu'on ne puisse assigner des bornes à l'inconsistance de l'esprit humain, il est des contradictions dont la seule pensée révolterait notre raison. Que Jésus-Christ, avec le caractère qu'il a déployé, ait menti, c'est une opposition en dehors de toutes les possibilités morales, et même de toutes les possibilités religieuses; car il n'est pas possible d'admettre l'existence, la sagesse et la véracité de Dieu , et de supposer qu'il ait permis qu'une telle contradiction ait eu lieu. Toutes les autres s'expliquent; les faits les moins prévus, les plus inattendus, trouvent après l'événement leur loi et se ramènent à une cause; l'homme qui s'est contredit d'une manière criante, est pourtant un; son unité a pu échapper à l'observation, mais elle reparaît; on finit par savoir d'où vient qu'un homme s'est contredit soit dans l'ensemble de sa vie, soit

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